L’actrice Marion Cotillard dans une scène du film « Assassin’s Creed », actuellement sur les écrans.

«Beaucoup de gens sages m’inspirent»

Interview Marion Cotillard jongle entre les films et son rôle de mère. Elle nous parle de son enfance, de son engagement pour Greenpeace, de sa famille, de Noël.

Marion Cotillard arrive à notre rendez-vous vêtue d’un ensemble noir très tendance et d’une veste en cuir, perchée sur des escarpins vertigineux. Un look glamour et rock’n’roll qui dissimule le ventre arrondi de l’actrice de 41 ans, enceinte de son deuxième enfant. Marion Cotillard nous reçoit dans un club privé berlinois pour promouvoir «Assassin’s Creed», adaptation soignée du célèbre jeu vidéo, qui vient de sortir en salle en Suisse romande. Elle incarne Sophia Rikkin, une mystérieuse scientifique qui a créé une machine permettant à son usager de revivre les souvenirs de ses ancêtres. En prenant comme cobaye le meurtrier Callum Lynch (interprété par Michael Fassbender), elle espère découvrir si le comportement de ce dernier est héréditaire et trouver une cure contre la violence.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans «Assassin’s Creed»?
J’ai adoré le scénario parce qu’il est à la fois divertissant et pose des questions profondes sur la violence, le libre arbitre et la façon dont les hommes gèrent le pouvoir. Ce que je recherche avant tout dans chaque projet, c’est qu’il évoque quelque chose de vrai, de sincère.

Cette année, on vous a aussi vue dans «Juste la fin du monde» de Xavier Dolan, «Mal de pierres» de Nicole Garcia et «Alliés» avec Brad Pitt. Qu’est-ce qui vous motive à travailler d’arrache-pied?
J’ai été incapable de refuser ces projets parce qu’ils ont tous quelque chose d’unique et sont très différents. Je savais que cette année allait être très chargée mais je me suis dit que des opportunités pareilles ne se représenteraient pas dans ma vie. C’est beaucoup de travail parce que j’ai passé les douze derniers mois à être quelqu’un d’autre, généralement dans la peau de personnages pas très heureux ni équilibrés! J’ai tendance à choisir des rôles très dramatiques.

Le concept de la mémoire génétique est au cœur de votre nouveau film. Qu’avez-vous hérité de vos parents?
Mes parents sont des gens très aimants qui m’ont transmis l’amour et le respect. Ils m’ont laissé faire mes propres choix et donné la force de surmonter mes échecs. C’est surtout cela que mes parents ont transmis à mes frères et moi. Ils nous ont fait confiance.

Et c’est cela que vous souhaitez transmettre à votre tour à vos enfants?
Oui. Il faut faire confiance à ses enfants, surtout avec tout ce qu’on doit affronter dans le monde aujourd’hui. Je ne peux pas imaginer ce que je serais devenue sans la confiance de mes parents parce que j’ai un manque d’assurance maladif que j’essaie toujours de soigner.

«

J’aime jouer des personnages énigmatiques »

Le succès ne vous a pas rassurée?
Non. Je pense que d’autres acteurs souffrent aussi de ce manque de confiance. C’est pour cela que nous nous mettons en danger, pour le tester et savoir jusqu’où on peut aller. Il y a une grande force en nous et en même temps une vulnérabilité liée à la peur. Je crois que c’est la raison pour laquelle on devient acteur.

Vous êtes donc devenue actrice pour gagner confiance en vous?
Oui, ce métier m’a aidée dans ce sens parce que quand j’étais petite, j’avais une image de moi désastreuse. Je ne savais pas comment j’allais apprendre à vivre avec moi-même. J’étais une personne bizarre, différente, et je voulais ressembler à tous les gens autour de moi. Il m’a fallu des années pour découvrir que cette différence me rendait unique.

Qui d’autre vous a aidée?
Les gens de Greenpeace car faisant leur connaissance j’ai enfin trouvé des personnes qui parlaient le même langage que moi.
J’ai commencé très jeune à me poser des questions profondes sur le monde et l’humanité. Je m’interrogeais sur les rapports entre les gens. Je ne comprenais pas la haine, la violence des enfants. La plupart du temps, j’étais celle qu’on laissait de côté alors que je voulais m’intégrer au groupe.

