Lorsque ses parents sont de sortie, Paul (5 ans et demi) retrouve sa baby-sitter N’Della Diouf (23 ans).

Parents cherchent baby-sitter modèle

Garde d’enfants Le premier emploi de nombreux jeunes, c’est le baby-sitting. Des cours les préparent à cette responsabilité, ce qui rassure les parents.

Trente ans que Renaud a sorti la chanson «Baby-sitting blues», dans laquelle une étudiante garde «la gamine»: Si la p’tite elle fait la foire – tu lui racontes une histoire – si elle a soif tu la fais boire mais pas trop… Aujourd’hui, les étudiants continuent de s’occuper d’enfants, le baby-sitting étant le premier emploi de nombreux jeunes. Mais ils sont devenus, en même temps que les parents et la société, plus soucieux. Ils se posent davantage de questions. Des formations sont apparues, telles que celle que propose la Croix-Rouge suisse et ses sections cantonales aux adolescents, dix heures durant. Fini le changement de couche improvisé ou le biberon mal préparé!
Ils sont 340 (des filles à plus de 90%, mais les garçons sont en augmentation) à avoir suivi ce cours à la Croix-Rouge genevoise l’an dernier. «Cette formation, qui mêle théorie et pratique, est très demandée. Elle permet aux jeunes dès 14 ans de chercher des missions par leurs propres moyens ou, dès 16 ans, de passer un entretien pour figurer sur nos listes de baby-sitters responsables, qui sont destinées à nos membres», explique Laurence Corpataux, responsable des formations liées à la santé à la Croix-Rouge genevoise. Compétences indispensables pour y figurer: faire preuve de responsabilité, mais aussi de créativité, afin d’occuper les enfants autrement que devant un écran.

Séverine Rey confie son fils à sa baby-sitter.

Maturité et présence d’esprit

N’Della Diouf (23 ans) fait partie des baby-sitters recommandés par la Croix-Rouge genevoise. Ce jeudi soir, elle retrouve Paul (5 ans et demi) et sa sœur Edith (2 ans et demi) chez eux. La jeune femme s’en occupe de temps à autre en soirée depuis un an, lorsque les parents sont de sortie.
«Il faut évoluer avec les enfants. Faire du baby-sitting donne une idée de ce que représente le rôle de parent», témoigne l’étudiante, future technicienne en radiologie médicale. La Genevoise considère que son travail est agréable: «Il faut que ça reste un plaisir, le contact se noue ainsi plus facilement. Parfois, on a l’impression de presque faire partie de la famille: c’est motivant et gratifiant.»
Séverine Rey, la mère de Paul et Edith, est ravie de sa baby-sitter: «Je voulais trouver quelqu’un qui ait de la maturité et de la présence d’esprit en cas de difficultés avec les enfants. Le fait que N’Della ait suivi une formation et soit adulte m’a rassurée», raconte cette fonctionnaire de l’ONU, qui apprécie de pouvoir compter sur une seule et même personne de confiance. Elle n’aurait pas confié son fils et sa fille à un adolescent de 15 ans: «Même si le risque zéro n’existe pas, nous essayons en tant que parents de limiter les risques au maximum, avec nos critères, forcément arbitraires.»
Zoé Hattenberger (21 ans), souhaite devenir enseignante de rythmique. La Genevoise adore les enfants: «Ils sont marrants et vrais.»

Zoé Hattenberger (21 ans) se consacre à ses études la semaine et au baby-sitting le week-end.

Un apprentissage de la vie

Inscrite elle aussi sur les listes de baby-sitters compétents de la Croix-Rouge genevoise, elle se souvient encore de sa première mission: «C’était hyper le stress: je ne connaissais ni les parents ni les enfants. On n’oublie jamais ses débuts dans le baby-sitting!» Tout s’était bien passé. Depuis, cette étudiante et musicienne poursuit cette activité avec satisfaction: «Voir les enfants grandir, c’est juste incroyable.»
Aux baby-sitters débutants, elle recommande de rencontrer les familles avant de s’engager, afin de voir comment parents et enfants se comportent. Laurence Corpataux corrobore ce conseil: «C’est essentiel. Et lors d’un premier mandat, il faut s’assurer que les parents aient au minimum une demi-heure à disposition pour expliquer au baby-sitter où se trouvent les couches, la nourriture ou encore les clés de l’appartement. Il faut aussi s’entretenir des rituels de coucher des enfants.» Zoé adore garder les bébés et les enfants en bas âge: «Ils ne connaissent pas encore la violence de notre société et c’est réjouissant. J’essaie de les en protéger.»
Aux yeux de Laurence Corpataux, le baby-sitting est un apprentissage de la vie et des responsabilités. Parmi elles, un défi de taille: parvenir petit à petit à poser un cadre à un enfant qui va tout faire pour y échapper!

