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Jacques Wullschleger
écrit le 30.05.2018


Olivia Boa, ancienne championne de boxe, créatrice de mode, entre autres

Olivia Boa: "Quand la mode influence votre cerveau". Depuis un certain temps, Olivia Boa, 37 ans, a mis de côté - on n'a pas dit délaissé - le monde de la thérapie (elle avait son propre cabinet et recevait des patients) pour se consacrer à la neurologie "J'ai toujours été passionnée par ce domaine, par tout ce qui a trait au cerveau", dit-elle, et à l'art qu'elle pratique avec un talent aussi fou. "Les couleurs et leurs structures peuvent influencer des zones cérébrales. Elles sont une source d'énergie. La disposition des structures, telle des pixels colorés, permet de fixer le regard de l'observateur sur une couleur très précise et, par extension, sur une onde bien précise, d'où la pixellisation de mon travail."

Olivia Boa inspire, disent ses proches. Elle est solaire. Charmeuse. Cette ancienne championne de boxe brille de mille feux. Elle repousse les limites de la transmission. On l'a rencontrée lors de Montreux Moda, début mai. Elle préparait son défilé de mode. Vive et colorée, à l'image de sa conceptrice.

- Les espaces entre chaque pixel de couleur ont-ils une importance?
"Oui, pour moi, il n'y a pas de doute possible. C'est le vide qui véhicule l'information. Tout le travail en Cinétique Oculaire Boa - elle a déposé cette marque auprès de l'IPI, qui est l'institut fédéral de la propriété intellectuelle à Berne - nous apprend à penser autrement, à changer notre angle de perception."

- Votre activité de créatrice de mode (sportwear et prêt-à-porter) a pris une grande ampleur. Elle véhicule votre travail en Cinétique Oculaire.
"C'est exact. Ça consiste à associer le côté artistique de mes designs au côté plutôt symétrique afin de créer une dynamique oculaire. Chaque vêtement à une influence particulière."

A New York

- On croit savoir qu'on peut trouver une de vos collections prêt-à-porter à New-York. Est-ce vrai?
"Oui, dans une boutique de créateurs (D.O.A) entre Chanel et Balmain, dans le quartier de Soho. Via Instagram, ils ont vu ce que je faisais. Ça les a très intéressés. À New-York, on aime beaucoup. J'ai un atelier de couture à Matran et un showroom (avec la nouvelle collection) au Centre commercial Cormanon à Villars-sur-Glâne."

- Vos tableaux sont constitués de pixels colorés et représentent à la fois des images, des motifs liés à la nature. Ils sont tous très beaux et voyagent (à Dubai notamment, Olivia Boa bénéfice d'une exposition permanente à Palm Jumeirah)
"Un tableau, je le digitalise et il est imprimé sur le tissu. Son contenu, son motif est analysé sous électroencéphalogramme. Le vecteur directionnel de ces pixels, leurs inclinaisons entre autres provoque une synergie et dynamique oculaire. La peinture agit sur nos ondes cérébrales."

Un amour de Soltan

- Vous avez 4 enfants, l'un d'eux, Soltan, 5 ans, est non-voyant (1% de vue)...
"...Il m'inspire dans tout, Soltan, j'ai replongé dans mes bouquins, j'ai potassé les dernières recherches neurologiques afin d'innover et de l'aider. Je continue à peindre à l'aveugle (d'autres tableaux que les pixels) pour m'installer dans sa condition, pour vivre comme lui. Soltan utilise beaucoup le casque. Il est en garderie spécialisée. Tous les enfants qui sont avec lui sont sensibles aux visuels qui représentent le 80% de leur apprentissage. Comme pour un sportif, quel qu'il soit, le visuel est important."

- Le casque?
"Soltan est sujet aux crises d'épilepsie. Quand il en fait une, je lui mets le casque que j'ai conçu pour qu'il écoute un son avec une fréquence différente dans chaque oreille. Le but est de permettre au cerveau de baisser sa fréquence à 7 hertz (onde thêta) qui est celle de la méditation. En entendant la musique, Soltan n'est plus en crise après environ 45 secondes d'écoute. Cela a intéressé du monde. C'est devenu le Projet Boa."

Recherche de fonds

- Toutes ces recherches, les prises de sang, les EEG, entre autres, coûtent chères, non?
"Oui, j'ai besoin de lever des fonds. Je crée tout moi-même dans le cadre de la COB -Cinétique Oculaire Boa- après je mandate des professionnels pour tout ce qui a trait aux analyses. J'ai besoin de valider mes recherches et leurs portées pour le monde scientifique. Et de mettre des chiffres sur les résultats obtenus. Tout cela a un coût."

- Dans vos multiples et diverses activités, on a le sentiment que vous fonctionnez à la passion et que votre énergie vous la puisez de la boxe, école de la vie. On se trompe?
"Vous avez raison, c'est la passion qui me tient, c'est Soltan qui m'encourage et me motive à faire ce que je fais, à entreprendre. Ce n'est pas du travail, c'est un hobby qui me pousse à être aux services des autres. Auparavant j'avais développé tout ça pour les garderies spécialisées."

La boxe est une école

- Y a-t-il des doutes qui reviennent régulièrement chez vous?
(Elle réfléchit) "Je doute très rarement. Je l'anticipe en me donnant les moyens de realiser ce que je dois faire. Je suis une pugnace. Je ne baisse jamais les bras. La boxe m'a appris ça, les gestes parfaits, à me fixer des objectifs et m'y tenir. J'aime par-dessus tout le travail, la rigueur, l'assiduité."

