Vision d’apocalypse après le typhon Haiyan. Le temps presse et les survivants ont un besoin vital des secours.

Philippines: Coop verse un million

Les effroyables nouvelles se succèdent, et l’aide s’organise. La Croix-Rouge suisse et Médecins sans frontières sont également sur place. Mais les secouristes ont besoin de soutien financier.

Le directeur de la Croix-Rouge suisse (CRS) est factuel. Markus Mader cite des chiffres, des dates et des données logistiques. Mais derrière cette apparente indifférence se cache un très grand professionnalisme. Ce qui est vital pour gérer une catastrophe naturelle de l’ampleur du typhon qui a frappé les Philippines. «Ils sont déjà sur place depuis mercredi dernier», déclare-t-il. La répartition du travail est la suivante: «La CRS dispose de spécialistes en logistique, les Allemands sont très performants dans le domaine médical, etc. Tout est parfaitement orchestré, chacun assume les missions qu’il maîtrise professionnellement.»

Les équipes de Markus Mader déterminent où doivent et où peuvent être acheminées des tentes, de la nourriture, de l’eau, des médicaments ou d’autres marchandises, et avec quels hélicoptères. La CRS dispose d’un stock d’urgence en Malaisie. «De là, nous acheminons les quantités de matériel qui pourront être prises en charge par le système de distribution aux Philippines.»

Tout cela coûte de l’argent. «Grâce à Coop, nous disposons dans un premier temps d’un peu plus d’un million», déclare le directeur. Mais ce n’est qu’un début, une aide d’urgence. «Nous devrons de toute façon récolter d’autres fonds.» L’avenir réserve d’autres catastrophes, réchauffement climatique oblige. Dans un deuxième temps, la Croix-Rouge veut aussi contribuer à la reconstruction des Philippines.

Mais on n’en est pas encore là: «Le chaos est effroyable, nos équipes arrivent dans des villes dévastées. Nous ne savons même pas encore comment se présentent les choses dans les campagnes et dans les îles reculées», déclare Bruno Jochum, directeur de Médecins sans frontières (MSF) Suisse. Les 120 médecins, psychologues et membres du personnel médical travaillent, soignent et opèrent dans les bâtiments. Ils installent des tentes, là où il n’y a plus rien.

Les équipes de MSF sont préparées et disposent de kits d’urgence: médicaments, appareils médicaux, installations de traitement de l’eau, bandages et groupes électrogènes de secours. «L’eau et la nourriture sont essentielles à la survie, mais on doit traiter les blessures le plus vite possible afin d’éviter les infections», explique Bruno Jochum.

Près de vingt médecins bénévoles de Suisse sont déployés aux Philippines. Cette intervention, où MSF collabore avec la CRS, doit durer trois mois. «Ensuite, nous aviserons», affirme Bruno Jochum. «Cela dépend aussi de nos moyens. Nous sommes entièrement dépendants de dons comme celui de Coop, que nous remercions.»

Vous souhaitez aussi aider?
CRS: Compte de chèque postal 30-877-4
MSF: Compte de chèque postal 12-100-2

«Cet événement est inconcevable»

Coop a choisi deux partenaires qu’elle connaît bien pour assister les survivants.

Béatrice Rohr.

Béatrice Rohr.
Béatrice Rohr.

Coopération. Pourquoi Coop verse-t-elle un million pour les victimes de cette catastrophe?
Béatrice Rohr, coordinatrice de l’aide à l’étranger. Ce qui se passe aux Philippines est inconcevable. La solidarité et l’engagement sont une évidence et l’aide en cas de catastrophes fait depuis toujours partie de la politique de Coop. Cet engagement ne résulte pas seulement de la consternation que nous avons ressentie face à la catastrophe et de notre souhait d’aider les victimes. Cet événement a également un impact sur la Suisse.

Pourquoi les fonds sont-ils alloués à la Croix-Rouge et à Médecins sans frontières en particulier?
Nous souhaitons apporter une aide immédiate, ciblée et sans bureaucratie superflue. C’est pourquoi nous nous appuyons sur des partenaires que nous connaissons de par leurs interventions antérieures et auxquels nous pouvons faire confiance.

Lors d’actions de ce type, des voix s’élèvent toujours pour évoquer les accidents et la pauvreté dans notre pays…
C’est une réalité et c’est pourquoi Coop s’engage aussi dans de nombreux projets à caractère social ici, avec Table Suisse et Table couvre-toi, ou l’association Parrainage Coop pour les régions de montagne.

Engagement de Coop: ce n’est pas une première

En 2010, Coop a versé un million de francs d’aide d’urgence aux survivants du tremblement de terre à Haïti. Avec cet argent, on a pu rebâtir des infrastructures et améliorer les soins médicaux. En 2009, Coop a soutenu la Croix-Rouge suisse avec des kits famille destinés aux victimes des inondations du Burkina Faso à hauteur de 80 000 francs. En 2006, un demi-million de francs a été versé aux victimes du tsunami.

www.coop.ch/developpementdurable
Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Keystone, SP
Publication:
lundi 18.11.2013, 11:25 heure