Romina Amato a été la première femme photographe à la rubrique sportive du «Blick».

Plongée dans un regard 

La Suissesse Romina Amato est la première femme à remporter un prix aux Red Bull Illume Awards,
un des plus grands concours de photographie sportive du monde.

Deux petites semaines. Depuis avril, Romina Amato n’a jamais vécu plus longtemps à la maison. La photographe lucernoise parcourt le globe, de fuseaux horaires en heures qui se chevauchent. Et pourtant, dans cette vie qui trépigne, Romina Amato capture des moments d’épure, réduits à quelques lignes. En août dernier, son plongeur suspendu entre deux falaises a marqué les regards: Romina Amato remportait le concours Red Bull Illume, dans la catégorie Energy. Accessoirement, elle devenait la première femme à obtenir un prix.
 
Baskets et sac à dos en bandoulière, elle ne s’en embarrasse pas. «J’étais aussi la première femme photographe en sports au Blick. Je ne veux pas être réduite à cet aspect.»
Romina Amato «aime l’action». Elle jouait au foot avec les garçons, a fait du kickboxing, de la boxe. Le sport l’a «toujours fascinée.» Actuellement en Thaïlande, elle est depuis 2010 la photographe officielle de Red Bull pour les compétitions de plongeon. «Beaucoup de photographes se focalisent sur la performance. Je cherche à capter le plongeon dans un environnement et à raconter une histoire. Les athlètes ne peuvent pas s’entraîner, tout est dans le mental: les sauts de 10 mètres en bassin, ils les assemblent dans leur tête et les déploient depuis 29 mètres.»

L’image gagnante de Romina Amato. Au total, le concours a recueilli 28 257 clichés.

La victoire aux Red Bull Awards aura sonné comme une reconnaissance, mais là n’est peut-être pas l’essentiel. «Sur l’image avec laquelle j’ai gagné le concours, prise aux Açores, vous ne pouvez pas dire où l’action se déroule. Ici, contrairement à la normale, il n’y a pas de plateforme d’où s’élancer. Vous avez deux falaises, un homme et l’eau. On se demande ce qu’il advient de lui. Est-ce qu’il survit? J’aime les images qui suscitent les questions. Bien sûr, je fais des photos classiques de sport, mais j’essaie également d’exprimer ma propre vision, de rendre le mouvement esthétique.»
Sa formation fut autant de focales qui auront aiguisé un regard. L’apprentissage de laborantine photographe, en argentique. Les cours théoriques de la Schule für Gestaltung de Zurich. Une année de stage comme polygraphe. Six ans à la rubrique des sports de Blick auront ensuite achevé de tracer les frontières entre l’immédiat de la presse sportive et une prise de distance impérative.

Dans ses images, le skieur deviendra deux traces qui s’incurvent, le plongeur une ombre en contre-jour, dans un miracle de simplicité. «La photographie aux Açores incarne le calme, mais les conditions de prise de vue étaient le contraire de cela, sur une mer mouvementée, sur un bateau où je pouvais à peine me tenir.» Romina Amato dit savoir marcher en talons hauts et porter des robes, mais ne grimpe pas sur des falaises qui veut. «J’aime le défi. Sur les plateformes de plongeon, vous ne pouvez pas vous accrocher à quoi que ce soit.»
Par soif de l’extrême, ou d’adrénaline? Ni noir, ni blanc. «Photographier le free running, où les athlètes n’utilisent rien d’autre que leur corps pour se déplacer de manière acrobatique, m’intéresserait. Ce n’est pas d’aller vers des sports plus extrêmes qui me fascine – sinon, je pourrais me lancer personnellement dans des activités de ce type. Il est vrai que je vais parfois un peu plus au bord des falaises que mes confrères, mais pour obtenir la meilleure image, qui implique parfois du danger.» Sollicitée sur les clichés qui s’imposent à elle comme une référence, Romina Amato mentionne l’Américain James Nachtwey, célèbre photographe de guerre. «Ses images dénouent tellement d’émotions. J’ai réfléchi à me lancer dans ce type de photographie. Ma famille et mon mari étaient contre. Et puis, les conditions ont évolué, et le reportage de guerre s’apparente désormais plus à un voyage de presse organisé qu’à autre chose.»

www.romina-amato.ch

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Ariane Pellaton

Rédactrice

Photo:
Philipp Zinniker
Publication:
lundi 04.11.2013, 11:30 heure

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