Sabine Bandi ne peut imaginer vivre sans ses petits chiens Coquin, Chanel et Damon.

Mon chien est un lilliputien

Les stars ont lancé la mode du chien comme accessoire indispensable. Chez nous, les petites races ont la cote. Ce succès a néanmoins ses revers: fausses annonces, abandons, négligences…

À chaque époque, son chien. Il y a eu La fidèle Lassie, Belle et Sébastien, Beethoven et bien sûr Les 101 Dalmatiens. Aujourd’hui, la taille du meilleur ami de l’homme rétrécit. «On vit de plus en plus en ville, et cela peut avoir une incidence sur la taille du chien», observe Rachel Lehotkay, docteure en psychologie et psychothérapeute spécialisée en zoothérapie. La crise jouerait également un rôle. L’être humain revient alors à son meilleur compagnon et se rapproche de la nature.»
Ce phénomène a été amplifié lorsque les stars s’y sont mises. Les fabricants ont alors imaginé des accessoires pour assortir leur compagnon à quatre pattes: des sacs de portage, des manteaux, des bijoux… «Les petits chiens ressemblent à des bébés: grands yeux, extrémités plus courtes, potelés, souligne Rachel Lehotkay. Les gens qui n’ont jamais eu de chien imaginent qu’ils peuvent l’emmener partout, que c’est plus simple et moins cher de prendre une race naine.»

Les races de chiens enregistrées en 2013

Chiffres tirés du rapport d’activité 2013 de la banque d’enregistrement Anis (Animal Identity Service AG, l’organe chargé en Suisse de répertorier les animaux de compagnie)

Petits chiens, gros business

Un quart des annonces concernent des chihuahuas, la race à la mode, avec 3669 nouvelles inscriptions dans la banque de données des animaux de compagnie Anis, l’an dernier (voir infographie). Les yorkshire-terriers, bichons maltais et carlins ont aussi la cote. «Toutefois il est regrettable que beaucoup d’annonces soient également postées pour se débarrasser de son chien. On ne tient pas compte de son bien-être, on le sort cinq minutes devant l’immeuble pour qu’il fasse ses besoins», se désole la spécialiste. Le succès pousse à la tentation: fausses annonces, trafic illégal d’ampleur internationale, faux pedigree ou carnet de vaccination, chiots trop chétifs, malades, ne correspondant pas au standard de race. «Quand on achète un chien bon marché (ndlr: autour de 400 francs), ça fait moins mal au ventre de l’abandonner pour de futiles raisons que lorsqu’on    a payé 2000 francs ou plus», observe lll lllMarguerite Seeberger, éleveuse de bichons havanais et bolonais, à Corcelles-le-Jorat (VD). «Les élevages de chiens de races naines se multiplient et la qualité baisse», regrette Rachel Lehotkay.

Éleveurs pas d’accord

«Nous avons commencé en 2010, après avoir pris un premier chihuahua que nous avons trouvé passionnant, puis un deuxième pour lui tenir compagnie. Nous avons entre cinq et sept chiots à placer chaque année», expliquent Jivanti et Fabien Fenzi, éleveurs de chihuahuas et caniches à Saint-Prex (VD). Les éleveurs confient choisir leurs clients au feeling, sans a priori.
Cependant, les jeunes clients ne sont pas bienvenus dans tous les élevages. «Je refuse de vendre un de mes bichons à des gens dans cette catégorie d’âge, dit clairement Marguerite Seeberger. Je pars du principe que ces personnes ont d’autre chose en tête que de s’occuper d’un petit chien, ils n’ont pas le temps.» Un chien, grand ou petit, a besoin qu’on s’occupe de lui, précise-t-elle, ce n’est pas une peluche qu’on ressort entre le boulot, les sorties et ensuite les bébés à naître. «Les gens choisissent leur compagnon à quatre pattes d’après son look et non d’après leurs besoins. Quand on leur dit non, ils se vexent, ce qui me conforte dans mon idée que j’ai raison avec mes principes. Je me sens responsable du bonheur de mes chiens.»
Malheureusement, constate l’éleveuse, quand les futurs maîtres essuient un refus, ils se tournent simplement vers un autre vendeur.

