Melody Gardot sera en concert au Montreux Jazz Festival cet été.

Melody Gardot: «Mais c’est ça, j’ai la bougeotte!»

Musique L’Américaine Melody Gardot sort un nouvel album à l’énergie urbaine, «Currency of Man». La chanteuse globe-trotteuse fera escale à Montreux cet été.

«

Je n’aime pas les excès mais j’apprécie toutes les bonnes choses »

Comment est né ce nouvel album?
J’ai travaillé avec deux jeunes producteurs bourrés de talent, Maxime Le Guil et Clément Ducol, rencontrés à Paris pendant l’enregistrement de Autour de Nina, l’album-hommage à Nina Simone. Cela faisait si longtemps que je ne m’étais plus retrouvée en studio avec des jeunes que j’avais oublié combien c’est fun!

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Électrique, très blues et groove, ce disque est un peu différent de ce que vous faites…
Il faut dire que je n’ai pas une façon habituelle de composer. Cela dépend beaucoup de l’endroit où je me trouve, de ce qui m’entoure et de mon humeur. Toutes les chansons de cet album ont été écrites dans des villes. Elles sont en quelque sorte ma réaction à une bande-son urbaine. C’est donc plus agressif, moins languide et mélancolique que par le passé. Il y a plus d’énergie dans ce disque.

Vous avez surtout écrit à Los Angeles?
Oui, j’ai vécu un an à Venice dernièrement. Dans les années 1980, ce quartier de Los Angeles était mal famé, comme l’endroit où j’ai grandi à Philadelphie. J’habitais alors à l’est de Broad Street, où il fallait courir entre deux pâtés de maison pour ne pas se faire tirer dessus!
À Venice, les choses vont mieux aujourd’hui mais c’est étrange parce que les résidences de luxe ont remplacé les taudis et pourtant des gens très pauvres y vivent à côté de multimillionnaires.

C’est de ces démunis que vous parlez dans vos nouvelles chansons?
Il y a une foule de sans-abri à Venice Beach. Parmi eux, j’ai rencontré parfois des gens vraiment intelligents qui ne sont pas fous mais ne veulent juste pas se plier aux règles de la société. En parlant avec eux, j’ai réalisé que ces personnes qu’on méprise et ne considère pas dignes de notre temps sont en fait très intéressantes. Je me suis demandé comment il est possible qu’existent dans un même lieu de telles disparités, entre les super-riches et ceux qui n’ont rien. Cela a inspiré de nombreuses chansons.

Le titre «Preacherman» évoque l’histoire d’Emmett Till, un jeune Noir tué par des Blancs dans les années 1950. Le thème du racisme est plus que jamais d’actualité en Amérique…
J’en ai la chair de poule. Lors de ma dernière tournée, Trayvon Martin a été tué en Floride. C’était un jeune Noir descendu par un vigile sans raison. La même chose est arrivée à Emmett il y a toutes ces années. J’ai écrit cette chanson pour lui, pour dire que je suis fatiguée de voir des hommes bons disparaître. Je ne parle pas juste du racisme des Blancs envers les Noirs mais aussi de celui des Noirs envers les Blancs parce que les Noirs réagissent à la façon dont ils sont traités. La haine engendre la haine.
On est confrontés à une maladie contagieuse née d’un manque d’éducation et de savoir. On ne naît pas raciste, on vous apprend à le devenir.

Vous vous définissez comme une citoyenne du monde. Quel est votre rapport à l’Amérique?
Je me retrouve dans une citation de l’écrivaine Gertrude Stein qui a dit «l’Amérique est mon pays et Paris est mon chez-moi». Je suis née aux États-Unis et dès que j’ai dû partir à cause de mon travail, j’ai réalisé que je n’avais pas envie d’y rester. Pour différentes raisons mais, surtout, parce que j’aime voyager. Je ne revendique aucun pays comme le mien. Je n’aime juste pas poser mes valises trop longtemps. J’ai la bougeotte!

Quelle est votre impression de la Suisse, où vous revenez vous produire cet été?
J’adore la Suisse et chaque fois que j’y suis en tournée, j’essaie de faire un crochet par Zurich pour aller me détendre au spa de l’hôtel Dolder. J’en ai bien besoin après avoir partagé un autocar avec quatorze hommes pendant deux mois! J’apprécie que les Suisses aiment prendre soin de leur corps.

À propos du corps, quel est votre rapport à la nourriture? Suivez-vous toujours un régime macrobiotique?
Oui, parce que la macrobiotique est un système philosophique et pratique qui ressemble beaucoup au bouddhisme. Et qui permet de comprendre les effets de la nourriture sur le corps. Pour moi, une alimentation équilibrée est primordiale. Je n’aime pas les excès mais j’apprécie toutes les bonnes choses.

Vous avez l’air en pleine forme. Les séquelles de votre accident continuent-elles de s’estomper avec le temps?
Exactement. En août dernier, j’ai commencé à marcher sans canne pour la première fois depuis des années. J’ai fait la connaissance d’un docteur formidable à Los Angeles qui m’a beaucoup aidée, notamment avec des injections homéopathiques. Mon corps est encore sensible aux variations de température mais ma santé ne cesse de s’améliorer.

Sa trompette. «Je suis en train d’apprendre à en jouer…»

4 dates dans les blues de la chanteuse

1985 Melody naît le 2 février dans le New Jersey et grandit à Philadelphie.

2003 Grièvement blessée lors d’un accident à vélo, elle récupère en composant sur son lit d’hôpital.

2010 Son deuxième album, «My One and Only Thrill», se vend à 1,5 million d’exemplaires.

2015 Sortie le 29 mai de son  album, «Currency of Man». En concert le 16 juillet au Montreux Jazz Festival.

Son carnet de notes. Elle l’emmène partout

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Photo:
SP
Publication:
lundi 18.05.2015, 15:10 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?