Simon Fünfschilling a converti son domaine en culture de sapins bio.

Pépiniériste bio

Lully En terre fribourgeoise, un producteur de sapins de Noël bio lutte contre la mauvaise herbe. Malgré le soutien de spécialistes, l’issue est incertaine.

Ecoutant son cœur et sa raison, Simon Fünfschilling a con-verti au bio ses dix-sept hectares de sapins de Noël à Lully, dans le canton de Fribourg. Ce havre de verdure n’a pas tardé à attirer oiseaux, hérissons, blaireaux, serpents et chevreuils. Bientôt suivis par la mauvaise herbe.
Dans son exploitation désormais biologique, ce pépiniériste de 35 ans ne peut dès lors plus recourir aux produits chimiques pour s’en débarrasser.

«

En sept ans, j’ai fait beaucoup de bonnes expériences»

Simon Fünfschilling, producteur de sapins bio

L’aide des moutons

S’il faut trois ans aux sapins pour atteindre une belle stature, la mauvaise herbe n’a besoin que de trois semaines pour se répandre partout, privant ainsi les jeunes arbres des substances nutritives dont ils ont besoin. «Le pire, c’est que l’herbe haute fait souffrir les petits arbustes!» déplore le producteur.
Quand l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) a proposé son aide, Simon Fünfschilling a pensé que son problème serait bientôt résolu. Pourtant, avec le temps, toutes les méthodes essayées se sont révélées inefficaces: «Nous avons par exemple recouvert l’herbe de toiles, mais elles étaient vite trouées.» Ils ont aussi tenté de semer du trèfle pour étouffer l’herbe. En vain. L’exploitant a également exploré la piste des moutons, mais pas moins de 200 bêtes seraient nécessaires pour protéger une telle surface de sapins: «Et je ne suis pas éleveur de mouton!» fait-il remarquer.
L’aventure bio a commencé il y a sept ans. «Pendant ce temps, j’ai fait beaucoup de bonnes expériences, relève Simon Fünfschilling. J’ai notamment toujours pu compter sur Coop.»

Face à un choix

Mais le pépiniériste ne peut s’empêcher de constater que chez ses confrères, les sapins de Noël conventionnels poussent bien plus vite grâce aux engrais, aux herbicides et aux fongicides chimiques. De surcroît, ils enregistrent peu de pertes…
De nombreux commerces proposent déjà des sapins de monocultures danoises alors que Simon Fünfschilling commence tout juste sa récolte. Il devra bientôt faire un choix: chevreuils, oiseaux et blaireaux ou produits chi-miques? «Je ne sais pas quoi faire!» Un doute qui ne ternit toutefois pas un bonheur récent: il vient de devenir papa. De quoi le distraire de ses soucis.

Sapins de Noël: Coop mise sur la Suisse

Un Nordmann de chez nous

Les trois quarts des sapins de Noël vendus chez Coop sont produits en Suisse. Sachant que la moyenne suisse est de 40% (voir infographie), cette proportion élevée est plutôt réjouissante. Actuellement, il n’est cependant pas possible de proposer plus de sapins suisses. Par conséquent, Coop importe un quart de ses sapins. Parmi les conifères importés, deux tiers proviennent du Danemark et un tiers d’Allemagne.  
Des sapins indigènes vendus chez Coop, 12% arborent soit le bourgeon de Bio Suisse soit le label FSC se référant à une sylviculture durable. Le reste provient de cultures conventionnelles. Le Nordmann est le sapin de Noël le plus populaire. Cette variété constitue 95% de l’assortiment Coop.

Festif en 2013

Il y avait 1,2 Million de sapins de Noël dans les foyers suisses

Source IG Suisse Christbaum