«Je me suis tellement attachée à lui»

Virginie Sanaâ Ianchello (32 ans), maman, Chexbres (VD)

Tigrou, un yorkshire-terrier d’1 an, atterrit à la SPA à l’âge de 5 mois, pas éduqué, pas propre et avec des rastas.
Virginie Sanaâ Ianchello s’était jurée de ne pas prendre de chien quand elle aurait des enfants. À la place, elle emmène ses garçons (7 et 5 ans et demi) promener les animaux abandonnés. «Mes enfants ont craqué pour Tigrou. Nous l’avons pris à l’essai… et jamais ramené.» Tigrou dort dans la chambre des enfants, dans son panier, et possède plein de jouets. «Chaque fois qu’on va au magasin, les enfants lui achètent un os ou un jouet.» De son côté, la jeune femme a repéré des sites pour lui acheter des accessoires stylés, du strass, du jeans et du léopard.
Un jour, Tigrou s’est enfui et a été heurté par une voiture, ce qui lui a valu cinq jours au Tierspital de Berne. «Quand je suis allée le rechercher il a bondi de joie! Il a dû croire qu’on l’avait abandonné. Je me suis rendu compte combien je m’étais attachée à lui!»

«Une histoire d’amour»

Sabine Bandi (44 ans), agente de voyage, Courtételle (JU)

«J’ai trois chiens: Coquin, le yorkshire, Chanel et son fils Damon, les deux chihuahuas. J’ai toujours eu de petits chiens et ne peux pas imaginer vivre sans animaux. C’est un plaisir de rentrer à la maison quand on a trois boules d’amour qui nous font la fête. C’est incroyable l’imagination dont ils font preuve pour attirer notre attention. Les chihuahuas sont des chiens très possessifs et jaloux ce qui peut donner des tensions entre eux. Ils ne se rendent pas compte de leur petite taille, ils ont un ego surdimensionné et n’hésitent pas à attaquer de plus grands chiens – pour l’instant sans conséquence, heureusement. Je ne pense plus faire porter la femelle car les chihuahuas ont des grossesses à risque et l’assistance à la naissance a été très pénible pour moi, suivi de plusieurs nuits blanches! Elle a eu deux chiots: Damon né à 78 g, et une petite femelle née à 38 g, qui n’a pas survécu plus de trois jours. Cela a été un énorme crève-cœur pour nous.

«Le chien s’est bien adapté au bébé»

Avant l’arrivée du bébé, Giò avait toute l’attention de Jessica Rovero.

Jessica Rovero (35 ans), employée de commerce, Eclépens (VD)

«Mes parents avaient pris un yorkshire-terrier car j’étais fille unique», raconte Jessica Rovero. Elle grandit avec lui jusqu’au divorce de ses parents. Le chien part avec son père.
«Il y a quelques mois, la cousine de mon mari devait se séparer de son chien, un terrier écossais. Il nous plaisait, avec son look atypique.» Le couple prend alors le petit Giò à l’essai. Et tombe amoureux du chien âgé de 2 ans.
La journée, Giò accompagne son époux au travail et lors de ses rendez-vous à l’extérieur. «Le soir, le chien est avec moi. Chacun a son moment avec lui. On dit qu’un chien n’a qu’un maître, mais chez nous, il partage son amour.»
«Quand on part en vacances, le chien nous manque vite, on a envie d’être avec lui», sourit Jessica Rovero. Lorsqu’ils sont invités à l’extérieur, Giò se venge. Il cache les chaussures dans tous les coins et aboie fort à leur retour!
Il y a quelques semaines, un bébé est venu compléter la famille. «J’avais expliqué à Giò qu’il y aurait une nouvelle personne», indique Jessica Rovero. Le chien s’est tout de suite montré très protecteur envers Diane.

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Mélanie Haab

Rédactrice

Photo:
Nicolas de neve / Darrin Vanselow / SP
Publication:
lundi 27.10.2014, 12:15 heure



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