En piste

Mélanie Meillard La jeune skieuse romande brille en ce début de saison avec deux belles places à Levi et Killington. Rencontre très sport.

C’est tout sourire que Mélanie Meillard nous a ouvert la porte de sa maison familiale à Hérémence, dans le val d’Hérens en Valais. À 1400 mètres d’altitude face à la majestueuse Dent-Blanche, c’est ici que la jeune skieuse se ressource entre les entraînements et les courses. Depuis plusieurs semaines, la sportive a repris le rythme de la compétition dans ses deux disciplines, le slalom et le géant. Elle court pour le premier hiver au sein de l’équipe nationale suisse entourée de skieuses confirmées, Michelle Gisin, Lara Gut et Wendy Holdener, à qui elle n’a rien à envier à en croire son brillant début de saison.

Une 5e place à Levi (Finlande), une 9e place à Killington (USA), la saison s’annonce bien!
Oui, ces résultats me font vraiment plaisir! C’est la deuxième fois que j’atteins une 5e place en Coupe du monde et c’est mon meilleur classement jusqu’à présent. Ce début de saison me donne confiance pour la suite, et je ferai tout mon possible pour continuer à atteindre de telles performances.

Quels sont les ingrédients de ces premiers succès?
C’est un mix entre la bonne préparation physique, la confiance dans le matériel et le bon feeling sur la neige. Le fait que je coure ma deuxième année en Coupe du monde joue aussi un rôle. Je sais ce qui m’attend et je connais mieux les courses.

À quand un podium en Coupe du monde?
Je l’espère bientôt! (Rires)

Votre parcours de skieuse est particulier, vous avez sauté des cadres B à l’équipe nationale. Ce n’est pas courant!
Non c’est pas courant (rires). Déjà lorsque je suis entrée à Swiss Ski, j’ai directement intégré les cadres B sans passer par les cadres C. C’est sûr que ce sont de grands sauts, mais il faut prendre les choses comme elles viennent. C’est plutôt positif.

On dit que vous êtes le plus grand talent du ski helvétique féminin tout de même!
Ouais… (rires) Ça fait toujours plaisir quand on entend ça, c’est sûr! Mais je ne mets pas la pression par rapport à ce que l’on dit de moi. C’est vrai que je fais des bons résultats et que je me donne entièrement pour ce sport, mais je ne vais pas prendre la grosse tête!

Skier aux côtés d’athlètes confirmées qui ont déjà gagné des médailles, ça vous met la pression?
Cet automne, je me suis entraînée avec l’équipe Coupe du monde. Lara Gut n’était pas avec nous, elle se prépare en privé. J’étais donc avec Wendy Holdener, Michelle Gisin, Simone Wild; nous nous sommes mutuellement tirées vers le haut. C’est une chance d’avoir un si bon groupe à l’entraînement et durant les courses. Je ne ressens pas une pression particulière car j’ai su gagner ma place et montrer que je suis capable d’être où je suis. Et il n’y a pas de prise de tête entre filles, je vous assure… (rires)

Quel est votre moteur?
Le premier ingrédient est le plaisir. C’est indispensable. Ensuite, je réalise la chance que j’ai de voyager pour ces courses. Je découvre de nouveaux paysages, de nouvelles stations et la rencontre avec les gens est très enrichissante aussi! Cet automne, je suis allée à Ushuaïa, c’est juste incroyable, non? (rires) Je vis un rêve éveillé, ce qui me pousse à toujours m’améliorer. Je ne me contente pas de l’acquis. Participer aux Jeux olympiques serait un rêve et l’un de mes buts à long terme est d’y remporter une médaille.

Des Jeux olympiques en Valais, vous imaginez?
Ah oui vraiment! Surtout qu’en 2026 je devrais encore être sur les skis et pile dans la bonne tranche d’âge pour courir ce genre de compétition. Ça serait un rêve de voir tous les Valaisans nous soutenir.