- La boxe a-t-elle changé votre vie?
"Mon regard, surtout et sur tout. Les sportifs de haut niveau sont les mieux placés pour être entrepreneurs. Ils ont la passion des objectifs."

- Avez-vous éprouvé des problèmes quand vous avez passé de l'âge enfant-ado à celui de femme?
"Non, parce que j'ai toujours été très mature. Un jour, ma maman me dit: "Olivia, va ranger ta chambre". Je me rappelle lui avoir répondu: "Maman, c'est ma vie, je fais ce que je veux de ma vie". J'avais 2 ans."

Mannequin jeune

- Et à 16 ans, vous partez à Milan...
"...J'étais dans le mannequinat. J'occupais un appartement. Je gagnais ma vie, tout en suivant mes études par correspondance. Certains mois, mon salaire était plus élevé que celui de mon papa, qui était directeur d'un magasin de la chaîne Carrefour, à Montesson. Il avait gravit tous les échelons. C'était aussi un grand travailleur. Ensuite, il a ouvert des Carrefour à l'étranger, par exemple en Pologne et à Dubai."

- En regardant les gens, vous arrive-t-il de voir ce qui ne vas pas chez eux?
"Vous voulez une réponse officielle ou officieuse?" (Elle sourit)

- Les deux.
"Officiellement, on pourrait dire que je suis mentaliste. Une mimique, la tonalité d'une voix et un geste, par exemple, toutes ces micro-informations me permettent de déceler des choses et bien d'autres."

- Et officieusement?
"J'ai une hyper sensibilité et une capacité analytique de la personne, qui peut me permettre de trouver la problématique. J'ai également une hyper sensibilité aux différentes longueurs d'ondes de la lumière."

-Pourquoi Boa ?
"J'avais 10 ans et je peignais, des natures mortes. J'aurais aimé faire les Beaux-Arts. Dans ma rue habitait un peintre, Yves Armani, il était le mari de ma directrice d'école. Un jour, elle m'a apprit que son mari peignait. M. Armani aimait ce que je faisais. Les mercredi et samedi après-midi je me rendais dans son atelier. Il m'a donné toutes les bases de la peinture: fusain, aquarelle, huile et pastel."

Retour à la peinture

- En 2011, vous vous êtes remis à peindre...
"...Oui, j'ai dû arrêter brutalement la boxe après une double fracture de la mâchoire lors d'un championnat du monde contre Anne-Sophie Mathys (à 4 reprises, elle a été championne du monde des super-légers). Cet arrêt brutal a créé un grand vide dans ma vie qui a été comblé rapidement par mon autre passion: la peinture.

- Vos vêtements portent la marque 2B.
"2B comme Boudouma et Belkacem (Boudouma est son nom de jeune fille et son mari est Mohamed Belkacem, dit Momo, ancien boxeur). 2B veut dire aussi To be, "être" en français."

- Vous voyagez beaucoup, qu'en pense votre mari?
"C'est vrai, je voyage pas mal. J'ai un mari en or. C'est grâce à lui et à son soutien que je peux entreprendre tout ce que je fais. On communique en permanence. Il est éducateur sportif au Training Center à Fribourg. Là, je boxe le mercredi avec les gars, je fais du sparring. Je boxe avec Momo, ou plutôt contre Momo. Pour mon bien-être, garder la forme, j'ai besoin de cette activité. La boxe reste une passion."

- Vous avez aussi créé des gants de boxe, les gants Boa.
"Ce sont des gants avec une mousse particulière, qui protège les articulations du boxeur. Ils protègent aussi les sparring-partners lors des entraînements. Les coups sont toujours aussi forts mais leur impact les absorbe, porte moins à conséquence. Ils sont déjà en vente, je suis en plein marketing."

-La composition de ces gants?
"L'intérieur est en similicuir, l'extérieur en tissu avec un traitement ante-bactérien et la mousse, c'est du Néoprène renforcé technologie spéciale "Protect"."

- Il y a également les shoes Boa, de toutes les couleurs, comme l'oiseau.
"Ces souliers activent la circulation sanguine. Ils renouent le contact de nos pieds avec le sol. Quand on déroule correctement nos pieds, la circulation sanguine est stimulée. C'est l'équivalent de marcher pieds nus, mais en ville."

- Vous êtes hyper active et performante. Votre cerveau fourmille d'idées. Il est en ébullition. Dormez-vous bien?
(Elle rit) "Quand je ne fais rien, mon cerveau est en très basses fréquences. Quand je suis en activité, j'atteins des fréquences très hautes d'ondes gamma. En basses fréquences la récupération est rapide. Quand je suis dans cet état-là je n'ai pas forcément besoin de beaucoup dormir. Mais j'avoue que vivre ça, c'est rare."

Les sites à consulter: Olivia Boa. Boacreation.co. 2bbyboa.com. Projetboa.com et oliviaboapainting.com

Palmarès

Olivia Boa est née le 28 avril 1981 à Sartrouville (France)
Ancienne championne de boxe.
A été mannequin. A suivi aussi une école de journalisme en France.
A été à deux reprises championne de France de full-contact.
Boxeuse en Suisse (poids welters), elle était licenciée aux Boxing Kings de Berne.
Chez les pros: 9 combats (8 gagnés dont un par KO) et un perdu.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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