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Ruedi Haller observe la faune sauvage dans le Parc national suisse. En arrière-fond, le Piz dal Botsch.
















Nos parcs: une expansion controversée

Nature Trente localités et régions sont aujourd’hui protégées pour préserver la faune et la flore. Mais des voix s’élèvent contre la multiplication des parcs nationaux.

Dans le «parc des parcs», soit le Parc national suisse, en Engadine, Ruedi Haller (50 ans) scrute à la jumelle les crêtes des chaînes montagneuses environnantes. Responsable de la recherche et de la géo-information, il a rejoint le Parc national en tant que jeune étudiant et a aidé notamment à lâcher des gypaètes barbus dans la nature.
L’Argovien vit depuis vingt ans en Engadine. Ce matin-là, il s’est rendu tôt dans la région de Margunet… et ça en valait la peine: de nombreuses étagnes, femelle du bouquetin, paissent avec leurs petits dans les prés. «D’ici, on peut les observer de près, commente-t-il, car elles se sont habituées à la proximité des humains.»

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La Suisse a connu pendant un siècle un unique parc national. Tempi passati. De nos jours, les parcs naturels, les biosphères de l’Unesco et les sites du Patrimoine mondial de l’Unesco poussent comme des champignons. Il est même question de créer deux nouveaux parcs nationaux, le Parc national d’Adula, entre les Grisons et le Tessin, et le Parc national du Locarnese.
Tandis que le Parc national suisse est une réserve strictement protégée où l’homme n’intervient pas, les Parcs naturels régionaux sont exploités et censés promouvoir une économie régionale
durable. La population des communes des parcs s’engage à préserver ce paysage rural et à l’exploiter avec respect.
Et voilà qu’apparaît aujourd’hui une nouvelle catégorie avec les deux projets de parc national (lire plus bas): à Adula, il s’agit d’isoler une zone centrale de 145 km² où la protection de la nature est prioritaire. Elle serait entourée par une zone de ceinture qui doit permettre une exploitation durable. Avec une surface totale de plus de 1000 km², le nouveau parc national serait six fois plus vaste que celui de l’Engadine. Les dix-sept communes concernées aux Grisons et au Tessin voteront en novembre.

Vue sur le Munt Chavagl. Au premier plan: un petit arolle s’est développé sous la protection de bois mort.

Pas d’intervention de l’homme

Les parcs ne sont pas les seuls endroits où l’on peut voir la faune sauvage. Pourquoi faut-il alors des zones protégées? «Parce que nous y offrons de l’espace à la nature pour qu’elle puisse se développer sans être dérangée par l’homme», souligne Ruedi Haller. En effet, la mission du Parc national suisse n’est ni de conserver une région ni de protéger la nature. «Il y a cent ans, à l’époque de la fondation du Parc, cette région était exploitée intensément. On pratiquait l’économie alpestre et utilisait la forêt pour fabriquer du charbon de bois – d’où le nom d’Ofenpass, littéralement col du four.»
La nature est aujourd’hui laissée à sa propre dynamique. C’est pourquoi on ne déblaie pas les éboulis des glissements de terrain. «Ça ne plaît pas aux marmottes. En revanche, des plantes poussent sur ce nouveau sol, qui n’auraient aucune chance de survie ailleurs», explique-t-il.
Les parcs naturels créés ces dix dernières années sont donc essentiels. «La nature n’est pas abandonnée, mais exploitée et soignée», précise Ruedi Haller. Cela crée un espace vital pour d’autres espèces animales, tandis qu’une exploitation durable assure une grande biodiversité, plus grande même qu’au Parc national suisse.

«

Les animaux se sont habitués à la proximité des humains»

Ruedi Haller (50 ans), responsable de la recherche au Parc national suisse

Ruedi Haller (50 ans), responsable de la recherche au Parc national suisse

Ruedi Haller (50 ans), responsable de la recherche au Parc national suisse
Ruedi Haller (50 ans), responsable de la recherche au Parc national suisse

Ce constat est partagé par la pédagogue forestière Marlis Labudde, du Parc naturel du Gantrisch (BE). Depuis 2009, la population de petits rhinolophes, une espèce de chauve-souris, est passée de 200 à plus de 500 animaux adultes. Pour certaines espèces animales jugées dignes de soutien, comme l’hermine, la belette d’Europe, la chouette de Tengmalm, la chevêchette et le nacré de la canneberge, des structures protégeant leur habitat à long terme ont été instaurées. Il n’existe pas encore d’indices fiables attestant l’augmentation de leur population; le Parc naturel du Gantrisch est encore trop jeune pour cela. «Mais cela a motivé beaucoup de bénévoles à s’engager», se réjouit Marlis Labudde.

