Petits cochons grands effets

Dans un atelier du Grand-Lancy, Mathias Brügger a donné forme aux héros en silicone d’une pièce de théâtre de marionnettes, à voir dès avril à Genève. Visite dans les coulisses du spectacle.

Au départ de ce projet, il y a Charlotte, presque 5 ans, qui adore le conte «Les trois petits cochons». Ses deux illustres grand-mères, les comédiennes Claude-Inga Barbey et Doris Ittig, ont eu l’idée de mettre en scène cette histoire, dans un spectacle à mi-chemin entre le Muppet Show et le Guignol, dans une création propre du Théâtre des Marionnettes de Genève (TMG). Pour fabriquer les personnages et le décor, elles ont fait appel à Mathias Brügger, fils de Doris Ittig ... et papa de Charlotte.

Mathias Brügger a créé des personnages et des décors avec des matières chères aux enfants, comme les ballons.

Cette épopée familiale a débuté l’été dernier avec un grand brainstorming: à quoi devront ressembler les personnages? Quel message voulons-nous transmettre? Comment retranscrire l’univers enfantin? Jusqu’où voulons-nous réinterpréter le conte à notre sauce, pour y mettre de l’ironie et de l’humour? Mathias, créateur de marionnettes et scénographe, griffonne sur une feuille, découpe du carton pour faire les premiers prototypes de cabane. «Claude-Inga tenait à utiliser des matériaux auxquels les enfants sont habitués. J’ai donc utilisé notamment des Lego, des pailles et des ballons.» Le décor ressemble à un dessin d’enfant avec un long trait vert en guise de gazon.
Le challenge a été de retransmettre la texture de la peau des cochons. Mathias Brügger se met à l’ouvrage et crée un moule de tête de cochon en plâtre. Les premiers essais en latex s’avèrent peu concluants: la peau semble à la fois trop rigide et trop brillante. Il décide alors de tenter le silicone, une matière qu’il n’avait encore jamais utilisée. Le résultat est bluffant, le silicone permet de jouer sur la transparence. Ne reste alors qu’à trouver la bonne teinte. Gramme après gramme, il teste les mélanges de pigments jusqu’à l’obtention de la couleur parfaite. Les cochons étaient nés!

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Leurs corps sont conçus à l’aide de ballons, pour un effet rebondissant. Il se pourrait qu’ils explosent durant le spectacle, car le loup, lui, est fait de clous, et ses pattes rappellent celles d’Edouard aux mains d’argent (ndlr: personnage du film homonyme de Tim Burton) avec ses longues lames acérées.
Mathias Brügger a fréquenté les Beaux-Arts avant de réaliser ses premières marionnettes pour le TMG en 2010. Le créateur de marionnettes Pierre Monnerat, âme du théâtre, a été son maître. Aujourd’hui, il réalise des décors pour divers spectacles. La scénographie des «Petits cochons 3, le retour» aura pris quelque quatre mois en tout, mais des adaptations seront probablement encore nécessaires jusqu’à la première. D’ici là, les héros de silicone auront peut-être changé d’allure. Telles de vraies stars, chacun a sa doublure, au cas où le pantin se casserait.

Des moules en plâtre servent à couler les personnages dans du silicone.

Dans l’atelier, les choses se précipitent. Les répétitions vont bientôt commencer mais les décors ne sont pas tout à fait finis. Il faut encore trouver une solution pour que les maisons puissent s’écrouler sous l’effet du vent et être reconstruites pour la prochaine représentation. La première, faite de pailles à boire, devrait s’envoler sans trop de problème. Pour la seconde, il a fallu remplacer un pan de mur en Lego par du bois peint. Pour la troisième, en Kapla, l’artiste cherche encore une solution. Et puis, les comédiennes devront apprendre à manipuler avec grâce ces poupées de silicone afin de leur faire prendre vie…

Un conte revisité: les trois petits cochons en 2018

Info et réservation

Dans la version originale, qui date du XVIIIe siècle, les trois petits cochons quittent leur mère et construisent chacun leur propre maison. Le premier, insouciant, en paille, le second en bois et le troisième, le plus responsable, en briques. Lorsque vient le loup, celui-ci, affamé, n’a plus qu’à souffler sur les deux premières cabanes pour dévorer les cochons, mais ne parviendra pas à bout de la maison solide. Dans la version de Walt Disney (1933), les deux petits cochons vont se réfugier chez le troisième. Le Théâtre de Marionnettes de Genève ­présente «Les petits cochons 3, le retour». Dans cette version, le loup, grand fumeur, n’a pas assez de souffle et a recours à divers stratagèmes pour tenter de dévorer ses proies.

Du 11 au 29 avril, au Théâtre des Marionnettes, Rue Rodo 3, Genève. Durée: 45 min. Age minimal 4 ans.

Sentir le public et s’adapter à ses besoins fait partie des secrets d’un spectacle réussi. Interview de Claude-Inga Barbey, l’une des créatrices des «Petits cochons 3, le retour».

«Je sais comment m’y prendre avec les enfants»

Pourquoi vous êtes-vous attelée à un conte fameux comme «Les trois petits cochons»?
Je voulais revisiter ce conte pour en faire quelque chose de nouveau, qui parle aux petits. J’ai choisi de travailler avec des ballons et des clous, car les enfants savent que c’est dangereux.

Vous jouez beaucoup sur la peur, vous ne craignez pas d’effrayer votre public?
La musicienne Hélène Zambelli nous accompagne sur scène. Elle modulera la peur en improvisant. Par exemple, elle fera chanter les enfants, leur faire répéter une phrase. Si après les premières représentations, nous nous rendons compte que c’est trop «flippant», nous adapterons la mise en scène.

Vous appréhendez la première représentation?
Non, j’ai confiance. Ce n’est pas mon premier spectacle de marionnettes et je sais m’y prendre avec les enfants. On sent tout
de suite s’ils n’accrochent pas, ils bougent, ils sortent, c’est «cash» et ça me convient bien.

Où en sont les répétitions?
Nous répétons depuis dix jours. C’est un très long travail de manipulation, de déplacement d’objets, d’effets techniques, plus qu’un travail d’interpré­tation.

Ce spectacle en famille est différent des autres pièces que vous avez pu jouer?
Je voulais donner sa chance à Mathias Brügger. On est juste ennuyées avec Doris Ittig pour garder Charlotte parce qu’on travaille en même temps. Du coup, la petite doit aller à l’accueil parascolaire deux jours par semaine.

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Mélanie Haab

Rédactrice

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Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno
videos:
Geoffrey Raposo
Publication:
lundi 12.03.2018, 14:02 heure



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