Joos Sutter à l’Expo de Milan: le chef de Coop a le sourire, l’entreprise a montré l’exemple en 2011 déjà, en réduisant une première fois la teneur en sucre de ses yogourts.

Pour des yogourts moins sucrés

Engagement Coop soutient les efforts de la Confédération pour réduire le sucre dans les yogourts et les céréales. Joos Sutter et Alain Berset signent l’Initiative de Milan.

Journée faste ce mardi 4 août au pavillon suisse de l’Exposition universelle de Milan. Une délégation des grands acteurs de l’industrie alimentaire et du commerce de détail, parmi lesquels Joos Sutter, chef de Coop, a fait le déplacement, à l’invitation du ministre de la Santé Alain Berset. Objectif de la rencontre: la signature de l’Initiative de Milan, une stratégie commune pour réduire la quantité de sucre dans les yogourts et les céréales du petit-déjeuner. Car le constat est là: nous mangeons en général trop de sucre. Avec plus de 120 grammes de consommation moyenne par jour, les Suisses font figure de mauvais élèves en comparaison internationale. Ils se situent bien au-delà des 50 à 70 g quotidiens recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour se faire une idée, 50 g de sucre équivalent à environ douze cuillères à café...

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En termes de santé publique, la consommation de sucre représente un défi majeur. L’être humain a une tendance naturelle à apprécier le sucré. Associé au manque d’exercice physique, ce penchant contribue à l’augmentation du nombre de personnes en surpoids (en Suisse près de 38% des femmes et 21% des hommes), des cas d’obésité et de maladies non transmissibles, comme le diabète ou les maladies cardio-vasculaires.

Industrie et Confédération unies

Face à ces enjeux, l’industrie alimentaire et la Confédération ont décidé d’unir leurs efforts.
L’Exposition de Milan, consacrée aux défis de l’alimentation, représentait l’endroit idéal pour un premier pas. Avec la signature de l’Initiative de Milan, Coop s’engage à examiner ce qu’il est possible de faire à partir de l’assortiment actuel de yogourts et de céréales de petit-déjeuner. «Nous prenons nos responsabilités au sérieux. Notre but est d’élargir la gamme de yogourts à faible teneur en sucre, sans réduire leurs saveurs. Le client disposera toujours de la même liberté de choix, d’un assortiment toujours aussi vaste. Et le yogourt restera un plaisir dont il pourra profiter la conscience plus tranquille encore», explique Joos Sutter.

Des engagements tenus

En 2010, Coop s’était déjà engagé à réduire la teneur en sucre de ses yogourts. Un objectif atteint. Pour le distributeur, l’Initiative de Milan représente une nouvelle tâche complexe, où l’innovation et le savoir-faire joueront un rôle-clé. «Nous ne pouvons pas simplement enlever le sucre des yogourts, précise Silvio Raggini, responsable du management de la qualité.Nous allons examiner les possibilités techniques, faire des tests de goût avec nos spécialistes en nutrition et nos partenaires. C’est un processus et une suite d’améliorations qui vont nous occuper ces prochaines années.»
Malgré la complexité de la tâche, l’engagement va vite s’accompagner d’effets concrets. Les premiers yogourts devraient être disponibles en magasin dès l’an prochain.
L’accord signé avec Alain Berset concerne la production en Suisse, mais le ministre de la Santé compte travailler avec les pays voisins, confrontés eux aussi aux mêmes enjeux. Joos Sutter voit les choses de la même manière: «Avec cet engagement, nous donnons un signal fort en Suisse, mais aussi à l’étranger où le défi est le même. Nous ne sommes pas une île, il est important que les pays voisins réfléchissent avec nous, afin que la Suisse ne soit pas la seule à montrer l’exemple.»

Alain Berset (à dr.) et Joos Sutter: ensemble vers le même but.

Pour Alain Berset, l’Initiative de Milan est «un premier pas très important»

Interview

Le conseiller fédéral voit dans la réduction des teneurs en sucre un véritable enjeu de santé publique. Les entretiens de Milan sont un premier pas très important.

Monsieur le conseiller fédéral, mangez-vous des yogourts?
Je vous le confie, j’ai un faible pour les yogourts au moka, depuis que je suis tout petit. J’en mange beaucoup. Et mon dernier birchermüesli remonte à ce matin. Donc vous voyez si la thématique me concerne!

Et dans ces moments, faites-vous attention à la teneur en sucre?
Oui, mais comme dans tout produit transformé, vous ne pouvez plus rien faire si vous l’estimez trop sucré. Avec l’Initiative de Milan, les consommateurs seront toujours libres d’acheter ce qu’il souhaitent, en toute connaissance de cause. Nous les informons sur ce qu’il convient de faire pour manger et vivre sainement. C’est la responsabilité de la Confédération. La responsabilité des entreprises est de réfléchir aux façons de diminuer, là où c’est possible, la quantité de sucre dans leurs produits. C’est le but de l’Initiative que nous avons signée ensemble.

Quelles vont être les prochaines étapes?
Ce texte est un premier pas important. Les prochaines étapes seront faites de contacts avec les distributeurs et producteurs pour déterminer ce qui est réalisable. Nous allons aussi définir ensemble un programme de recherches. La Confédération est prête à s’engager pour soutenir la branche dans ces questions. Puis, d’ici un an ou deux, nous pourrons tirer un premier bilan. Tout cela ne va pas se faire du jour au lendemain, mais il est central qu’il y ait cette dynamique de départ, avec un objectif commun.

Qu’un acteur comme Coop s’engage est donc pour vous très important?
Bien sûr. Il est indispensable pour nous que les principaux acteurs soient prêts à approfondir certaines questions. Et Coop est un acteur central!

Plutôt bien informés, les Suisses sont malgré tout mauvais élèves en comparaison internationale, comment l’expliquez-vous?
L’information est extrêmement importante mais je pense qu’il y a d’autres éléments, comme le développement des produits transformés. Ils sont partout. Nous en consommons de plus en plus avec nos modes de vie actuels, la pression du temps, du travail. Il est probable aussi que les traditions jouent un rôle. Nous avons une production indigène de sucre en Suisse, avec une histoire gustative qui lui est liée.

Justement, n’y a-t-il pas un risque que les consommateurs y voient un changement d’attitude imposé?
Un consommateur peut de toute façon, s’il le souhaite, sucrer davantage un yogourt. On ne lui enlève rien, il y aura toujours des produits sucrés. Mais nous devons attirer l’attention sur les conséquences que cela peut avoir, notamment les dangers de l’excès de sucre dans le développement des maladies non transmissibles. Face à ce problème, l’Initiative de Milan est un élément important dans notre réflexion globale sur la santé publique en Suisse.

Coop pionnière

L’entreprise a déjà pris de nombreuses mesures pour promouvoir une alimentation saine et équilibrée, allant bien au-delà des exigences légales. Partenaire du programme de la Confédération «actionsanté», elle a déjà réduit en 2011 la teneur en sucre de 90% de ses yogourts et de tous ses desserts frais. Elle a en outre supprimé dans pratiquement tous ses produits de marque propre les graisses hydrogénées et les colorants artificiels.

Consommation par jour en Suisse et à l’étranger

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Thierry Délèze

Rédacteur en chef

Photo:
Claudio Bader, Getty Images
Publication:
lundi 10.08.2015, 15:50 heure



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