Anthony (3 ans) et Emilie (4 ans) apprennent l’importance de l’entretien d’un hôtel à insectes.

Offrez le gîte aux insectes

Écologie Construire un hôtel à insectes permet de favoriser la biodiversité tout en sensibilisant les générations futures. Rencontre à Gimel (VD) chez un entomologiste engagé.

L’entomologie – l’étude des insectes – n’est pas de premier abord une discipline vers laquelle on se tourne naturellement. Et pourtant! Un moment en compagnie de Serge Fischer, entomologiste au sein de l’Agroscope de Changins, vous ferait presque tomber amoureux de ces petites bêtes souvent injustement considérées. «Tout a commencé au cours de mon apprentissage en horticulture. Ce dada ne m’a jamais plus quitté depuis lors.» À la tête de Pro Natura Vaud depuis l’an dernier, Serge Fischer est un spécialiste incontestable des insectes, et donc de leurs fameux hôtels. Et cela tombe bien puisque c’est précisément un des ateliers proposés par la commune d’Orbe à l’occasion de la Fête de la nature qui se déroulera du 20 au 22 mai à travers toute la Suisse romande.

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Accueillir les abeilles sauvages

Mais alors quelle est l’utilité de ces hôtels à insectes dont on parle tant? «Leur rôle premier est d’accueillir les abeilles sauvages. Ce sont des abeilles solitaires qui, con-trairement aux abeilles domestiques, ne fabriquent pas de miel et ne vivent pas en colonie. Elles sont moins nombreuses mais beaucoup plus efficaces en termes de pollinisation. Ce sont elles qui assurent la majorité de
ce travail dans la nature.»
En tout, 400 espèces d’abeilles sauvages sont recensées en Suisse. D’ailleurs en Valais, dans le coude du Rhône côté Martigny, une centaine d’espèces ne vit qu’à cet endroit. Leur rayon d’action? Deux à trois cents mètres autour de leur lieu d’implantation comme peut l’être un hôtel à insectes, contre plusieurs kilomètres autour d’un rucher pour une abeille domestique.

Anthony et Emilie observent un insecte.

Astuces à connaître

st relativement simple. «Il faut du bois de feuillu comme du hêtre, du châtaignier, du chêne, mais jamais de bois de résineux comme le pin, l’épicéa ou le cèdre. Les abeilles sauvages n’y viennent pas.» Or, celles-ci ont parfois des goûts d’habitats bien différents. «Les coquilles à escargots vides sont très prisées de quelques espèces qui ne vont pas dans le bois; le bambou également rencontre un succès certain, de même que le sable additionné d’un peu de plâtre qui est destiné aux espèces d’abeilles aimant creuser le sol. Chacune a ses particularités. En revanche, il faut toujours veiller à ce qu’il n’y ait un trou que d’un côté. Il ne faut donc pas percer le bois jusqu’au bout et il convient d’obturer un des bouts des bambous.» Mais ces hôtels à insectes accueillent aussi parfois d’autres locataires comme des punaises, des coccinelles ou de minuscules araignées. Sans oublier qu’un hôtel s’entretient. «Les abeilles n’occupent pas les trous qui auraient une fente comme on peut en voir dans les rondins vieillissants, et on peut nettoyer les espaces auparavant occupés et désormais vides afin d’accueillir de nouvelles locataires l’année suivante. Si elles n’ont plus assez de place, elles ne s’installeront pas.» Existe-t-il des risques de piqûres lorsqu’on se dote d’un hôtel à insectes dans son jardin ou sur son balcon? Une question qui amuse toujours Serge Fischer: «Je n’ai jamais été piqué, je vous assure! Les abeilles sauvages sont beaucoup moins agressives que les abeilles domestiques.» Une construction plus ou moins grande selon la place à disposition mais qui permet de responsabiliser les enfants aux cycles de la nature et de ses plus petits occupants.

Fête de la nature: toujours plus d’activités

Bon à savoir

1. Les bambous sont aussi prisés. Il faut toutefois en obturer un bout. Les abeilles solitaires ne s’installent pas dans un tunnel aux deux bouts ouverts.

2. Une simple bûche ou un rondin accroché au mur font aussi de parfaits hôtels à insectes.

3. Certaines abeilles aiment creuser les troncs des tournesols coupés pour créer leur habitat.
À installer comme dans la nature, de préférence de manière verticale.

Du 20 au 22 mai, les Romands sont invités à devenir architectes pour insectes, jardiniers bio, mélomanes parmi les oiseaux, géologues, photographes naturalistes. La découverte de la nature secrète se fera grâce aux 250 activités gratuites proposées par une centaine d’organisateurs issus de tous les cantons romands. Nos voisins alémaniques et tessinois ne seront pas en reste puisque pour la première fois la Fête de la nature s’étend dans toute la Suisse avec 200 sorties nature chez eux.

Programme et inscriptions sur le site Internet: www.fetedelanature.ch

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/248
Toutes les paroles aux actes
Sophie Dürrenmatt
Photo:
Nicolas de neve
Publication:
lundi 18.04.2016, 16:02 heure

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