Gloria et Franck

Nature morte mise au goût du jour

Musée de l’alimentation à Vevey. L’exposition  «Délices 
d’artistes» 
présente l’histoire 
de l’alimentation à travers la nature morte. A l’Alimentarium, les visiteurs sont invités à créer des tableaux.

Sur les quais de Vevey, l’humeur est légère et les sourires larges ce dimanche après-midi. Alors que les artistes de rue présentent leurs numéros à l’occasion d’un festival, la responsable de la médiation culturelle du musée de l’alimentation se joint à la fête. Laeticia Aeberli Rochat sort des murs de l’Alimentarium. Elle a les bras chargés de graines, de fruits, de légumes, de nouilles et de récipients.

Gloria et Franck ont œuvré sur la place de l’être humain 
dans la nature

S’apprête-t-elle à proposer aux passants de cuisiner? Non, elle leur demande s’ils ont envie de se lancer dans une création à la Spoerri, en marge de l’exposition Délices d’artistes, consacrée à l’alimentation à travers les natures mortes, du XVIe siècle à nos jours. Daniel Spoerri est un artiste qui a beaucoup travaillé sur la notion de nourriture. C’est lui qui a transformé des tables de repas en œuvres d’art. «La nature morte est mal aimée.  Pourtant, tout peut être nature morte. Elle n’est pas faite que de crânes et de tableaux sombres», souligne Laeticia Aeberli Rochat. Sur une longue table ornée d’une nappe blanche, deux paires d’artistes improvisés sont en pleine création. Gloria (22 ans) et Franck (40 ans) rendent la nature morte vivante. Leur thème: le bio. Ils participent à l’atelier à la Spoerri après avoir visité l’exposition. «Je mange aussi ce que je vois dans mon assiette. Harmonies, compositions, couleurs, odeurs. La beauté de la nature s’exprime dans l’alimentation», témoigne Franck, de La Tour-de-Peilz (VD). Gloria, de Limbourg, en Belgique, étudie la photographie. Le duo fonctionne. La tête de leur «tableau» prend rapidement forme: «Une représentation de l’homme dans la nature, qui doit peut-être retrouver la notion de la préserver.»  

Le thème du bio a eu du succès.

A l’autre bout de la table, Marie-Claire (59 ans) et Jacqueline (62 ans) sont concentrées sur leur travail. Les deux Françaises d’Angers sont en vacances à Vevey. Elles se sont laissé tenter par l’expérience, avec pour sujet l’alimentation de demain. «On souhaite casser les barrières et convaincre les gens d’oser aller vers l’art»,  indique l’art-thérapeute Thora Constant, qui encadre les participants. Gelée rose, ouate, aluminium: la création de Marie-Claire et de Jacqueline est très futuriste! L’avenir de l’alimentation apparaît aussi dans le musée. Délices d’artistes invite le public à y réfléchir, à travers des natures mortes d’hier et d’aujourd’hui. L’exposition est aussi interactive. Un jeu vidéo teste nos capacités à placer des aliments dans le bon menu et à la bonne époque. Sur de grandes toiles, on apprend l’histoire des aliments en les scannant.
A la fin de la visite, un espace permet à chacun de créer sa nature morte, à partir d’un écran tactile. Après l’avoir signée, on peut l’enregistrer et la retrouver dans la galerie d’images du site de l’exposition. Rires garantis! Le choix des objets semble révéler une partie de sa personnalité…

www.delicesdartistes.ch

Agenda

A faire autour de l’expo

Une création futuriste improvisée, c'est l'occasion de s'interroger sur l'alimentation de demain.

Ce week-end, place aux Journées européennes du patrimoine. Entrée libre à l’Alimentarium de 10 h à 18 h. Visites commentées de «Délices d’artistes» (sans inscription) le 7 septembre à 15 h et le 8 à 11 h et 15 h. Visites gratuites proposées également le dimanche 22 septembre à 11 h et à 15 h ainsi que le samedi 2 novembre à 15 h et le dimanche 3 novembre à 11 h
et 15 h. Le jardin potager du musée s’est accordé aux natures mortes de l’exposition. Atelier «Racines oubliées» (payant, sur réservation au 021 924 41 41 ou reservation@alimentarium.ch) le dimanche 6 octobre, de 10 h à 12 h.

«

Il y a un côté glauque de 
la nature morte!»

Camille Prenez, 
assistante de projet pour «Délices 
d’artistes», devant 
un jeu vidéo de 
l’exposition qui 
invite les visiteurs 
à recomposer des 
menus du XVIIe au 
XXe siècle.

Coopération. Qu’est-ce qui vous a surprise en vous plongeant dans les natures mortes contemporaines?
Camille Prenez. Leur variété et leur quantité, surtout en photographie. C’est un médium qui intéresse beaucoup les artistes contemporains, tout comme les têtes de mort. Cette année, on en voit partout, y compris dans la mode. Elles font référence à des questions existentielles de l’homme moderne.

Les natures mortes sont-elles des supports propices aux questions existentielles?
On a toujours eu des crânes dans les natures mortes, depuis le XVIIe siècle. Ils apparaissent par exemple avec une bougie. Il s’agit de mises en garde sur le temps qui passe. On en trouve un écho assez fort dans notre société contemporaine, avec tous les problèmes qui nous entourent et l’avenir triste qu’on nous annonce… Il y a un côté glauque de la nature morte!

D’où vient la signification des aliments dans les natures mortes? Qui la donne?
C’est une question compliquée, très discutée par les historiens de l’art. On n’a aucune source écrite qui dit par exemple que le citron pelé en spirale symbolise le temps qui s’écoule.
Il existait des registres d’emblèmes iconographiques, mais on ne sait pas quels peintres y avaient accès. Des codes se sont établis au fil du temps, dont la signification a été réappropriée en fonction de la culture, du moment et de la sensibilité des artistes. Il y a une forte subjectivité dans la nature morte. En tant que musée, nous n’avons pas la science infuse et invitons les visiteurs à tirer leurs propres interprétations.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
Publication:
lundi 02.09.2013, 10:00 heure

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