Une voix mélancolique, du rythme dans le spleen: un sacré musicien qui vous dit le classement ATP par cœur!

«Un monde nouveau s’est ouvert»

Musique Le compositeur lausannois Nils Aellen va sortir un quatrième album, cette fois en français. Prof et fan de tennis, il nous parle de ses passions.

Vous nous donnez rendez-vous à Savigny (VD), chez votre grand-mère. Pourquoi?
Je viens chez elle depuis que je suis gamin et elle a toujours eu ce vieux piano. Très vite, j’ai développé un rapport particulier à cet instrument. Il m’arrive encore d’y venir pour composer derrière ce clavier. Il est désaccordé mais j’aime ses tonalités et la petite pièce où il se trouve. C’est un peu mon deuxième studio où j’enregistre des morceaux avec mon ordinateur en pouvant faire le bruit que je veux! C’est aussi l’occasion de jouer quelques titres à ma grand-maman.

La musique, c’est une histoire de famille?
Pas vraiment, même si on y est tous très sensibles. Mon père m’a souvent accompagné à des concerts, ma mère fait partie de chœurs, mon frère compose aussi. Mais ça n’a jamais été une tradition familiale d’apprendre un instrument. C’est plutôt un hobby qu’on a en commun.

D’où vous est donc venue cette passion?
J’ai commencé à tapoter sur un synthé à l’âge de 14 ans. J’ai ensuite pris des cours de guitare pendant trois mois et j’ai poursuivi en autodidacte. Donc techniquement, je suis plutôt limité, je n’arrive parfois pas à jouer mes propres compositions! Et la passion est venue grâce à quelques morceaux qui m’ont touché, je me souviens notamment d’une vieille cassette des Beach Boys…

Que vous apporte la composition?
C’est un milieu assez dur, mais qui me donne toujours de la satisfaction. Je n’ai pas encore rencontré de plus grand plaisir que lorsque je finalise un morceau. À chaque étape, je ressens une fierté d’avoir créé une mélodie qui n’existait pas trente secondes avant. Et je ne me lasse jamais d’écouter de la musique au casque. Avec elle, je ne me sens jamais seul!

Pour le quatrième album de Soften, vous passez de l’anglais au français. Pourquoi?
Après trois albums dans une langue qui n’est pas la mienne, j’avais l’impression de tourner en rond. Un jour, on m’a demandé de chanter des chœurs en français et je me suis habitué à cette langue. Il a tout de même fallu six mois pour réadapter ma voix, mes mélodies… C’est un monde nouveau qui s’est ouvert. Je peux dire plus de choses et plus subtilement.

Votre musique est très intimiste, voire mélancolique. Comme vous?
Oui, je crois. Sans être déprimé, je suis attiré par de la musique mélancolique: Elliott Smith, Radiohead. Je ne suis pas trop du style à taper dans les mains et chanter tous en chœur…

Dans vos titres, vous parlez beaucoup de phénomènes naturels…
Ça fait un peu hippie mais oui! Je parle des aurores, de la neige, des orages parce que l’homme s’inscrit dans ce paysage. Mon père a une passion pour l’astronomie et j’aime ce rapport au monde infiniment grand qui nous renvoie à la question: que fait-on là? Et j’avoue avoir gardé une naïveté d’enfant en m’émerveillant à la première neige!

Le piano de sa grand-mère sur lequel il compose encore

Vous partagez votre vie entre l’enseignement et la musique et dites que cet équilibre vous convient. Ne rêvez-vous donc pas de tournées internationales?
J’enseigne le français et l’anglais au secondaire et j’adore ce métier de partage et de transmission du savoir! La musique a toujours été un hobby, certes
sérieux, mais je ne l’ai jamais envisagée de manière professionnelle. Et franchement, je ne sais pas si ça me plairait d’en faire mon gagne-pain. C’est une vraie question…

Dans dix ans, où vous voyez-vous donc, musicalement parlant?
Le but ultime serait de passer un maximum de temps à créer en studio. Trouver l’arrangement qui convient, réussir la prise… ce sont ces moments qui me rendent le plus heureux! Je ne rêve par contre pas de faire d’énormes tournées et d’être adulé. Je n’y vois pas le côté glamour que beaucoup imaginent!

Sa raquette de tennis, sa deuxième passion

Vous dites être aussi passionné de tennis. Sur le court ou le canapé?
J’aimerais vous dire les deux… J’ai fait beaucoup de tennis jeune puis je suis devenu le fan canapé. Et même plus que ça, je suis les matches la nuit, je connais tous les scores et le classement ATP presque par cœur. Les chiffres du tennis me fascinent, je ne sais pas pourquoi! Et j’adore l’histoire de Wawrinka, d’abord dans l’ombre puis qui explose. Je l’ai d’ailleurs toujours mieux aimé que la superstar Federer. Mais promis, je m’engage à ressortir sur le court avec le printemps…

Et la cuisine, c’est un art qui vous parle?
J’adore cuisiner, même si je ne suis pas un grand chef. J’ai mes plats signatures, comme le steak de thon à la mangue ou le carré d’agneau pané au romarin.

4 dates dans la vie du compositeur

1983 Il naît à Vevey, où il grandit avec son frère. Il a rêvé pendant dix ans de son premier album.

2006 Le 15 septembre, il sort le premier album sous le nom de groupe de Soften, «Juste Like Lonesome Jim».

2009 En août, il déménage à Lausanne, sa «ville de cœur». Il enseigne à Béthusy et compose chez lui.

2016 En mai, vernissage du 4e opus de Soften: «Les heures blanches».

www.soften.ch

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 18.04.2016, 14:15 heure



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