Pour être sûr de ne pas regretter un tatouage, il faut prendre le temps de bien peser le pour et le contre…

Piercings et tatouages

Éducation Des adolescents souhaitent parfois des ornements corporels bien avant leur majorité, ce qui peut être source de conflits à la maison. Le psychologue Philipp Ramming plaide pour un dialogue parents-enfants.

Je ne veux pas ressembler à mes parents!» C’est généralement par cette revendication que débute la métamorphose des adolescents. Dans le meilleur des cas, ils se teignent les cheveux lorsqu’ils veulent provoquer. D’autres ont envie d’un piercing ou d’un tatouage, et il est hors de question pour eux d’attendre la majorité. Comment les parents doivent-ils réagir?

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«Hurler en menaçant de les déshériter!, répond le psychologue Philipp Ramming en riant. Plus sérieusement, mieux vaut donner son avis en toute honnêteté et, si nécessaire, fixer des limites.» Souvent, les ados mettent leur projet à exécution – avec ou sans l’accord des parents. «Il est toujours préférable de négocier plutôt que de baisser les bras. Quant à une interdiction pure et simple, ce n’est généralement pas la bonne solution», déclare ce spécialiste de la psychologie de l’enfance et de l’adolescence.

Philipp Ramming, psychologue

Philipp Ramming, psychologue
Philipp Ramming, psychologue

Une belle-mère raconte: «À 17 ans, la fille de mon mari voulait absolument se faire tatouer sur la cuisse un motif représentant une jarretière. Son père lui a expliqué qu’il serait préférable d’attendre encore une année avant de se décider.» La belle-mère a choisi de lui montrer des photos sur Internet afin qu’elle sache à quoi ressemblent les tatouages après plusieurs décennies. Ces images n’ont pas eu l’effet escompté: à peine majeure, la jeune fille est allée se faire tatouer. Le côté positif, c’est que cela ne relève désormais plus de la responsabilité de son père, note la belle-mère, non sans humour. La manière dont on évalue la capacité de discernement de son enfant dépend de la confiance que l’on place en lui et en sa propre éducation. Selon Philipp Ramming, «les parents qui s’opposent formellement à ce que leur enfant ait un piercing, un tatouage, ou qu’il opère une métamorphose capillaire radicale, lui dénient en réalité toute capacité de jugement. En revanche, ceux qui ne s’en formalisent pas ou acceptent son choix lui reconnaissent cette capacité». Il est important que les jeunes cherchent la confrontation et assument les conséquences de leurs décisions. «Cela peut parfois amener à des discussions plutôt vives. La préparation doit être minutieuse, ils doivent rechercher des établissements sérieux et s’informer sur les risques pour la santé, mais surtout réfléchir à ce qu’ils veulent vraiment», conseille Philipp Ramming.

Ornements corporels: différences selon le sexe

Enfant objet?

Martina (15 ans) trouve plutôt cool l’idée d’avoir des tatouages et des piercings: «Sans pour autant tomber dans l’excès! Pendant longtemps, j’ai voulu me faire faire un tatouage. Mais j’étais quand même un peu inquiète: et si ça ne rendait pas bien? Et si les encres de couleur étaient toxiques?» Sa solution: «Je me suis acheté des tatouages temporaires que je porte selon mon humeur.» Que pense-t-elle des piercings? «Au nombril, je trouve ça beau, mais je n’ai pas la silhouette idéale pour en avoir un. Ma mère pense que ce serait bête d’avoir plus de piercings et estime que le risque d’infection est élevé.»
Tatouages et piercings traduisent-ils une provocation ou une forme de rébellion? «Ce n’est pas vraiment assimilable à une rébellion, même si c’est parfois le cas», répond le spécialiste. Les adolescents qui modifient leur apparence souhaitent exprimer leur appartenance à un groupe, affirmer leur identité ou leur différence. Les parents ont souvent peur de perdre leurs enfants lorsqu’ils les voient se métamorphoser. «Ces craintes sont légitimes, elles sont le signe d’une relation existante entre les parents et leur progéniture. Mais il est inévitable que les enfants s’en aillent un jour ou l’autre. C’est un processus normal.» Les adolescents considèrent généralement ces changements comme le signe d’une plus grande autonomie.

Des parents font percer les oreilles de leur bébé, ce qui n’est pas anodin à cet âge.

Certains parents font percer les oreilles de leur bébé. Pour le psychologue, «les enfants devraient pouvoir donner leur consentement, ce qui n’est pas possible chez les tout-petits. Transformer son bébé en arbre de Noël pour satisfaire son ego de parent s’apparente à un manque total de respect».

Prévention et loi

«Ne risque pas ta peau»
La Confédération rappelle dans une campagne que tatouage et piercing comportent des risques. On est marqué à vie. Le détatouage est douloureux et coûteux. Il faut donc bien s’informer avant d’agir et choisir avec soin son tatoueur, lequel doit respecter les règles d’hygiène.

Piercings et tatouages
Seules les personnes capables de discernement peuvent se faire tatouer ou poser un piercing. Elles doivent être à même d’évaluer les conséquences de leur acte. En Suisse, les salons de tatouage/piercing refusent généralement les clients de moins de 18 ans. Un mineur qui a le consentement de ses parents doit être accompagné par ces derniers ou un tuteur légal.

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Annina Striebel
Photo:
Getty Images, Alamy
Publication:
lundi 14.09.2015, 15:30 heure



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