Frank Siffert et 
Annie Ryter s’amusent avec Rita, un de leurs cochons laineux 
hirondelles. «Une race qui est restée 
semi-sauvage.»

Où cultures et nature vivent en harmonie

De mai à octobre, des fermes bio ouvrent leurs portes au public. En Suisse romande, 
le domaine de La Coudre, à Bonvillars (VD), accueille ceux qui veulent en savoir plus sur l’agriculture durable.

Visiter le domaine agricole de la fondation La Coudre, à Bonvillars (VD), c’est entrer dans un autre monde. Situé à 630 m d’altitude, caché derrière la réserve naturelle de La Chassagne, ce lieu un peu hors du temps offre encore suffisamment d’espace pour les animaux sauvages de la région.
Dans cet écrin de verdure, entre prairies et forêts, Frank Siffert et Annie Ryter exploitent 1 hectare (ha) de verger haute tige, 1,5 ha de cultures de plantes médicinales, 3,5 ha de prairies extensives, 4 ha de grandes cultures (céréales, tournesol, moutarde, pois) et 1 ha de forêts. Le tout en mode bio. Biodynamique même!

«

Le compost est très important en biodynamie»

Le domaine de La Coudre, – certifié Pro Specie Rara depuis 2009, Bourgeon bio depuis 2010 et Demeter (biodynamie) depuis 2011 – pourrait servir de modèle à qui voudrait savoir comment fonctionne une ferme bio. C’est le cas jusqu’à mi-octobre. Dans le cadre de la campagne nationale Bon pour tous, organisée par Bio Suisse, des fermes bio certifiées Bourgeon ouvrent leurs portes aux familles et à toute personne intéressée par l’agriculture durable.
En Suisse romande, c’est la ferme de La Coudre qui a été sélectionnée. Les visiteurs y découvriront tout d’abord une région à la topographie variée. Car, à l’instar des autres communes riveraines du Nord vaudois, celle de Bonvillars s’étend de la rive nord du lac de Neuchâtel aux alpages du Petit Serrolliet, qui culmine à 1267 m. «Un exemple très intéressant de verticalité, qui rappelle notre passé semi-nomade, quand il fallait se dé-placer au rythme des saisons pour assurer sa sub-sistance», relève Frank Siffert.
Avec sa compagne Annie Ryter, ils ont mis sur pied un parcours didactique qui part de la vigne, cultivée en biodynamie. «Ce mode de culture préserve une flore et une faune riches et variées aux pieds des ceps», souligne l’agriculteur.
Après la traversée des grandes forêts, où Frank Siffert et sa chienne Lulu vont dénicher les truffes sauvages, le parcours mène au compost, «très important en biodynamie». A proximité, les visiteurs pourront découvrir des plates-bandes de légumes anciens et de plantes médicinales. «Quand il y a suffisamment de légumes, nous en cultivons une partie pour leurs semences que nous retournons à la fondation Pro Specie Rara.»
Le verger haute tige est un des points forts de la visite. Constitué de 106 arbres fruitiers, pratiquement tous des variétés anciennes, il sert de refuge à une multitude d’oiseaux. «Nous y avons installé quinze nichoirs», indique l’agriculteur.
Le couple de fermiers élève aussi des cochons laineux hirondelles, des poules appenzelloises barbues et des moutons d’Engadine. «Le cochon laineux est un des premiers animaux domestiqués par l’homme, explique Frank Siffert. Il est resté semi-sauvage, ce qui rend son patrimoine génétique d’autant plus intéressant.»

Dates des visites sur: www.bio-suisse.ch

Toujours plus de fermes bio en Suisse

Dès la fin des années 1980, Coop intègre dans son assortiment le premier yogourt de production biologique. En 1993, elle lance la marque bio Naturaplan, avec des produits arborant le Bourgeon de Bio Suisse (voir ci-dessous). Actuellement, la gamme bio de Coop comprend plus de 1700 articles et s’étoffe continuellement.
La marque Coop Naturaplan a fêté ses 20 ans en 2013. Pour marquer le coup, Coop a lancé une version bio de certains «grands classiques» grâce à une collaboration avec de grandes marques alimentaires suisses comme Zweifel, Feldschlösschen ou Ricola.
Depuis le lancement de la marque Coop Naturaplan, le nombre des exploitations bio a fortement augmenté en Suisse: si l’on comptait 1405 exploitations en 1993, plus de 5800 producteurs travaillent aujourd’hui dans le respect des directives du label Bourgeon. A ce nombre s’ajoutent environ 850 transformateurs. Le chiffre d’affaires du marché des produits bio croît en permanence.

www.naturaplan.ch

Le Bourgeon: le label de qualité de Bio Suisse

Quelque 5800 agriculteurs (chiffres 2013), exploitant environ 11% de la surface agricole suisse, appliquent les directives strictes de Bio Suisse. Chaque année, un service de contrôle indépendant vérifie le respect de ces directives, qui dépassent largement les exigences légales minimales pour les produits bio.
Les denrées arborant le Bourgeon proviennent toutes de fermes entièrement vouées à la production biologique.
Le transport par voie aérienne et l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sont interdits, tout comme les produits chimiques de synthèse et les engrais artificiels. Enfin, l’utilisation d’additifs est nettement inférieure à ce qu’autorise la loi pour les produits biologiques. Toutes ces exigences font du Bourgeon le label bio le plus scrupuleux au monde.

www.bio-suisse.ch

Jean Pinesi

Rédacteur

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Photo:
Charly Rappo / Arkive.ch
Publication:
lundi 19.05.2014, 08:00 heure