Duja dans le parc du château de Bulle avant de se rendre au Salon du livre romand.

Patrick Dujany: «Montrer le côté obscur de la farce»

Rencontre Le verbe énergique et sans concession, Patrick Dujany, l’homme de radio, sort un roman multiple, «Les Écorcheresses». Spontané et jouissif.

Autodidacte, dévoreur de livres, homme de radio, chanteur de rock, gastronome et écrivain. Oui, définir Duja, c’est coton. Il jongle de nos jours entre l’émission Bille en tête sur La Première (9 h 30–10 h), les micro-trottoirs de 26 minutes sur RTS et sa chronique Paire de Baffles sur Couleur3. Attablé dans un restaurant bullois, cet éternel curieux évoque son périple littéraire, ses passions et son monde. Jamais avare de bons mots et de trouvailles linguistiques, l’auteur décoche non pas un mais des petits romans qui se succèdent sur plus de 400 pages. Spontané, délirant, comique, sérieux, vrai, rêvé, fantasmé. Entre souvenirs, fictions, sciences-fictions et «égofictions».

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Tout le monde vous dit Duja ou certains vous appellent Patrick?
Il n’y a que ma mère qui me dit Patrick. Et encore, c’est quand elle est de mauvaise humeur!

Écrire un livre, était-ce un rêve?
J’ai toujours beaucoup écrit. Que ce soit pour la radio ou à titre personnel. Ou encore pour des chansons. Après, il me manquait l’aboutissement. C’est-à-dire pouvoir publier et travailler sur une portion de temps. Développer des idées, des moments, des flashs, des polaroïds de ma vie. Qu’ils soient réels ou pas. Et ça s’est étalé sur quatre ans.

Et qui vous a donné le goût de l’écriture?
C’est la lecture. J’étais un enfant assez solitaire. Je lisais déjà beaucoup à 7-8 ans. Mon père était aussi un gros dévoreur de polars. J’ai toujours vu des bouquins traîner un peu partout à la maison.

Vous citez une phrase de Mark Twain: «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.» Comment vous inspire-t-elle?
On n’est parfois pas conscient des possibilités que l’on a en soi. C’est l’idée de se transcender. Je n’étais pas spécialement convaincu d’aller au bout de cette histoire-là. Les complexes d’infériorité sont légion dans ce petit monde.
On rêve d’être lu et, en même temps, on a peur de se montrer et de se mettre à nu. Il y a aussi cette partie-là dans la littérature que j’aime: des auteurs qui se mettent à nu, qui n’ont pas peur de montrer le côté obscur de la farce!

Ses bracelets de super-héros

Vous parlez au lecteur comme à un confident, sans ambages. Et vous semblez être le roi du néologisme…
Non… mais j’aime créer des mots. D’ailleurs, j’en ai un pour food truck (ndlr: camion à nourriture), c’est camiam. Si j’apprécie l’anglais dans le rock, pour ce qui est du langage parlé ou de l’écriture, j’aime le français. Les anglicismes, c’est pour faire branché et ça va un peu dans l’autre sens. C’est presque plus tendouille ou branchouille d’utiliser des mots français que tu inventes. C’est la langue qui parle!

D’où vient le titre de votre livre «Les Écorcheresses»?
C’est une localité à 4 km de Moutier. Je cherchais un titre et ce nom m’a parlé, parce que c’est beau, c’est poétique. Cela me faisait penser aux déesses de
l’écorchure. Il y a un petit côté mythologique. Et là, c’est aussi autobiographique, car c’est une région que j’ai fréquentée quand j’étais enfant. Pendant nos fabuleuses courses d’école, par exemple!

Son porte-bonheur offert par Umberto Maggioni

Vous êtes un athlète des mots, mais l’êtes-vous aussi des muscles?
Je fais du sport hygiénique dans des salles. Une fois que je suis au fitness, je sais pourquoi j’y suis. En même temps, je peux lire, traiter mes mails sur mon téléphone. J’adore aussi le sauna et le thermalisme en général.

Et les balades? Aimez-vous vous aérer l’esprit?
Oui. Aux Franches-Montagnes. C’est un endroit particulier qui me parle beaucoup. Je m’y sens bien. Ce haut plateau avec les sapins, les chevaux et tout. Ces petits sentiers dans la forêt. Le sapin président. Le sapin magique qui trône au milieu des Franches-Montagnes.

Dans l’émission «Bille en tête», vous parcourez la Romandie avec l’historien gastronome Philippe Ligron. Quels sont vos plats préférés?
Le groin de porc à la crème. Une délicieuse spécialité jurassienne assez hallucinante! J’adore aussi la cuisine asiatique. Mais sincèrement, j’aime tout, je suis curieux de tout.

Le passionné que vous êtes a-t-il une philosophie de vie?
Je ne me tiens à aucun précepte. On ne pense pas forcément la même chose chaque jour et je m’octroie la liberté de pouvoir être différent. J’ai essayé à une époque de me confiner dans certains objectifs de vie, de disciplines ou de gestion de mon existence, et ça a plus ou moins échoué à chaque fois. Si je dis la liberté, c’est vague. Mais la liberté, c’est accepter d’être différent et de se contredire!

4 dates dans la verve d’un jouteur de mots

1972 Naît à Montreux, grandit à Moutier (BE). Échec au gymnase: «On s’en remet!»

1990 Chante dans le groupe de hard rock Defender. Depuis 1998, il officie dans le trio d’électro-rock MXD.

1996 Débute à Couleur3. Faits d’arme: micro-trottoirs désinvoltes et émission sur le métal «Krakoukass».

2015 «Les Écorcheresses», publié aux Éditions Hélice Hélas. Lectures publiques les 3, 11 et 28 décembre.

  • jeudi 3 décembre, Librairie Point Virgule à Moutier, en dédicace à 16h. 
  • vendredi 11 décembre en lecture performance avec Soja au Jardin Cosmique à Fenalet, à partir de 21h
  • lundi 28 décembre avec Ruletka au E-gloo bar à Vernamiège, à partir de 21h. 

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Alain Wey

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo
Publication:
lundi 30.11.2015, 14:45 heure



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