Le paysan Andreas Ballif procède aux derniers ajustements dans son installation de biogaz.

Petite centrale énergétique aux grands effets

Climat Pour la première fois, Coop compense ses émissions de CO₂ en Suisse, volontairement. Le coût est élevé, mais l’écologie en sort gagnante.

Le coq est bien le seul à ne pas s’en réjouir. Son tas de fumier, sur lequel il avait l’habitude de se jucher pour chanter, lui manque. Il devra cependant bien s’y faire, puisque l’installation de biogaz gérée depuis peu par Andreas Ballif (46 ans), à Twannberg (BE) n’a que des avantages.
À partir du lisier provenant de ses vaches et de ses porcs, Andreas Ballif produit du biogaz. Ce dernier fait fonctionner une «centrale à énergie totale équipée» (CETE), qui fournit annuellement près de 200 000 kWh de courant électrique, soit la consommation de 50 ménages de taille moyenne. L’agriculteur utilise les rejets de chaleur de la CETE – environ 400  000 kWh d’énergie – pour chauffer son logement, la porcherie et le fermenteur qui sert à produire le biogaz.
L’engrais qui reste à la fin du processus de fermentation ne contient plus de méthane, une bonne chose pour le bilan CO2. De fait, l’impact climatique du méthane présent dans le lisier est 30 fois supérieur à celui du CO2.
Cette petite installation de biogaz est un projet phare. «La Suisse dispose d’un énorme potentiel pour de telles installations à base d’engrais de ferme», souligne Niklaus Hari (56 ans), qui met en place et gère ce type de centrales depuis 25 ans.

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Des coûts élevés

L’installation de la ferme Ballif est conçue pour un élevage de 300 porcs et 50 vaches; elle a coûté 700  000 francs. Sur ce montant, une centaine de milliers de francs sont imputés au respect des normes environnementales spécifiques, car la ferme est située en zone de protection des eaux. Le prix de ces petites installations de biogaz est extrêmement élevé en comparaison des centrales de grande taille. Andreas Ballif peut financer la sienne, parce qu’il y a investi beaucoup de travail et parce que Coop lui apporte sa participation financière dans le cadre de la compensation CO2. «De cette manière, Coop compense pour la première fois ses émissions de CO2 en Suisse», affirme Christian Som (51 ans), du WWF. La démarche est chère – une tonne de CO2 compensée en Suisse coûte six à dix fois plus qu’un certificat Gold Standard obtenu à l’étranger – mais Coop prend ici les devants en donnant l’exemple.
En effet, une récente étude du Stockholm Environment Institute a constaté que l’offre de certificats sur le marché mondial est si importante que ces derniers sont devenus très bon marché. Ainsi, l’effet incitatif inscrit dans le Pro­tocole de Kyoto et l’Accord de Paris sur le climat disparaît. Pour les entreprises, il est plus avantageux d’acheter des certificats bon marché à l’étranger que de faire de réels efforts pour éviter les émissions de CO2.
Coop espère que d’autres entreprises vont s’engager dans la compensation d’émissions de CO2 en Suisse. Dans les conditions actuelles, les petites installations de biogaz seraient sans cela difficiles à financer. «Le courant que nous produisons n’est pas bon marché, mais il fait beaucoup pour le climat», reconnaît Andreas Ballif.

Fonctionnement d’une petite centrale à biogaz

Source quh-energie.ch; infographie Caroline Koella

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/356
Toutes les paroles aux actes
Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Philipp Zinniker
Publication:
lundi 08.01.2018, 12:10 heure

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