Préférer la lecture aux dessins animés: une attitude que la Croix-Rouge genevoise encourage auprès de ses baby-sitters.

Les conseils de la Croix-Rouge suisse

  • Avant de l’engager, invitez la baby-sitter à une première rencontre afin de lui présenter votre famille. Posez-lui des questions, observez son comportement avec votre enfant et la réaction de celui-ci, faites-lui visiter la maison.
  • Expliquez-lui déjà ce que vous attendez d’elle et quelles seront ces tâches. Discutez du tarif.
  • Ensuite, laissez parler votre instinct….
  • Le jour de la garde, préparez votre enfant à la venue de la baby-sitter.
  • Faites venir la baby-sitter assez tôt et prenez congé de votre enfant sans vous précipiter. Ne partez pas à la dérobade, même si vous craignez que l’enfant ne manifeste sa tristesse.
  • La première fois, restez à proximité du domicile pour pouvoir revenir rapidement.

Conseils aux parents

  • Choisir un baby-sitter formé et préparer l’enfant à sa venue.
  • Confier son bébé seulement s’il a plus de 3 mois.
  • Donner des informations précises sur les habitudes et les problèmes éventuels de ses enfants (allergies, comportement…)
  • Formuler des consignes sur l’alimentation et les horaires, ainsi que sur l’usage de la télévision, de l’ordinateur ou de la tablette.
  • Si l’enfant n’a pas droit à telle sucrerie, tel jeu ou telle lecture, le signaler clairement.
  • Toujours laisser un numéro de téléphone et rester atteignable.
  • S’assurer que le baby-sitter ou ses parents ont une assurance RC et s’informer sur les assurances sociales et accidents (à la charge de l’employeur dès les 17 ans du baby-sitter).

«Consignes claires nécessaires» 

Laurence Corpataux (53 ans) Responsable des formations liées à la santé à la Croix-Rouge genevoise.

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Qu’est-ce qu’un bon baby-sitter?
Quelqu’un qui est responsable du début à la fin de son mandat. Il doit être ponctuel et respecter les consignes données par les parents.

Les parents ont donc aussi des responsabilités…
Oui, à eux de poser des consignes claires, de donner suffisamment d’informations sur les habitudes, les besoins spécifiques ou les problèmes des enfants et bien sûr de laisser un numéro de téléphone en cas d’urgence.

Comment le jeune doit-il réagir en cas d’urgence?
Nos formatrices, infirmières ou éducatrices de la petite enfance, apprennent en premier lieu aux baby-sitters à composer le 144 pour qu’on les aide à gérer une situation qui les dépasse, puis à appeler les parents.

Confie-t-on un enfant malade à un jeune?
Non, on cherche une autre solution, comme notre service de garde à domicile Chaperon Rouge. C’est trop de responsabilités pour un jeune baby-sitter de s’occuper d’un enfant malade.

Comment choisir son baby-sitter?
Je recommande aux parents de rencontrer la personne pour discuter ensemble. Le contact est important pour que naisse une confiance mutuelle ou non.

Combien de temps conseillez-vous pour un premier mandat?
Pas plus de cinq heures.

Qu’en est-il de la rétribution?
Il faut se mettre tout de suite d’accord sur le tarif. À la Croix-Rouge genevoise, nous proposons 15 fr. de l’heure pour un enfant et 2 fr. de plus par heure par enfant supplémentaire. S’il y a plus de trois enfants à garder, nous conseillons d’avoir recours à deux baby-sitters. C’est trop compliqué à gérer pour un seul jeune.

Que faire si ça se passe mal?
Le dire au baby-sitter, de manière non violente bien sûr, et essayer de comprendre ce qui n’a pas marché et pourquoi. Il faut communiquer pour laisser le baby-sitter s’expliquer.

La question de la semaine

Le service de garde d'enfants à domicile proposé par la Croix-Rouge suisse lorsque les enfants sont malades ou que les parents vont mal

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno, SP
Publication:
lundi 02.02.2015, 15:40 heure



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