Des agriculteurs bio observent le travail d’une nouvelle machine agricole lors d’une journée de démonstration organisée par le FiBL, à Birr (AG).

Plus avec moins pour des sols riches en humus

Écologique Des agronomes ont développé des méthodes permettant à l’agriculture biologique de respecter davantage l’environnement.

Àl’Institut de recher­che de l’agriculture biologique (FiBL), situé à Frick (AG), Paul Mäder et ses collègues étudient le concept de «travail réduit du sol» depuis 2002. En tant que chef du département des sciences du sol, il suit aussi le projet «Grandes cultures bio respectueuses du sol et du climat», soutenu par le Fonds Coop pour le développement durable.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Pendant des siècles, l’homme a labouré la terre. Pourquoi cette technique serait-elle subitement mauvaise?
On ne laboure plus comme autrefois: la couche de terre retournée était alors moins profonde. L’arrivée des charrues en acier et des tracteurs a marqué un tournant périlleux.

Pourquoi creuse-t-on plus en profondeur de nos jours?
Lorsqu’on laboure jusqu’à 30 cm de profondeur, la terre est intégralement retournée. En une seule opération, les mauvaises herbes, les résidus de récolte et le fumier sont amalgamés. De plus, le sol est ameubli et aéré en peu de temps. Ensuite, il chauffe et sèche plus rapidement, ce qui accélère la libération des nutriments.

Des conditions optimales pour semer, non?
À première vue, oui. Mais cette approche entraîne une perte d’humus, évacué sous forme de CO2. En outre, le labourage expose le sol. Dépouillé de ses protections, il devient alors vulnérable aux intempéries. Des couches fertiles risquent d’être emportées par l’eau ou le vent.

Et ce n’est pas le résultat visé...
Non, car la fertilité décline davantage à chaque fois. Le labourage profond diminue le nombre d’organismes essentiels, comme les vers de terre, et peut entraîner la formation de zones compactes freinant l’enracinement.

Qu’entend-on par «travail réduit du sol»?
L’agriculteur ne retourne la terre qu’en superficie. Il ne soulève qu’une couche de 10 cm de profondeur au maximum ou l’ameublit avec une herse.

Quels sont alors les effets?
Nous avons pu démontrer que la population de vers de terre croît rapidement dans ces conditions, ce dont bénéficie directement l’agriculteur, car ils servent de charrue écologique. Les champignons mycorhiziens, qui apportent aux plantes des nutriments, prospèrent également.
Ces différents facteurs contribuent à l’enrichissement de l’humus.

Quel est le hic?
La prolifération des mauvaises herbes. L’agriculture biologique ne permet pas l’utilisation de produits phyto­sanitaires chimiques qui éliminent simplement les mauvaises herbes.

La solution du FiBL?
Instaurer une rotation ingénieuse des cultures intégrant des engrais verts et de nouveaux moyens mécaniques. Cela permet de prévenir efficacement la croissance de mauvaises herbes.

Quid du bilan climatique?
Le travail réduit du sol a un effet positif sur le climat. Dans le cadre des essais menés par le FiBL, nous avons mesuré les taux de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre très nocif pour l’atmosphère, dans des conditions de culture bio. Nous avons constaté que le travail réduit du sol ne génère presque pas d’émissions élevées de protoxyde d’azote et ne pollue donc pas l’air. Il favorise, en outre, la formation d’humus. Globalement et comparativement au labourage, quelque 2,2 tonnes d’équivalents CO2 par hectare et par an sont absorbées.

Que manque-t-il encore?
La formation et un changement des mentalités sont d’une importance capitale.
Il faut aussi des machines agricoles adaptées. Les fabricants ont toutefois réagi: ils offrent notamment des déchaumeuses à socs plats, qui permettent d’ameublir uniquement la couche supérieure du sol. Afin que les agri­culteurs intéressés puissent découvrir ces nouveaux équipements, le FiBL organise régulièrement des démonstrations de machines.

Labourer moins en profondeur

Plus d’humus dans les champs

Source FiBL; infographie Jacob Kadrmas

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/109
Toutes les paroles aux actes

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.










Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Markus Kohler
Photo:
Pino Corvino, Patrick Lüthy
Publication:
lundi 20.03.2017, 12:45 heure

Retrouvez toutes nos recettes


Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?