Le transport des tigres de Sibérie 
est très délicat et nécessite des mois de préparation.

On a échangé nos zoos

Protection Les zoos d’Europe participent à divers programmes de préservation d’espèces animales en danger, grâce à une base de données. Les transferts exigent une logistique très précise.

Quand Oural est arrivé à Servion, il y a dix ans, il a fallu confectionner une cage tout exprès pour son transport. Pour faire venir le tigre de Sibérie de 300 kilos du parc zoologique français de Jurques (Normandie), «la caisse devait être suffisamment grande pour qu’il se sente à l’aise durant le transport et suffisamment solide pour assurer sa sécurité et celle de l’équipe tout au long du trajet», raconte Roland Bulliard, directeur du zoo. De toute sa carrière, ce fut l’animal le plus compliqué que le zoo ait jamais dû transporter.
Comme Oural, des dizaines d’animaux font ainsi leurs valises et changent de domicile, définitivement ou en villégiature, le temps de reproduire l’espèce, en Europe et à travers le monde.
L’an dernier, un loup arctique a pris ses quartiers à Servion, alors que des singes des races tamarins de Goeldi et tamarins pinchés ainsi que des servals (petits félins) ont été placés ailleurs.

Conjoint et animal de compagnie

«Le transfert d’animaux permet d’assurer la reproduction de certaines espèces qui sont en voie de disparition, tout en évitant une consanguinité qui pourrait leur nuire», explique le spécialiste vaudois. Mais comme dans les relations humaines, il n’y a pas que les galipettes dans un couple: «Il est important d’éviter qu’un animal ne se retrouve seul dans son enclos suite au décès de son congénère par exemple. Notre mission consiste à veiller au bien-être de nos pensionnaires.»
Il y a deux filières pour échanger des animaux: les programmes de préservation d’espèces menacées, dans lesquels un coordinateur décide, sur la base d’arbres généalogiques, qui peut s’accoupler avec qui (lire plus bas). D’autre part, les zoos ont constitué une immense base de données parallèle sur laquelle ils peuvent inscrire les animaux qu’ils souhaitent placer ou acquérir. «Ils décident entre eux des détails du transfert. Les frais de transport seront à la charge du parc qui va accueillir la nouvelle recrue», précise Roland Bulliard.

Par camion ou par avion

Chaque transport est une aventure qui nécessite des précautions particulières. La préparation peut durer plusieurs mois; le temps de rassembler tous les documents nécessaires, soit, entre autres, un permis d’exportation, un «visa» et un certificat sanitaire. Mais aussi une facture: «Même si l’animal n’a pas de valeur marchande, le transfert constitue tout de même une transaction financière. La TVA doit donc être payée par le zoo d’accueil sur la base d’un montant fictif.» Le directeur s’occupe personnellement de la préparation des documents nécessaires et accompagne dans la mesure du possible le convoi avec un autre membre de l’équipe.
L’itinéraire et le temps de trajet doivent être annoncés au vétérinaire de contrôle à la douane, dans un plan de route détaillé. «L’animal doit être contrôlé au moins toutes les huit heures.» Quand le transport par la route s’avère impossible, il faut passer par les airs. Mais «seules quelques compagnies aériennes acceptent de tels transferts», ce qui complique la tâche, car il faut trouver un vol sans escale afin que le trajet soit le plus rapide possible.
«Dans les deux cas, l’animal est placé dans une caisse adaptée. Il a en permanence de l’eau à disposition, mais n’est pas systématiquement nourri pendant le transport. Le vétérinaire connaissant l’animal et ses réactions estimera la nécessité de lui donner un calmant.»

Coordination pour la sauvegarde

Depuis 1992, l’Association européenne des zoos et aquariums gère plusieurs programmes pour les espèces animales sauvages nécessitant une protection. Forte aujourd’hui de 370 membres dans 44 pays d’Europe et du Moyen-Orient, elle référence les animaux dans une base de données et veille à ce que les échanges entre zoos se déroulent sans risque de consanguinité, afin de reproduire et sauvegarder les espèces. «Nous devons obligatoirement passer par le coordinateur de l’espèce en question et ne pouvons pas contrevenir à sa décision. Tout est fait afin qu’une fois le couple formé, l’un des deux individus n’ait pas à être déplacé à nouveau», indique Roland Bulliard, directeur du zoo de Servion, qui a rejoint le programme en 1994.

www.zoo-servion.ch

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Mélanie Haab

Rédactrice

Photo:
Keystone
Publication:
lundi 04.09.2017, 13:10 heure



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