«Ah. Une râpe à fromage!… Très utile. Merci!»

Noël, le grand défi des cadeaux

S’il est difficile d’offrir des cadeaux à Noël, il est encore plus difficile d’en recevoir. Pistes de survie diplomatique en cas de fiasco.

C’est l’une des mises à l’épreuve de Noël: savoir recevoir les cadeaux qu’on nous offre. Même ceux qui ne nous font pas plaisir. Oui, parce que recevoir un cadeau n’est pas forcément agréable. Soit parce qu’il provient d’une personne à qui on n’a pas envie de dire merci, soit parce qu’il nous oblige à trouver «formidable» un présent hideux. Or, on n’a pas tous l’à-propos de Pierre, alias Thierry Lhermitte, dans «Le Père Noël est une ordure»: «Je suis ravi Thérèse, si vous saviez ce que ça tombe bien: je me disais encore hier soir qu’il me manquait quelque chose pour descendre les poubelles.» Bref, pour conserver un sourire propice à une ambiance trêve de Noël, mieux vaut s’entraîner à recevoir. En anticipant les scénarios désagréables.

Recevoir...  
un cadeau hors de prix

Ça fâche, parce que. Celui qui offre un cadeau plus gros que celui qu’il sait qu’il va recevoir, ne se situe plus dans l’échange. C’est une manière de signifier à celui qui reçoit: «De nous deux, c’est moi le plus extraordinaire, le plus fort, le dominant.» L’autre se sentant redevable, il y a donc prise de possession. Désagréable! D’autant plus que celui qui offre le cadeau somptueux passe pour un prince aux yeux de l’assemblée, ce qui met celui qui reçoit dans une situation de faire-valoir.
La bonne réaction. Se concentrer sur le cadeau et l’apprécier: ça n’est pas tous les jours qu’on décroche le jackpot. Si on admet l’idée qu’offrir de gros cadeaux peut aussi traduire un manque de confiance en soi, ou une peur quelconque, alors on trouvera les mots pour dire «merci». Acceptez et pardonnez.

La bonne réaction. Se concentrer sur le cadeau et l’apprécier: ça n’est pas tous les jours qu’on décroche le jackpot. Si on admet l’idée qu’offrir de gros cadeaux peut aussi traduire un manque de confiance en soi, ou une peur quelconque, alors on trouvera les mots pour dire «merci». Acceptez et pardonnez.

Recevoir...
un cadeau utile, type tournevis

Ça fâche, parce que. Un  cadeau devrait se situer du côté du plaisir, et être ce que le destinataire n’oserait pas s’offrir à lui-même. Donner un cadeau utile, c’est donc une manière de signifier à l’autre qu’on ne l’envisage pas dans le plaisir. Pire: qu’on ne lui offre rien de culturel, d’intellectuel ou d’artistique, car on l’a identifié comme quelqu’un de surtout préoccupé par les tâches pratiques et l’intendance domestique. Ce qui est assez méprisant…  
La bonne réaction. Faire comme les enfants avec leurs jouets: essayer tout de suite son cadeau, pour savoir ce qu’il vaut. Préfère-t-on la méthode classique du «merci»? Bien, mais dites merci sans serrer les dents:  ce cadeau traduit peut-être la peur de se tromper, et de décevoir le destinataire. Le cadeau utile manque de panache, mais peut toujours servir.

La bonne réaction. Faire comme les enfants avec leurs jouets: essayer tout de suite son cadeau, pour savoir ce qu’il vaut. Préfère-t-on la méthode classique du «merci»? Bien, mais dites merci sans serrer les dents:  ce cadeau traduit peut-être la peur de se tromper, et de décevoir le destinataire. Le cadeau utile manque de panache, mais peut toujours servir.

Recevoir... un cadeau banal, genre chocolats

Ça fâche, parce que. Un cadeau banal, genre boîte de chocolats ou le dernier prix Goncourt, traduit le manque d’engagement de celui qui offre. Il n’a pas cherché à deviner ce qui ferait plaisir au destinataire; il ne s’est pas arrêté sur ses goûts ni sur ses centres d’intérêt. Le cadeau banal traduit le minimum syndical de la courtoisie d’usage un jour de Noël.

La bonne réaction. Mettre celui qui offre dans l’embarras en accueillant son cadeau banal avec emphase: «Ce sont exactement les chocolats que je rêvais de manger depuis des semaines.» Ou alors traiter le cadeau par le mépris, en s’extasiant sur l’emballage. «Mais quel beau papier! Tu as dû avoir du mal à en trouver un pareil. Et qu’est-ce que tu l’as bien plié…»

Recevoir... 
un cadeau empoisonné

Ça fâche, parce que. Uncadeau empoisonné suscitera des problèmes (de tout ordre) chez la personne qui le reçoit. De plus il ne lui sera d’aucune utilité. Celui qui offre est un égoïste. Il n’a pensé qu’au coup d’éclat qu’il va provoquer en surprenant la galerie avec un cadeau inhabituel, genre poisson rouge ou jeune chat. L’autre n’a qu’à se débrouiller avec!  Il y a un brin de sadisme, pas forcément conscient, là-dedans…

La bonne réaction. Refuser le cadeau en invoquant n’importe quelle excuse. A moins que vous ne préfériez ouvrir les hostilités, en disant franchement à l’autre ce que vous pensez. Rappelez plutôt à la cantonade que cela n’est pas par hasard si «Gift» signifie cadeau en anglais et poison en allemand, histoire d’alléger l’atmosphère. Mais en tous les cas: refusez.

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

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Publication:
lundi 02.12.2013, 15:30 heure

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