L’actrice belge de 41 ans aimerait bien revenir tourner en Suisse.

Natacha Régnier: «Ce rôle m’a tout de suite emballée»

Télévision Natacha Régnier incarne une neurochirurgienne dans l’étonnante série «Anomalia» sur RTS Un. Rencontre avec une comédienne lumineuse.

Chaque samedi soir jusqu’au 5 mars, la RTS Un nous plonge dans le fantastique avec la série de Pierre Monnard, Anomalia, qui se déroule au cœur de la Gruyère. C’est Natacha Régnier, d’origine belge, mais vivant à Paris depuis vingt ans, qui interprète le rôle principal de Valérie Rossier.
Adoubée par la profession dès son deuxième film, La Vie rêvée des anges, la blonde comédienne au regard bleu profond ne s’est pas laissé dérouter. Poursuivant sa carrière au gré de ses envies, ainsi qu’elle nous le raconte à Paris par une froide matinée de janvier qui lui rappelait la température des sommets fribourgeois.

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Comment ce rôle de neurochirurgienne fribourgeoise est-il venu jusqu’à vous?
Il paraît que c’est le réalisateur, Pierre Monnard, qui a suggéré mon nom en découvrant le scénario. Cela m’a donné des ailes de me sentir désirée en Suisse. Je n’oublie pas que j’ai déboulé dans ce métier sans connaître personne, mes parents n’évoluaient pas dans ce milieu. Mon arrivée flamboyante (deux prix dès le deuxième rôle au cinéma) m’a longtemps inquiétée, j’ai eu peur que cela soit éphémère. Je suis donc reconnaissante quand on pense à moi.

Comment définiriez-vous votre personnage dans «Anomalia»?
C’est une femme cartésienne, qui se retrouve déstabilisée par des éléments surnaturels. Le rôle de Valérie Rossier m’a tout de suite emballée car il promettait d’explorer une large palette de techniques de jeu. Cela a été à la fois un rôle physique – j’ai dû courir dans la neige, faire de la spéléo – et à la fois un rôle riche sur le plan des émotions. Le personnage a beaucoup d’intériorité, il fallait donc que je parvienne à l’exprimer.

Connaissiez-vous la face «magique» du canton de Fribourg, puisque l’action qui se déroule en Gruyère, fait référence à des croyances et superstitions locales?
Je ne connaissais pas cette partie de la Suisse romande. J’ai d’ailleurs eu du plaisir à découvrir Bulle et ses alentours, les fondues moitié-moitié, les meringues double crème et à admirer chaque jour les montagnes sous une lumière différente. J’ignorais donc que le canton de Fribourg avait une fibre irrationnelle. Les histoires de fantôme m’intéressent beaucoup. Pour construire mon personnage et me familiariser avec l’imposition des mains, j’ai souhaité rencontrer le magnétiseur-guérisseur fribourgeois Denis Vipret. Je ne me suis pas encore servie de ses conseils dans ma vie privée!

Le tournage a duré trois mois. Comment avez-vous géré votre vie familiale?
Si mes filles avaient été plus jeunes, je les aurais emmenées avec moi. Les enfants grandissent tellement vite que je fais en sorte d’investir mon rôle de mère. Je suis convaincue aussi qu’on n’élève pas seulement des enfants avec des mots, mais  aussi avec les actes qu’on accomplit. Or, j’ai envie de transmettre à mes filles qu’il est important de se réaliser personnellement. D’où certaines séparations. Pour ce tournage, je suis venue seule en Suisse, mais je rentrais à Paris le week-end. La nounou formidable que nous avons depuis cinq ans a pris le relais au quotidien.

Vous avez une carrière en dents de scie, car vous avez pris des risques: tout quitter pour suivre Yann Tiersen et chanter pour lui, revenir au cinéma, tout quitter à nouveau pour faire du théâtre et revenir encore au cinéma. C’est quoi, votre plan?
Contrairement aux apparences, il y a une logique professionnelle dans tout ça! J’ai démarré dans le métier avec beaucoup d’énergie et de fraîcheur mais mon outil de travail avait besoin d’être affûté. J’ai donc saisi toutes les opportunités pour acquérir de la force, muscler mon jeu et devenir plus rapide dans mes propositions.

Le chocolat noir: «suisse ou belge, peu importe!»

Quel genre de retours aimez-vous entendre de votre travail de comédienne?
Après une projection de La Vie rêvée des anges en Corée du Sud, quelqu’un est venu me dire «Merci, ce film va m’aider à vivre mieux». Cela m’a bouleversée. Car moi aussi je cherche dans les œuvres artistiques du soulagement pour vivre mieux. Alors si je peux faire pareil pour les autres, cela me comble. L’art doit servir à ça: déposer des petites lumières pour éclairer la route.

La lumière… Mais comment vivez-vous le rapprochement des forces des ténèbres?
Après les attentats de novembre, je suis restée une semaine en état de sidération. Mais je suis persuadée qu’on peut lutter contre la violence et le terrorisme en valorisant l’éducation et la culture. Quelle tristesse il doit y avoir dans le cœur des gens qui se font enrôler! Qu’est-ce qu’ils ont dû se sentir abandonnés pour en arriver là…

Que souhaitez-vous pour 2016?
Que cela s’arrête d’exploser partout! Tous ces attentats-suicides qu’il y a un peu partout dans le monde m’affectent beaucoup. Sur le plan personnel, je me souhaiterais bien revenir en Suisse tourner une deuxième saison d’Anomalia.

«J’adore écrire au stylo à plume»

4 dates dans la vie de la comédienne

1974 Naissance à Bruxelles, ville que Natacha Régnier va quitter à ses 20 ans pour Paris, où elle vit.
1998 Palme d’or à Cannes pour son rôle dans «La Vie rêvée des anges». Et César du meilleur espoir féminin.
2002 Naissance de sa fille Lise, issue de son union avec le compositeur Yann Tiersen. En 2008 naît Jessie.
2016 Elle incarne Valérie Rossier dans la série fantastique de Pierre Monnard, «Anomalia», sur RTS Un.

«Anomalia»

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

Photo:
Francine Bajande
Publication:
lundi 01.02.2016, 14:00 heure



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