Et dans l’assiette, quel est votre carburant?
D’un point de vue alimentaire, je suis assez pénible (rires). Je n’aime pas la salade, enfin, surtout la sauce. Ça c’est impossible! Mais je n’ai pas vraiment un plat type que je mange avant les compétitions. Je m’adapte à ce qu’on nous donne dans les hôtels, je ne choisis pas mes menus. Mais j’apprécie toujours un bon bout de poulet ou de bœuf avec des tomates…

«

Participer aux Jeux olympiques serait un rêve et un but à long terme »

Mentalement, avez-vous un rituel spécifique avant de faire une course?
Non, vraiment je n’ai jamais eu de préparation purement mentale! Je crois que ça me stresserait encore plus (rires). Je suis assez spontanée, je fonctionne au feeling. Je n’ai pas de rituel strict quinze minutes avant la course durant lesquelles je dois être seule. J’ai un gros avantage de ne pas trop stresser avant le départ et ça, ce n’est pas donné à tout le monde…

Vous êtes originaire de Neuchâtel et Valaisanne d’adoption. D’où tirez-vous ce caractère de mordante?
Je pense plutôt du Valais. Car c’est lorsque nous avons déménagé ici que j’ai décidé de vraiment percer dans le ski. Donc un bon caractère de montagnarde! (rires)

Vous partagez la passion de la glisse avec votre frère Loïc qui court également en Coupe du monde. Comment ça se passe entre vous?
Ça nous a beaucoup rapprochés et motivés mutuellement. En voyant l’autre partir à l’entraînement, c’était impensable de rester à la maison à ne rien faire. C’est très enrichissant aujourd’hui, car on se comprend, on sait ce que l’autre vit. Je ne pourrais pas rêver mieux!

Qu’est-ce que vos parents ont versé dans votre soupe pour avoir de tels champions?
Notre papa nous a mis très tôt sur les skis. Quand mon frère a commencé le ski club, je n’attendais que de faire la même chose. Nos parents nous prenaient aussi beaucoup à skis. On se déplaçait presque tous les week-ends en Valais. C’est donc cette éducation tournée vers le sport et la nature qui nous a mis le pied à l’étrier. Ensuite, nous avons eu de la chance de faire de bons résultats dès nos premières compétitions, du coup la motivation s’est installée très tôt. Et au fil des ans, j’ai continué à bien me placer. Je n’ai pas connu de grosses blessures non plus, donc les choses ont suivi leur cours, tout naturellement.

Aujourd’hui, le ski est de moins en moins populaire, notamment chez les jeunes. Que leur dites-vous pour leur donner le goût?
Qu’on est tellement libre à skis! Même en y allant une demi-journée, on goûte déjà à la sensation de la glisse, aux bienfaits de la nature… C’est bien plus intéressant que de rester passif devant la télé!

En dehors des courses et des coupes, comment vivez-vous votre vie de jeune femme?
Pour le moment, ma vie c’est surtout le ski (rires). L’été, j’ai la possibilité de voir des amis en dehors du circuit mais ça demande une grande organisation. Entre deux entraînements, j’ai souvent envie de me reposer à la maison. J’ai perdu contact avec pas mal de copains mais j’ai gardé un noyau dur d’amis qui comprend mon rythme de vie. D’ailleurs, ce sont aussi des gens qui aiment la nature, avec qui je peux aller au lac ou faire du ski pour le plaisir.

Le ski, que vous a-t-il appris?
À me responsabiliser! Dès 7 ans en camp, on devait s’occuper de nos affaires, tenir des horaires. J’ai appris à être autonome sans compter toujours sur mes parents. D’ailleurs, je n’ai jamais eu besoin de les appeler tous les soirs pour leur raconter mes journées d’entraînement.Grâce au ski, j’ai aussi beaucoup appris par moi-même. En trois ans, j’ai amélioré mon niveau d’allemand rien qu’en fréquentant des sportifs suisses allemands.

Mélanie en Coupe du monde

Nicolas Reymond lors de l’interview, à Vercorin (VS).

Elle attendait impatiemment la piste de Levi en Finlande où l’an dernier elle avait décroché une belle 6e place. Et avec raison! Cette année, Mélanie Meillard a grappillé une place puis a enchaîné avec un 9e temps aux États-Unis; des résultats qui laissent présager un podium sur le circuit mondial. Peut-être à domicile où elle courra le 28 janvier prochain à Lenzerheide? En attendant, nous la retrouverons à Courchevel et à Lienz les 19 et 28 décembre.

Toutes les dates des courses
Le site des fans de Mélanie Meillard et son frère Loïc

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.










Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Sedrik Nemeth
Publication:
lundi 04.12.2017, 12:28 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?