A Hauenstein (SO), les animaux peuvent profiter du pâturage attenant à la ferme sous le soleil printanier.

Mise au vert familiale

Dans la production bovine, les hommes sont presque en trop, car il n’existe pas de forme plus naturelle que l’élevage allaitant. Nous avons tenté d’approcher ces familles nombreuses.

En cette matinée, le temps est radieux sur les hauteurs de Hauenstein (SO).Après de longs mois d’hiver froids et humides, c’est avec d’autant plus de joie que chacun accueille l’herbe fraîche, le verger en fleurs et le doux soleil printanier.
Et pourtant, l’envie nous vient de prendre nos jambes à notre cou lorsque Martin Hengartner (55 ans) annonce qu’il est l’heure d’aller rendre visite au bétail sur le pâturage. Pour nous rassurer, le paysan nous explique qu’il connaît bien ses bêtes et qu’il n’y aura aucun problème tant que nous nous tenons à carreau et faisons profil bas.

Il y a quinze ans: la reconversion

Nous sommes en visite dans la ferme Engistein, une terre idyllique. Sofie et Martin Hengartner ont conclu un bail d’affermage avec la Confédération il y a bientôt trente ans. Après avoir fait leurs débuts dans l’économie laitière, leur exploitation est certifiée Bourgeon depuis 1993 et ils se sont reconvertis dans l’élevage allaitant des bovins en 2003, motivés avant tout par une raison pratique: «Aucun de nos enfants ne voulait nous aider à la traite et dans les étables.» Et d’ajouter: «En nous reconvertissant, nous avons pu alléger quelque peu la charge de travail.» Ils avaient aussi peut-être pressenti qu’à terme le prix du lait n’augmenterait pas.

Le troupeau de Natura-Beef de la ferme Engistein compte aussi des vaches à cornes.

Le maître du harem

Nous voici sur le pâturage derrière la ferme, au beau milieu du troupeau. Depuis le début de la semaine, les bœufs sont à l’extérieur. Avant, le sol était encore trop dur. Si les animaux se contentent de nous scruter, la curiosité finit par l’emporter chez l’un des veaux, qui s’approche d’un pas naturel pour inspecter l’équipement du photographe.
Presque chacune des 25 vaches allaitantes a un veau. La majorité du groupe a pris ses quartiers ici, tandis qu’un petit détachement broute sur le versant opposé. «C’est là-bas que se trouve Edi», déclare l’éleveur en montrant une bête d’une taille imposante se reposant dans un creux de la pente. Edi, taureau d’une bonne tonne, est le «muni», le chef de cette famille élargie ou, plus exactement, le maître du harem. Cet aubrac de 4 ans est le père de tous les veaux du troupeau. Quant aux vaches, ce sont essentiellement des limousines, une race à viande du sud-ouest de la France, mais un tiers d’entre elles sont, comme Edi, des aubracs, une race rustique originaire du Massif central, dans la région auvergnate française. Mais faisons les comptes: pour obtenir ces rejetons, Edi doit donner de sa personne au moins deux fois par mois. Même sur cet aspect, Martin Hengartner mise sur le naturel et ne recourt pas à l’insémination artificielle. «Le muni sait quelle vache est en chaleur», précise-t-il. Et cette méthode, appelée «monte naturelle» dans le jargon, est d’une fiabilité à toute épreuve.

Additifs, protéines ou OGM bannis

Quand une vache a vêlé, l’éleveur observe une distance de sécurité: «Les deux premières semaines, les vaches mères sont sur leurs gardes et bien plus dangereuses que le taureau.» C’est donc avec soulagement que nous constatons que les veaux du cheptel sont déjà âgés de quelques mois: des adolescents, dans le monde
des bovins.
Ces derniers resteront en tout dix mois avec leur mère, dans cette grande famille qui compte Papa Edi et tous les demi-frères et demi-sœurs. Ils boivent du lait, broutent de l’herbe en été et du foin ou du fourrage en silo en hiver, mais aucun aliment concentré ne s’invite dans leur régime. «C’est autorisé en petite quantité dans l’élevage allaitant, mais nous ne l’utilisons pas», révèle Martin Hengartner. Les additifs qui stimulent la croissance, les protéines ou graisses animales, le soja et les fourrages OGM figurent parmi les substances bannies dans ce mode d’élevage. Autres conditions à respecter impérativement: la détention en plein air avec pâture l’été et sorties l’hiver ainsi que l’accès à des litières paillées. Aujourd’hui, l’association Vache mère Suisse, qui fédère des agriculteurs tels que Martin Hengartner, compte plus de 5600 membres détenant plus de 100  000 vaches allaitantes, soit environ 14% de l’effectif total de bovins en Suisse.
Au bout de dix mois, les veaux prennent le chemin de l’abattoir pour devenir du Natura-Beef bio dans les assiettes; une étape naturelle dans la cohabitation entre l’homme et l’animal, selon l’éleveur: «Chez nous, les veaux grandissent naturellement. Après dix mois, ils sont prêts et les vaches mères s’occupent de leur nouveau petit.» Au moment de quitter les lieux, en balayant du regard les sommets du Jura, on se dit qu’il semble faire si bon vivre, tout là-haut!

Les animaux du paysan Martin Hengartner sont apprivoisés, mais les vaches allaitantes gardent toujours leur petit à l’œil.

Natura-Beef

Bien-être animal et tradition

Un long partenariat avec Coop
Les bovins Natura-Beef grandissent en sécurité avec leur mère et leurs congénères. Dans le cadre de l’élevage avec parcours, les bêtes se rendent chaque jour sur le pâturage. L’élevage allaitant constitue la forme la plus naturelle de production de viande et c’est la raison pour laquelle Coop en fait la promotion, garantissant ainsi un maximum de bien-être animal. A ce titre, Coop collabore depuis plus de trente ans avec l’association Vache mère Suisse.

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Martin Winkel
Photo:
Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 28.05.2018, 12:00 heure





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