Des points à éclaircir encore

Les promoteurs du projet du Parc national d’Adula demeurent cependant dans l’expectative. Plusieurs incertitudes demeurent. Les avis divergent à propos de la zone centrale interdite de chasse et d’économie alpestre, où on ne randonne que sur les chemins imposés. Cette restriction s’avère nécessaire, elle constitue même le principe fondateur d’un parc national, selon Ruedi Haller: «Si on n’arrive pas à se mettre d’accord sur le fait d’imposer aux randonneurs de ne se déplacer que sur les chemins prescrits, il faut laisser tomber l’idée d’un parc national.» Or d’après lui, l’expérience montre que ça ne pose aucun problème.  
Parmi les voix critiques qui s’élèvent autour du projet d’Adula, celle du Club alpin suisse, qui gère dans la région la cabane de Terri, ravitaillée par hélicoptère. «Nous craignons que la cabane ne puisse plus être gérée, à l’avenir, dans la zone centrale», s’inquiète Giochen Bearth, qui a présidé la section Piz Terri pendant des années. Mais il s’agit surtout de régler les conditions-cadres. En revanche, il regrette l’obligation de rester sur les chemins de randonnée et estime qu’il ne faudrait pas protéger la zone centrale: «Nous avons un bon équilibre entre la faune et la flore, car notre respect de la nature est immense.»
Directeur du projet de Parc national d’Adula, Martin Hilfiker (47 ans) voit évidemment les choses d’un autre œil.
Il estime qu’on a aujourd’hui l’occasion de créer un deuxième parc national. La zone de ceinture où les activités économiques sont autorisées assure une valeur ajoutée, et contribue au développement de la région», précise-t-il. Le Parc national suisse montre que la protection génère également une plus-value touristique.
Entre-temps, Ruedi Haller s’est arrêté à un point panoramique. Il braque ses jumelles sur les rochers où se reposent deux gypaètes barbus: «Sûrement des descendants des oiseaux que nous avions lâchés.»

Catégories de parcs

Parc national suisse
Le Parc national suisse est une réserve naturelle intégrale qui répond aux normes internationales – dictées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) – les plus strictes en faveur des zones protégées.

Parcs nationaux
Les parcs nationaux possèdent des zones centrales dans lesquelles la nature évolue librement, avec sa propre dynamique. Dans les zones périphériques, les paysages traditionnels sont entretenus et gérés de manière durable. À la différence du Parc national suisse, les nouveaux parcs nationaux favorisent les activités économiques.

Parcs naturels régionaux
Les Parcs naturels régionaux poursuivent deux objectifs: maintenir et mettre en valeur les richesses naturelles et promouvoir le développement économique durable de la région.

Parcs naturels périurbains
À proximité des villes, ces parcs offrent des biotopes intacts à la flore et à la faune. Leur zone périphérique propose des activités de découverte de la nature.

Patrimoine mondial de l’Unesco
Le Patrimoine mondial de l’Unesco place sous la protection de l’humanité entière les objets naturels et culturels ayant une valeur universelle exceptionnelle. La liste comporte à ce jour 1007 objets, répartis dans 161 pays (chiffres d’août 2014). La Suisse compte onze sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Cliquez sur l'image pour télécharger la carte «Parcs et Patrimoine mondial de l’Unesco»

Terroir Coop compte plus de 150 produits provenant de sept parcs naturels dans son assortiment. Les précisions de Roland Frefel, responsable Produits frais chez Coop.

Pour une production régionale de qualité

Roland Frefel, responsable Produits frais chez Coop.

Roland Frefel, responsable Produits frais chez Coop.
Roland Frefel, responsable Produits frais chez Coop.

De quels produits s’agit-il?
Du lait frais d’alpage du Parc naturel du Diemtigtal, de glace fermière de l’Entlebuch, de fruits secs régionaux du Parc du Jura argovien ou encore de produits de boulangerie innovants du Gantrisch, pour n’en citer que quelques-uns.

Pourquoi est-ce que Coop propose de tels produits?
Avec son offre de spécialités provenant de parcs suisses, Coop favorise la production régionale. Nous contribuons ainsi à l’entretien de paysages ruraux uniques, à la promotion d’une agriculture durable et à la préservation de notre patrimoine culinaire.

Ces produits doivent-ils remplir certains critères?
Oui. Tous les articles dotés du label Parcs suisses sont essentiellement produits dans la région
du parc selon des critères de développement durable.

Cet engagement est-il une affaire de cœur pour Coop?
Pas seulement. Soutenir l’économie régionale nous tient aussi à cœur. En vendant des produits des parcs naturels, nous favorisons de petits producteurs qui, grâce à Coop, disposent d’un canal de distribution supplémentaire.

Liste des parcs suisses
L’application mobile „Parcs suisses“
Le Parc national suisse
Coop s’engage pour les parcs suisses

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Liste des biens suisses inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco

http://www.unesco.ch/fr/
http://www.whes.ch/pages/bienvenue/?oid=2034&lang=fr

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Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Yannik Andrea, Bern Tourismus, Raphael Schmid, Unesco, Damian Imhof, Ruedi Homberger, Commission suisse de l’Unesco, RhB/Andrea Badrutt, Jaques Perlel, Regis Colombo, Christof Sonderegger; carte Rich Weber
Publication:
lundi 04.07.2016, 14:30 heure



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