Le montepulciano se trouve en haut des collines, les raisins blancs en bas.

Pionniers du bio en Italie

Abruzzes L’exploitation vinicole familiale Jasci, l’une des premières en Italie à avoir cru aux vins bio dans le pays, fournit des vins à Coop depuis plus de quinze ans. Visite.

Les Abruzzes, région d’Italie centrale à la terre généreuse, que le soleil réchauffe et que des brises marines et montagneuses rafraîchissent. Ses collines deviennent des montagnes lorsque l’on s’enfonce dans l’arrière-pays, avant d’atteindre le point culminant dans les massifs du Gran Sasso et de la Majella, dont les sommets dépassent les 2700 mètres d’altitude.
À l’est de la chaîne, le climat est très doux, ce qui en fait une des régions européennes les plus adaptées à la viticulture biologique. Les membres de la famille Jasci y ont été les premiers à le découvrir, au début des années 1980.

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Surface décuplée

L’exploitation vitivinicole Jasci se situe à Vasto, dans la province de Chieti, où elle a vu le jour vers 1960. À l’époque, elle comptait six hectares de vignobles. Sa surface a aujourd’hui décuplé grâce au choix, qui s’est révélé gagnant, de produire principalement des vins exempts de substances chimiques de synthèse.
«C’est mon père Giuseppe qui en a eu l’idée», raconte Donatello Jasci, neveu du fondateur de l’entreprise et actuel propriétaire. Pour améliorer la santé des personnes travaillant les sols et celle du terrain, il a changé sa façon de cultiver et s’est lancé dans le bio. Giuseppe Jasci a joué un rôle pionnier en la matière dans les Abruzzes et compte parmi les tout premiers en Italie. Mais cela n’a été ni facile ni immédiat.
Son fils, agronome de l’entreprise familiale, se souvient: «Nous avons dû faire beaucoup d’essais. Il y a trente ans, la viticulture biologique était répandue, mais au nord surtout, et nous avons dû demander conseil aux viticulteurs allemands. Les exigences climatiques sont vraiment différentes dans nos régions.»
Dans un rayon d’une centaine de kilomètres, on passe de la mer aux sommets de la région la plus haute des Apennins. Sur les collines, les vignes sont cultivées de façon à ce que le feuillage très épais protège les grappes de l’excès de soleil et de chaleur, car en été on dépasse régulièrement les 30 °C. «Nous avons dû nous mettre en relation avec la réalité qui nous entoure et comprendre comment l’affronter sans interventions chimiques traditionnelles. Nous sommes devenus une référence pour les autres exploitations de la région qui veulent se convertir à l’agriculture biologique. On doit être entre 40 et 50 producteurs pour une superficie totale d’environ 300 hectares», explique d’un air satisfait Donatello Jasci.
De bonnes pratiques agricoles aident à conserver la vigne en bonne santé. Le terrain, qui empêche l’eau de stagner, le vent et le soleil font le reste. Quelques oliviers et autres arbres garantissent la biodiversité.

«

Il a fallu beaucoup d’essais avant d’être une référence »

Donatello Jasci, propriétaire du domaine

Surtout du montepulciano

Sur les 60 hectares de vignes des Jasci, on trouve du montepulciano (80%), du trebbiano, du pecorino et du chardonnay. «Nos collines sont presque toutes exposées au sud-est. En haut, on trouve les raisins rouges alors que vers le fond de vallée, où il fait plus frais, nous avons planté des cépages blancs. Je crois que le territoire s’exprime mieux dans les vins traditionnels.» 

Partout dans la cave, un «œil» veille au vin. Pour être au plus près de la réalité œnologique.

Le montepulciano est le rouge le plus important de la région, avec lequel on produit l’homonyme montepulciano d’Abruzzo DOC et le montepulciano d’Abruzzo DOC Riserva. La réception des raisins est organisée de manière à limiter l’utilisation des pompes pour ne pas «stresser» le vin, 80% de l’énergie consommée provient d’installations photovoltaïques et la toiture en bois permet à l’air de circuler depuis l’extérieur. À Vasto, la cave de la famille Jasci témoigne que la viticulture biologique est, au bon endroit, non seulement possible, mais constitue aussi une solution durable pour la stabilité commerciale de l’entreprise.

Les barriques dans lesquelles est élevé le montepulciano.

Goûter aux vins des Jasci

Naturaplan bio Montepulciano d’Abruzzo Jasci

Une bouche qui s’ouvre sur le fruit, bien équilibré, charnu en milieu de bouche et des tanins encore légèrement perceptibles. Excellent avec un fromage ou une viande rouge. En action jusqu’au 27 août chez Coop: 6 fr. 80 au lieu de 8 fr. 80/75 cl.

Naturaplan bio Pecorino Jasci Terre di Chieti IGT

Un nez attrayant aux parfums floraux, mêlés à des arômes de fruits à noyau mûrs, ample et souple en bouche, présentant de fines notes de coings. Pour l’apéritif, avec du poisson, des fruits de mer ou une viande blanche. 9 fr. 95/75 cl.

Bio et microclimat

Paul Van den Berge travaille pour l’Institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL depuis 1992. Il s’occupe de développement rural à l’étranger.

Qu’est-ce que la viticulture bio?
La viticulture biologique suppose de n’appliquer aucun produit phytosanitaire de synthèse et de n’utiliser que des engrais organiques.

Cuivre et soufre sont toutefois autorisés…
Contrairement aux produits chimiques, le cuivre et le soufre sont présents à l’état naturel. Leur utilisation doit rester modérée, mais cela dépend de la pression des maladies. La quantité autorisée dans le bio est bien inférieure à celle en vigueur dans l’agriculture traditionnelle.

Existe-t-il des régions propices à la viticulture biologique sur le territoire helvétique?
Oui, dans les régions possédant un microclimat. Par exemple, dans le canton des Grisons, grâce aux vents souvent secs en été et à la douceur de l’automne, on produit d’excellents pinots noirs avec des méthodes biologiques. Dans le canton du Valais aussi, des exploitations pratiquent la viticulture biologique avec succès. Au Tessin, c’est pratiquement impossible si l’on cultive du merlot. En revanche, cela devient possible avec des cépages hybrides.

Arômes muscatés

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

La Clairette de Die s’associe naturellement avec l’idée d’un vin effervescent, doux et parfumé. En voici une version bien plus sèche, le Brut de la Maison Jaillance. C’est un vin riche, finement perlé, ample en bouche avec une légère touche d’amertume en finale et des arômes muscatés.
La coopérative Jaillance a vu le jour en 1950 alors que 266 vignerons du Diois s’associaient pour débuter l’aventure. Le vin est élaboré à base de clairette blanche, un cépage productif qui mûrit sur les coteaux ensoleillés de la Drôme. La vendange est effectuée manuellement puis vinifiée en méthode dioise, un savoir-faire minutieux pour capturer le gaz carbonique dans la bouteille et une maîtrise des températures indispensable pour obtenir une Clairette de qualité, reconnue AOC depuis 1942.

Naturaplan bio Clairette de Die AOC brut

Prix: 12 fr. 50/75 cl
Pays: France
Région: Côtes du Rhône
Cépage: muscat
Disponible: dans les grands points de vente Coop ou sur:

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www.mondovino.ch
texte:
Elisa pedrazzini
Photo:
Alain Intraina, DR
Publication:
lundi 15.08.2016, 14:00 heure

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