La blogueuse et booktubeuse Margaud Quartenoud (26 ans): «Dès que j’ai cinq minutes, je bouquine!»

«Je suis une vraie geek du livre»

Online Depuis plus de six ans, elle critique des romans sur sa chaîne Youtube. Margaud Quartenoud s’est imposée comme la booktubeuse influente de Suisse romande. La jeune maman est de retour sur son site.

Margaud Quartenoud, vous êtes une dévoreuse de romans. Lire est votre métier et votre passe-temps. D’où vient cette passion?
Ma mère est une grande amatrice de livres, bien plus que moi. Petite, elle m’emmenait souvent à la librairie et en bibliothèque. Je l’ai toujours vue bouquiner plutôt que regarder la télé. La lecture faisait donc partie de mon quotidien, avant même que je ne sache lire. À la fin de mon école obligatoire, j’ai voulu poursuivre dans cette voie tout naturellement.

Aujourd’hui vous êtes connue pour les vidéos que vous postez sur Youtube. Pourquoi avoir voulu vous mettre en scène pour parler de livres?
Au début je n’aimais pas ce concept. Si on voulait parler littérature, il fallait le faire par écrit, ça me semblait logique. J’ai ensuite regardé des vidéos d’autres booktubeuses qui m’ont captivées. Je m’y suis donc mise, mais les débuts ont été très difficiles. Imaginer que des gens allaient me regarder me terrifiait.
Petit à petit, j’ai reçu des commentaires positifs et je me suis dit que ça plaisait. Aujourd’hui, je me demande où j’en serais si je n’avais pas fait ces vidéos. Ça m’a permis de me libérer de ma timidité. J’ai appris à parler en public sans bégayer ni devenir toute rouge.

Aujourd’hui vous comptabilisez plus de 47  000 abonnés sur Youtube. Une belle audience pour une chaîne de littérature!
Oui, ça prouve bien que la littérature n’est pas aussi effrayante qu’elle en a l’air. Elle n’est pas cantonnée qu’aux bibliothèques et aux salles de classe mais peut être associée à la détente. Mon but, en tant que libraire et booktubeuse, c’est que les gens tombent sur LE livre qui leur correspond et qui déclenchera ainsi le goût de la lecture. Qu’importe le genre, qu’importe le public!

Un de vos «coups de cœur»?
Le cœur des louves de Stéphane Servant. C’est une lecture adolescente mais que je conseille à tout âge. L’histoire se déroule dans le sud de la France, dans une famille qui cache des secrets. J’ai été
captivée tant par l’intrigue que par la plume, simplement remarquable!

«

Déclencher le goût de la lecture. Qu’importe le genre, qu’importe le public!»

Quel roman vous occupe en ce moment?
Je viens tout juste de commencer la suite de la trilogie Le goût du bonheur de Marie Laberge. Une saga familiale québécoise qui m’avait tenue en haleine en automne dernier, et là c’est un réel plaisir de retrouver ces personnages qui m’ont fait vibrer!

La littérature jeune adulte est votre spécialité. Le moyen de garder une part de naïveté enfantine?
Je me décris souvent comme une rêveuse qui n’a pas envie de grandir. Je suis très Disney, univers fantastique, etc. Mais j’ai aussi ouvert mon spectre de lecture, ce qui se ressent d’ailleurs sur ma chaîne.

Le fait d’être une jeune maman depuis tout juste trois mois va certainement vous replonger dans les livres de contes de fées...
Je ne sais pas si j’en étais totalement sortie, de toute manière. J’ai animé et tenu un rayon jeunesse en librairie pendant de nombreuses années, ça m’a permis de toujours connaître cet univers, et de m’y émerveiller. Maintenant c’est encore une autre perception. Avant, les albums pour enfants je les regardais avec mes yeux d’enfant devenue adulte. Là je les regarde avec mes yeux de maman, et maintenant je me demande forcément si j’aurais envie de les lire à ma fille, plus tard. C’est un tout autre questionnement.

