Les T-shirts Naturaline sont pourvus d’un numéro grâce auquel l’acheteur peut retracer le chemin parcouru par le produit.

Naturafarm: l’inspectrice au travail

Les contrôleurs de la Protection Suisse des Animaux visitent sans préavis les fermes Naturafarm. Nous en avons accompagné une lors de sa tournée.

Elle n’arrête pas de sillonner les routes bernoises, Theres Buchwalder (43 ans). Cette contrôleuse du service d’inspection de la Protection Suisse des Animaux PSA a un nombre impressionnant de kilomètres à son actif. Depuis deux ans, elle passe en moyenne deux jours par semaine dans le canton de Berne où elle contrôle les fermes Coop Naturafarm. Sans préavis, s’entend. Elle doit donc aussi s’attendre à trouver portes closes. C’est le cas de la première ferme qu’elle contrôle: l’agriculteur est sur le départ, il a un rendez-vous important.

Lors de la deuxième visite en revanche, elle a plus de chance. Il s’agit d’une exploitation de taille moyenne, qui élève et engraisse 500 porcs. L’exploitant, Andreas Meyer,  est en train de faire les foins. Il nous rejoint. La contrôleuse lui demande si elle peut voir les bêtes. Aucun problème. L’éleveur nous prête même des protections en non-tissé. La contrôleuse a ses protections, car elle doit éviter de transmettre des bactéries ou des germes d’une exploitation à l’autre. L’éleveur nous montre le secteur où vivent les porcelets jusqu’à ce qu’ils aient 25 kilos. Dès qu’ils dépassent ce poids, ils sont transférés dans un secteur avec accès à un parcours en plein air. Les animaux grandissent vite. Au bout de huit semaines, ils affichent déjà dix fois leur poids à la naissance.

Rien n’échappe à l’œil de Theres Buchwalder.

Theres Buchwalder parcourt lentement la porcherie, évalue la vitalité des animaux, contrôle s’ils ont suffisamment de litière et si les box ne sont pas surpeuplés. La surface prescrite aux porcelets jusqu’à 25 kilos est de 0,4 m2 par animal.
La contrôleuse dispose du plan de chaque exploitation. Elle peut y voir le nombre d’animaux admis dans chaque secteur. Un coup d’œil lui suffit parfois pour être fixée. En cas de doute, elle compte les animaux. On passe ensuite au secteur des porcs plus âgés qui ont la possibilité de sortir. Ils vivent en groupes dans des box subdivisés en trois zones: une aire de repos tapissée de litière, tout à l’arrière, une aire de défécation et d’alimentation et une aire  à l’extérieur accessible en permanence. Les porcs entre 60 et 110 kilos doivent disposer en tout d’une surface d’au moins 1,6 m2.

La contrôleuse est satisfaite. Enfin presque: le lisier n’a pas été évacué partout. Elle le note sur le formulaire. Il n’y a plus qu’à jeter un œil à la pharmacie et aux documents. Les exploitants qui appliquent les exigences de détention particulièrement respectueuse des animaux de Coop Naturafarm sont en effet tenus de conserver tous les bulletins de livraison des aliments fourragers. En contrôlant les bulletins, Theres Buchwalder vérifie que les aliments sont conformes aux exigences de Coop Naturafarm: ils ne doivent contenir ni farines de poisson ni plantes génétiquement modifiées.

Après dîner, la quadragénaire visite une autre ferme, une exploitation d’engraissement ultramoderne. Là, les choses ne sont pas tout à fait en ordre. Un groupe de porcs n’a par exemple pas de litière fraîche. Selon l’éleveur, il s’agit d’une mesure transitoire censée dresser les animaux à ne pas souiller l’aire de repos. «C’est un procédé courant, confirme la contrôleuse, mais nous n’aimons pas ça.»

Une autre chose l’inquiète davantage: un porc manifestement malade est couché sur le sol. L’exploitant tente de se justifier, mais Theres Buchwalder l’avertit: «Je veux avoir d’ici demain soir la confirmation par téléphone d’un boucher ou d’un vétérinaire que la bête malade a été séparée des autres animaux ou qu’elle a été abattue.»
Tout cela est consigné sur le formulaire. La contrôleuse n’est pas vraiment enchantée et se promet de redoubler de vigilance la prochaine fois.

«Les contrôles à l’improviste sont très importants»

Theres Buchwalder est spécialisée dans le domaine de la détention des animaux de rente.

En cas d’infractions graves, heureusement rares, l’exploitation ne peut plus vendre ses animaux sous le label Coop Naturafarm. 

Les contrôles à l’improviste sont très importants», estime Theres Buchwalder. Le consommateur est ainsi sûr que lorsqu’il achète des produits Naturafarm, les exigences sévères sont bel et bien respectées.
Bernoise, notre interlocutrice a fait des études de biologie et une thèse dans le domaine de la détention des animaux de rente. Dans sa fonction de contrôleuse, elle n’a généralement à dénoncer
que des manquements mineurs, comme une quantité insuffisante de litière ou des dépassements du nombre maximum d’animaux. Les infractions graves sont vraiment rares. L’année passée, seules trois exploitations sur 160 dans le rayon d’activité de notre contrôleuse n’ont pas été reconnues. Dans ces cas-là, elle informe d’abord la centrale du service d’inspection de la PSA. De là, l’information est transmise à Coop, qui décide de la sanction, en général une amende et une interdiction de livraison pour un certain temps. Pour l’exploitation, cela signifie qu’elle ne peut plus vendre ses animaux sous le label Coop Naturafarm.

Coop Naturafarm: pour le bien-être animal

La viande et les œufs d’animaux Naturafarm proviennent de Suisse et répondent aux exigences minimales suivantes: parcours ou détention en plein air, systèmes de stabulation respectueux de l’animal et affouragement sans aliments génétiquement modifiés.Exception faite de la production bio, le label Naturafarm est le programme d’élevage le plus systématisé de Suisse pour les porcs, les bovins, les veaux et les poules.
Le respect de directives sévères concernant l’élevage, le transport et l’abattage – elles dépassent le minimum légal – est garanti par des contrôles réguliers et inopinés. Ceux-ci relèvent de la compétence d’organismes de contrôle indépendants, à savoir le service d’inspection de la Protection Suisse des Animaux PSA et Beef Control.

www.coop.ch/naturafarm

Nicole Hättenschwiler
Photo:
Joel schweizer
Publication:
lundi 24.06.2013, 00:00 heure