Erwin Fischer et sa fille Claudia, pêcheurs sur le lac de Constance, reviennent au port. La prise a été bonne: de quoi faire 29 kilos de filets.

Pêcheurs de père en fille

Lac de Constance: avec du savoir-faire et un peu de chance, les filets se remplissent de corégones.

Le lac semble encore endormi. Perdue sur la vaste étendue d’eau, une petite lumière marque la présence d’une barque de pêcheurs. Un bateau s’en approche, tous feux éteints. Il ralentit. «Zellweger!», annonce une voix. «Pêcheur!», répond une autre. «Quand avez-vous commencé?» – «Juste maintenant!»  «Bonne pêche alors!», souhaite ledit Zellweger, remettant les gaz avant de virer et de s’éloigner. Il est 4 h 38, et l’aube de juillet blanchit le lac de Constance. Zellweger est garde-pêche. Erwin Fischer est pêcheur de métier… et de nom (ndlr: Fischer signifie pêcheur). Il est avec sa fille Claudia qui a choisi le même métier que son père.

Ils sont partis une heure et demie avant le lever du soleil. Erwin a manœuvré lentement pour sortir le bateau du port, puis il a mis les gaz et s’est dirigé vers les filets. Il les a repérés sans peine dans l’obscurité, sur l’immensité du lac. Le règlement n’autorise la levée des filets qu’une heure avant le lever du soleil. Aujourd’hui, il y en a sept, soit une longueur totale de 840 mètres. Il est 4 h 45. Claudia prend la  tête des opérations. Par à-coups rythmés, elle tire les filets hors de l’eau, une main après l’autre, sans lâcher le filet. Le père sort les poissons des mailles, les dépose dans une caisse en plastique, les recouvre de glaçons, récupère les flotteurs blancs et enroule les lignes de 12 m de long. Ce qui correspond à la profondeur d’immersion du filet.

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Le règlement est clair: les filets doivent être retirés une heure avant le lever du soleil»

On peut voir des corégones frétiller. La pêcheuse explique que cette belle prise est due à la bise de la veille. «Les vagues m’arrivaient à la taille», indique Erwin Fischer d’un geste de la main. L’homme connaît les endroits où le lac est profond et où le courant va transporter le plancton dont se nourrissent les poissons. Il pose ses filets où la nourriture est abondante et où la photosynthèse est intense sous l’effet des rayons et de la chaleur du soleil.

Erwin Fischer et sa fille sont pêcheurs de corégones. Leurs filets ont une maille de 40 millimètres permettant de capturer des poissons de 3 à 6 ans ayant déjà frayé. «Nous ne prélevons que les intérêts du capital», plaisante Erwin. C’est ce qu’on appelle de la pêche durable. Les pêcheurs du lac de Constance sont sur le lac du 10 janvier au 15 octobre. La pêche est interdite du 16 octobre au 9 janvier, l’époque du frai. Les filets sont posés une fois seulement pendant ces trois mois, vers la fin de l’année – comme le prescrit l’inspectorat de la pêche. Les poissons sont alors «traits» et le frai est transféré dans une écloserie où l’éclosion est retardée jusqu’à ce que le soleil soit assez chaud et que du plancton ait pu se développer.

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Nous ne prélevons que les intérêts du capital. C'est de la pêche durable»

Les alevins disposeront alors de plus de nourriture et auront donc de meilleures chances de survie. «La pisciculture de Romanshorn lâche chaque année 30 millions de corégones», précise le garde-pêche. Pour le canton, c’est une manière de promouvoir l’économie. Et Erwin Fischer d’ajouter: «Nous donnons un petit coup de pouce à la nature.»

Il est 6 h 30 quand le pêcheur rentre au port et place les poissons dans un bac de transport réfrigéré. La balance affiche 58 kilos: une belle capture et l’équivalent de 29 kilos de filets, qui se retrouveront le lendemain matin répartis dans dix-huit filiales Coop, prêts à la vente.

Poissons de pêche durable

Coop veille depuis des années à un assortiment de poissons et fruits de mer de sources respectueuses de l’environnement.

La consommation de poissons de Suisse – comme le corégone du lac de Constance – ménage les océans.

La consommation de poissons de Suisse – comme le corégone du lac de Constance – ménage les océans.
La consommation de poissons de Suisse – comme le corégone du lac de Constance – ménage les océans.

Selon le rapport 2012 sur la pêche et l’aquaculture de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près de 30% des stocks de poissons de la planète sont considérés comme victimes de la surpêche. Près de 50% des populations sont par ailleurs exploitées jusqu’à l’extrême limite de leurs capacités de régénération.

Membre fondateur du WWF Seafood Group, Coop s’engage depuis longtemps pour la protection des océans. Cet engagement se reflète dans son assortiment: 55,5% du poisson sauvage est conforme à la norme MSC pour les pêcheries gérées de manière durable; 35,6% du poisson d’élevage remplit le cahier des charges Bourgeon de Bio Suisse. Chez Coop, 98,6% des poissons et fruits de mer proviennent de sources respectueuses de l’environnement. Soit ils sont écocertifiés, soit ils figurent dans le guide d’achat du WWF Poissons et fruits de mer avec la mention à privilégier (vert) ou acceptable (jaune). 
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www.coop.ch/poisson

Petit mémento: soyez attentifs à ces labels

Le label MSC (Marine Stewardship Council) indique les poissons et les fruits de mer pêchés en milieu sauvage dans le respect de l’environnement.

   

Les poissons et crevettes Naturaplan proviennent d’élevages contrôlés et sont reconnaissables au Bourgeon de Bio Suisse.

  

  

Le label ASC (Aquaculture Stewardship Council) caractérise les poissons d’élevage conventionnel conforme aux standards minimums: écosystème/protection des eaux environnantes, pas d’usage préventif de médicaments.

     

La consommation de poissons sauvages suisses ménage les océans. Coop s’efforce de collaborer autant que possible dans toutes les régions avec des pêcheurs professionnels.

Photo:
Patrick Gutenberg / Texte: Elsbeth Flüeler
Publication:
lundi 22.07.2013, 00:00 heure