L’avis des booktubeuses intéresse beaucoup les maisons d’édition. Comment travaillez-vous avec elles pour garder votre indépendance?
Lorsqu’elles m’ont approchée pour des partenariats, j’ai vite remarqué qu’il fallait que je pose mes conditions. Je ne lis pas sur commande mais au feeling, donc je ne donne jamais de date précise pour les chroniques.
Aussi, je reste bien entendu libre de mon jugement et ai même remarqué qu’une mauvaise critique pouvait engendrer des ventes, les gens étant curieux de découvrir ce qui m’a déplu.

Vous n’avez jamais lu Joël Dicker. Boudez-vous la littérature suisse romande?
(Rires) J’avoue ne pas avoir encore eu l’occasion de découvrir la littérature suisse romande. Mea culpa! Pour le moment, je suis intriguée par un autre genre et me dis que ces romans, je les garderai pour plus tard. Je n’ai par contre rien contre cet auteur, j’attends juste le bon moment pour le lire.

Margaud, décontractée et pétillante comme sur ses vidéos et son blog.

Sur votre blog, vous expliquez vos challenges, comme les week-ends à 1000 pages. Vous arrive-t-il de lever le nez de vos bouquins?
Ça m’arrive (rires). Je suis très casanière et travaille même depuis la maison maintenant. C’est ma bulle où je me sens bien! Dès que j’ai cinq minutes, j’en profite pour bouquiner. Je suis une vraie geek du livre. Et quand je sors, c’est pour revenir à la vie réelle, en allant au cinéma ou au restaurant avec mes copines.

De quoi vous nourrissez-vous en plus de la littérature?
Oh je grignote beaucoup en lisant. Des pop-corns salés ou des madeleines au chocolat. Et le week-end, je m’y mets plus sérieusement et teste des recettes. J’adore les plats en sauce mijotant longtemps.

Votre univers, vous le dévoilez sur vos vidéos en parlant des thés que vous buvez, des séries que vous aimez et parfois même de vos vêtements. Ça n’a plus grand-chose à voir avec la littérature!
Les livres sont des objets très intimes. Expliquer ce qu’on a aimé ou pas, c’est se confier sur sa personnalité. Les gens qui me suivent commencent donc à bien me connaître et sont aussi curieux des petites choses du quotidien comme les thés ou les chocolats que j’aime. Mais j’essaie de ne pas en parler trop souvent, les livres doivent rester au centre.

L’image du renard vous suit partout. Un animal fétiche?
J’y ai été associée vu ma couleur de cheveux et maintenant, je reçois souvent des photos et des «goodies» de renard de la part de lecteurs. J’ai même fini par m’en tatouer un sur la cuisse donc, oui, c’est un peu mon avatar…

Les échanges avec la communauté de lecteurs semblent très riches…
Oui, on échange des commentaires mais aussi des colis. J’ai développé de vraies amitiés avec d’autres lectrices. Lors d’un salon du livre en France il y a quelque temps, je me suis rendu compte que ce
que je fais toute seule chez moi a un réel impact sur la vie des gens. Je reçois des témoignages très touchants de personnes qui me disent que mes vidéos leur ont beaucoup apporté. C’est incroyable!

La liseuse nommée Margaud

Née le 23 juillet 1990, Margaud Quartenoud passe une partie de son enfance dans la campagne fribourgeoise avant d’aller en ville avec ses parents. Fille unique, elle reçoit le goût des livres par sa mère. La lecture de la saga Harry Potter crée un véritable déclic à l’adolescence. Elle décide alors d’entreprendre un apprentissage de libraire. En 2009, elle ouvre un blog littéraire qu’elle alimente plus tard de critiques en vidéo. Sa communauté de «followers» (plus de 47  000) ne cesse de croître alors qu’elle développe en parallèle des collaborations avec des événements comme Le livre sur les quais à Morges ou le Salon du livre à Genève.

Sa chaîne youtube sur lequel elle montre des critiques de livres dans le contexte de sa vie de tous les jours 
Son site où elle vous parle au quotidien ou presque des livres qu’elle découvre

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo
Publication:
lundi 06.03.2017, 13:20 heure



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