L’entraîneur des gardiens de l’équipe nationale, Patrick Foletti, au stade swissporarena de Lucerne: «En ce qui concerne les gardiens, la Suisse a toujours fait les bons choix, à part  quelques exceptions.»

«On devrait être fiers de la Nati»

Patrick Foletti est 
entraîneur des gardiens de l’équipe de Suisse. A la veille des matches contre l’Albanie et la Slovénie, en qualification pour la Coupe du monde 2014, il évoque l’équipe nationale et ses chances.

Coopération. La Suisse n’a besoin que d’un seul point pour se qualifier pour la Coupe du monde 2014 au Brésil. Peut-on déjà mettre le champagne au frais?
Patrick Foletti. Il ne faut pas crier victoire trop tôt. Après une belle prestation en Norvège, notre équipe a fait un grand pas en avant en termes de caractère. Mais le match nul 4 à 4 contre l’Islande nous a rappelé qu’il fallait rester concentrés jusqu’à la dernière seconde contre n’importe quel adversaire. Voilà pourquoi je suis certain qu’aucun d’entre nous ne se voit d’ores et déjà au Brésil.

Certains ironisent sur votre groupe de qualification, définissant vos adversaires comme peu compétitifs. Qu’en pensez-vous?
Si l’on considère l’histoire de chacune de ces équipes, notre groupe de qualification n’est pas redoutable. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne s’agit pas d’équipes de qualité. Le niveau général du football international est en train d’augmenter. Les lanternes rouges, ça n’existe plus!

Selon la presse, la «Suisse» d’Ottmar Hitzfeld est peu spectaculaire. Etes-vous d’accord avec cette affirmation?
C’est rageant d’entendre ce genre de choses. En Suisse, on voit toujours le verre à moitié vide. C’est un problème de mentalité. On demande des résultats, on veut voir du spectacle… On ne se rend pas compte que la Suisse est un petit pays qui participe depuis plusieurs années aux plus grandes compétitions internationales de football. On devrait être fiers de notre équipe, au lieu de la critiquer.

En tout cas, il y a a priori des problèmes en attaque. Le retour de Marco Streller ne serait-il pas souhaitable, compte tenu de ses excellentes prestations en Coupe d’Europe avec le FC Bâle?
Streller n’accepterait jamais une telle proposition. Il a fait son choix. De toute façon, je ne pense pas que notre équipe soit si faible en attaque. Si nous n’avons pas de véritable buteur, nous avons des défenseurs et des milieux de terrain qui marquent des buts. Et le fait de ne pas dépendre des buts d’une seule personne peut également être un avantage.
De plus, l’un de nos attaquants dispose d’un fort potentiel inexploité qui va se concrétiser un jour ou l’autre: il s’agit d’Eren Derdiyok. Quand il prendra conscience de son talent, il pourra faire la différence.

Parlons maintenant desgardiens de but. Après quelques années difficiles, le poste est dorénavant bien occupé. Des années difficiles?
En ce qui concerne les gardiens de but, la Suisse a toujours fait les bons choix, à l’exception de certaines périodes. Vous voyez, c’est toujours la même histoire du verre à moitié vide. Quoi qu’il en soit, Diego Benaglio a du talent, mais il est souvent sous-estimé. En Allemagne, où il joue comme titulaire depuis longtemps, il jouit d’une grande estime. Et puis, on a du répondant avec Yann Sommer et Roman Bürki, qui représentent deux alternatives sérieuses.

«

L’un de nos attaquants dispose d’un potentiel inexploité qui se concrétisera»

On entend souvent dire qu’il est plus difficile de s’identifier à cette équipe de Suisse, qui compte de nombreux joueurs naturalisés. Qu’en pensez-vous?
Je n’aime pas ce genre de polémiques. Pour jouer en équipe de Suisse, deux conditions doivent être réunies: avoir le passeport suisse et compter parmi les 23 meilleurs joueurs suisses du moment. De plus, il ne faut pas oublier que ces enfants nés de parents immigrés ont énormément apporté à notre football. Ce serait ingrat de le nier.

Quels sont les points forts des joueurs naturalisés?
En général, ils sont plus motivés car ils voient le sport comme un moyen de s’élever socialement. A la différence des Suisses d’origine, ils sont plus disposés à s’investir dans le foot. Quand j’ai annoncé à ma famille que j’allais abandonner mes études pour devenir footballeur professionnel, mes parents étaient déconcertés. C’est un facteur culturel: chez nous, l’école occupe la première place. Dans les Balkans, par exemple, le sport est prioritaire. En Suisse, on est en train d’intégrer cette mentalité grâce aux naturalisés, mais le chemin est encore long.

Beaucoup de joueurs de l’équipe de Suisse ne chantent pas l’hymne national. Pourquoi?
Nos joueurs ne sont pas les seuls à ne pas chanter l’hymne. Les spectateurs sont les premiers à passer outre: seules 3000 personnes chantent notre hymne sur les 30 000 spectateurs qui remplissent les stades. Même les Suisses d’origine ne connaissent pas l’hymne national. Nous sommes trop peu fiers d’être Suisses. Nous sommes plus froids et moins émotifs à ce sujet que d’autres nations.

Si la Suisse se qualifie, qui aimeriez-vous affronter lors de la Coupe du monde?
L’Angleterre, sans aucun doute, car ma mère est Anglaise. J’aimerais également affronter le Japon. Et finalement, le Brésil: pour le battre à nouveau!

Patrick Foletti


Spécialiste des gardiens

Naissance. Le 27 mai 1974 à Mendrisio (TI) .

Parcours. Ancien gardien professionnel et actuel entraîneur des gardiens de l’équipe de Suisse, Patrick Foletti vit à Meggen, dans le canton de Lucerne. Divorcé, il est père d’un enfant de 6 ans.

Carrière sportive. Après avoir joué au FC Mendrisio, en 1re ligue, il évolue en Super League, trois ans à Grasshoppers, deux ans au FC Schaffhouse et trois ans au FC Lucerne. Après une demi-saison au club de Derby County, en Premier League anglaise, il rentre en Suisse où il termine sa carrière professionnelle sous les couleurs du SC Kriens, en Challenge League. Champion de Suisse en 1996 et 1997, il a également disputé trois matches en Ligue des Champions.

Coaching. Depuis deux ans, il est entraîneur des gardiensde l’équipe nationale suisse et collabore à la formation des gardiens de but à différents niveaux. Il a en outre créé une école de gardiens de but à Lucerne.

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Nicola Mancini

Rédacteur

Photo:
Nicola Demaldi
Publication:
lundi 07.10.2013, 22:00 heure

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