Qu’est-ce qui vous parlait chez Greenpeace?
Quand j’étais gosse, on me prenait pour un drôle de zèbre parce que je recyclais et m’intéressais au problème des déchets. Les gens considéraient cela comme des préoccupations de hippie et ils pensaient que je finirais sur une montagne à faire du fromage avec mes chèvres. Les membres de Greenpeace ont bien évidemment compris mes soucis et m’ont fait me sentir normale. Des années plus tard, ceux qui s’étaient moqués de moi parce que je ne jetais pas mes papiers à la poubelle ou ne mélangeais pas les pelures d’orange avec d’autres déchets, sont venus me demander conseil. C’était un bon feeling. Cela dit, je ne les juge pas.

On ne recycle pas beaucoup durant les tournages, non?
C’est une lutte permanente. Quand j’ai tourné avec Leo DiCaprio, c’était le paradis parce qu’il s’implique à fond dans la protection de l’environnement et que son contrat stipule ce qui doit se trouver dans les loges à cet effet. Sinon, oui, c’est dur parce qu’il ne suffit pas d’avoir sur le plateau deux types de poubelles différents. Il faut être conscient de l’impact qu’on a sur l’environnement et penser à tout instant que jeter quelque chose a des conséquences. C’est une démarche qui commence en soi.

Êtes-vous quelqu’un de religieux?
Non, je n’ai jamais été une personne religieuse. Mes parents ne m’ont pas élevée dans la religion. Je comprends parfaitement que les gens ressentent le besoin d’être guidés. Le problème, c’est que lorsqu’on est perdu, on peut facilement être manipulé. C’est ce qui est arrivé avec de nombreuses religions. Le prosélytisme est quelque chose qui m’échappe. Pourquoi faut-il convaincre les gens de penser comme soi? La religion est là pour offrir du soutien aux hommes, pas pour leur laver le cerveau. Sinon, les conséquences peuvent être désastreuses, comme les faits l’attestent.

Êtes-vous guidée par une philosophie?
Il y a beaucoup de gens remplis de sagesse qui m’inspirent. L’un d’entre eux est Allemand et s’appelle Eckhart Tolle. Il a écrit le fameux bouquin Le pouvoir du moment présent. Ce type de personne m’aide vraiment à comprendre mes problèmes et à travailler sur moi.

Fêtez-vous Noël?
Oui, même si Noël ne représente rien pour moi. Cela dit, je ne suis pas la seule dans ma famille qui ait son mot à dire sur la question de Noël et des célébrations religieuses. Quand j’étais petite, je détestais Noël. Je ne voulais jamais recevoir de cadeaux. Ma mère devenait folle. Elle me suppliait de choisir un cadeau parce qu’elle ne pouvait pas supporter de voir tous les enfants recevoir des paquets quand on fêtait Noël et moi dans mon coin sans rien.

Et aujourd’hui?
Je veux que mon fils soit intégré dans la société mais qu’il conserve ce qui le rend unique. Je ne lui dirai jamais que le Père Noël existe. Bon, je ne lui ai pas dit non plus qu’il n’existait pas parce que je dois respecter l’autre côté de la famille. Mais je ne peux pas mentir à mon fils. Mes parents ne m’ont jamais menti à propos du Père Noël.

La Française de Hollywood

Enfant, Marion Cotillard donnait déjà la réplique à sa mère comédienne. Révélée dans la série des «Taxi» de Luc Besson, elle décroche son premier César pour un petit rôle dans «Un long dimanche de fiançailles».
Mais c’est en incarnant Édith Piaf dans «La Môme» en 2007 qu’elle obtient l’Oscar de la meilleure actrice et devient une star planétaire. Depuis, elle mène de front une carrière à Hollywood et en France. Elle a tourné pour les plus grands réalisateurs et joue les égéries pour Dior. En couple avec Guillaume Canet, elle est la mère de Marcel (5 ans) et attend un second enfant.

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Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
Twentieth Century Fox Film, Keystone
Publication:
lundi 26.12.2016, 13:50 heure



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