Le destin de Nelson Mandela (1918–2013), incarné par Idris Elba. Le film «Mandela: un long chemin vers la liberté» cartonne au box-office sud-africain.

«Je craignais d’incarner une telle icône»

Nelson Mandela au cinéma. L’acteur Idris Elba campe avec brio, dans ce portrait sincère et touchant, l’homme qui symbolise la lutte contre l’apartheid. Rencontre.

Bande-annonce

Coopération. Quelle a été votre réaction lorsqu’on vous a offert le rôle de Mandela?
Idris Elba. Je n’en voulais pas! J’avais peur de faire un mauvais boulot et de ne pas être qualifié pour incarner une telle icône. Je craignais aussi de ne pas lui ressembler physiquement et de la réaction des Sud-Africains. Lorsque j’ai lu le scénario, j’ai compris que c’était un défi réalisable et un immense honneur. Finalement, je me suis fait à l’idée et jeté à l’eau.

Quels sont vos premiers souvenirs de lui?
Mon père (décédé en septembre, réd.), sur qui j’ai modelé mon interprétation de Mandela dans ses vieux jours, était un ardent syndicaliste. Il travaillait dans une usine Ford et prenait la défense des employés injustement traités. Il se prenait pour un avocat et son héros était Mandela. Sa sortie de prison, en 1990, a été un événement immense. Qu’un homme qualifié de terroriste vingt-sept ans plus tôt sorte de prison et devienne président, c’était du jamais vu. Mon père citait tout le temps Mandela comme exemple. Son nom a donc bercé toute ma jeunesse.

L’avez-vous rencontré?
Non, mais je peux vous dire que les gens qui dirigent sa fondation et s’occupent de perpétuer ses bonnes œuvres sont comme lui. Ce sont des gens tellement gentils et bosseurs qu’ils n’ont pas l’air de ce monde. Quand ils m’ont dit avoir adoré le film, je les ai remerciés du fond du cœur.

Connaissiez-vous son côté coureur de jupons?
Non. Lorsqu’il est sorti de prison, tout le monde a vu un vieil homme frêle, mais dans sa jeunesse Mandela était un bel homme qui avait du charisme et du charme. J’ai suggéré au réalisateur de ne pas trop mettre en avant cet aspect de lui parce que je ne voulais pas lui manquer de respect, mais il m’a répondu que c’était la vérité. Winnie Mandela m’a félicité pour mon interprétation. Elle m’a dit que j’avais incarné Nelson comme le vrai homme qu’il était. Elle m’a accueilli en m’embrassant sur la bouche et en s’exclamant «mon mari!»

Lorsqu’il participe à une marche pour la première fois dans le film, qu’est-ce qui se passe dans sa tête?
C’est une question intéressante parce que son bureau d’avocats était très sollicité à l’époque. Il était apprécié et travaillait dur, mais ne pouvait s’occuper que d’un cas à la fois. Voici un homme qui a fait des études de droit pour apprendre la loi en vue de représenter les siens. Et puis il se pointe à une marche et voit défiler 100 000 personnes qui estiment que la loi est injuste. Et elles sont prêtes à agir pour changer les choses. C’est un tournant décisif dans sa vie.

Après tout ce qu’il a enduré, pourquoi a-t-il choisi la voie de la réconciliation?
Le temps qu’il a passé en prison lui a permis de beaucoup lire et de comprendre. En se documentant sur les Afrikaners, il a compris leur histoire et leur mentalité. Pour lui, c’est la peur qui les a amenés à l’apartheid. Il était persuadé que Blancs et Noirs pouvaient cohabiter en paix.

Interview réalisée avant le décès de Nelson Mandela

Naomie Harris: Winnie, la «guerrière»

Naomie Harris est bluffante dans la peau de Winnie, l’épouse de Mandela. «C’est terrifiant d’incarner une femme aussi plurielle, qui se transforme d’une fille joyeuse et aimante en guerrière endurcie et sans peur», raconte la Britannique de 37 ans.
Figure controversée en Afrique du Sud de par son discours radical contre les Blancs, son implication dans le meurtre d’un activiste noir et des affaires de corruption, Winnie est encore surnommée par certains «la mère de la nation». «Certains m’assuraient qu’elle était charmante et charismatique, d’autres qu’elle exsudait une énergie très négative. Quand je l’ai rencontrée, elle m’a dit qu’elle me faisait confiance et m’a juste demandé de l’incarner honnêtement», se souvient la Bond girl de Skyfall. Mariée à Mandela en 1958 et mère de deux filles, la militante a été brutalisée par la police pendant l’emprisonnement de son époux et placée en cellule d’isolement pendant dix-huit mois. Le couple a divorcé en 1996. «Mandela a toujours dit que Winnie avait souffert plus que lui parce qu’il était protégé en prison», souligne Naomie.

Mandela, le film: trois raisons d’aller le voir

Pour redécouvrir Nelson Mandela (né en 1918, décédé la semaine dernière), héros de la lutte contre l’apartheid, mais aussi un homme qui a dû sacrifier son couple et n’a pas vu grandir ses enfants pour faire avancer sa cause. Projet de longue haleine, le film se base sur son autobiographie parue en 1994.

Pour la performance d’Idris Elba, qui incarne Mandela sur une période de cinquante ans, du jeune dragueur militant à sa vie derrière les barreaux puis à son arrivée au pouvoir. Connu surtout pour ses rôles à la télévision, le Britannique de 41 ans est bien parti pour remporter un Oscar.

Pour être ému par Naomie Harris, qui nous fait (re)découvrir Winnie Mandela. On retrouvera la belle comédienne dans le prochain James Bond.

«Mandela: un long chemin vers la liberté», en salle le 18 décembre

pathefilms.com/film/mandela

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