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En curling, la tactique est primordiale. L’échange entre le skip (celui qui fait la stratégie) et les balayeurs va permettre de placer les pierres. Elles doivent être le plus près possible d’une cible circulaire dessinée sur la glace, appelée la maison.

Un curleur doit être complet: une bonne stabilité, de l’explosivité, de l’endurance pour les balayeurs et être fort mentalement sont les qualités requises.

La concentration est totale au moment de lancer la pierre.

C’est la mère et la grand-mère de Peter de Cruz qui lui ont transmis le virus du curling. Depuis 1 an ½, il peut vivre de sa passion et profite d’une de ses rares journées au bord du lac à Genève.

Claudio Pätz, Benoit Schwarz et Valentin Tanner (de gauche à droite) reprennent des forces avant d’entamer une session de condition physique à Macolin.

Valentin Tanner a un rôle physique au sein du Team De Cruz. Il est l’un des balayeurs. Pour les Jeux olympiques de Pyeongchang 2018, il doit être au top physiquement.

Benoit Schwarz, qui a mis ses études entre parenthèses pour se consacrer au curling, joue avec Peter de Cruz et Valentin Tanner depuis 15 ans. La force de l’équipe, c’est sa constance.

Lors de la dernière pierre que doit jouer Benoit Schwarz, la concentration est maximale. Une bonne stabilité, de l’explosivité, de l’endurance et être fort mentalement sont les qualités requises pour exceller en curling.

Peter de Cruz donne ses consignes à ses coéquipiers. Au sein de l’équipe, c’est lui le capitaine (skip) qui décide où il veut les pierres.

Le curling est un sport très fin qui demande beaucoup d’adresse. Il mélange les échecs, le billard mais aussi les sport de glace.

Souvent moqué, le balayage est la partie la plus physique du sport et influence énormément le jeu, en prolongeant jusqu’à 2,5m la distance de la pierre.

Premiers Jeux: le rêve de médaille des curleurs

Préparation Les Genevois du Team De Cruz représenteront la Suisse aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud (du 9 au 25 février). Nous avons suivi le capitaine Peter de Cruz et son équipe pendant les derniers mois avant leurs premiers Jeux.

C’est la répétition générale avant les Jeux olympiques. L’équipe genevoise emmenée par son capitaine Peter de Cruz (28 ans) dispute fin novembre devant son public les Européens de curling et décroche la médaille de bronze. «Nous sommes quand même un peu déçus. S’il y a plein de belles choses positives, il y en a aussi à améliorer avant les Jeux», lâche sur le vif Peter de Cruz. Après une entame de tournoi historique (huit succès consécutifs) qui avait suscité les espoirs les plus fous, le team suisse a été stoppé net en demi-finale par les Écossais. «Un titre européen à la maison aurait rajouté une pression supplémentaire à l’équipe. Donc aborder les Jeux en position d’outsider n’est pas forcément une mauvaise chose», affirme Patrik Loertscher, champion olympique à Nagano en 1998, année où le curling est devenu discipline officielle. «L’équipe championne d’Europe brille rarement aux Jeux. Nous avions été ridicules aux Européens avant de décrocher l’or olympique», poursuit le Vaudois, consultant à la RTS. Peter de Cruz avait 8 ans lors des JO de 1998. Devant la télévision avec sa mère qui venait de commencer ce sport atypique, il se souvient qu’ils ont vibré lors de la pierre qui a offert le titre olympique à la Suisse. Il s’essaie alors lui aussi au jet de pierre avec d’autres jeunes présents lors d’un tournoi disputé par sa mère, son beau-père et sa grand-mère. Le coup de foudre est immédiat. Et deux décennies plus tard, il est considéré comme l’un des meilleurs skips (le stratège de l’équipe) du monde. 

Un virus contagieux

Aux Bains des Pâquis (GE), où il nous a donné rendez-vous quelques jours après la médaille de bronze européenne, le natif de Londres confie que le virus du curling est contagieux chez les de Cruz. «Ma famille britannique a trouvé le seul club existant en Angleterre et elle s’y est aussi mise.» En face du jet d’eau, Peter de Cruz évoque enamouré «ce sport très fin qui demande beaucoup d’adresse, dans lequel tout se joue dans la tête. Et qui mélange les échecs, le billard mais aussi les sports de glace.» Depuis l’exploit de Nagano, la Suisse a ramené au moins une médaille par joute dans la discipline, excepté à Sotchi en 2014 (voir notre infographie en page 16). Le Team De Cruz a lui été médaillé – argent européen en 2015, bronze en 2016 et 2017 et bronze mondial en 2014 et 2017 – chaque fois qu’il a représenté la Suisse en compétition élite. Alors, forcément, les Genevois suscitent des espoirs en Corée du Sud. «On y va avec l’ambition de jouer à notre meilleur niveau, d’aller au moins en demi-finale et avoir ainsi une chance de médaille», confie sans détour le sportif. «Mais tout est nouveau, notamment les nombreuses sollicitations médiatiques et des éléments hors contrôle.
Il faudra se mettre dans une bulle.» Le curling est volontiers qualifié de sport ringard et le balayage souvent moqué. «La pierre pèse 20 kg, il y a 10 manches avec 8 pierres à lancer chaque fois sur une piste de 50 m et un match dure 2 h 30 environ», explique le skip, qui a le rôle de meneur dans l’équipe et décide où il veut les pierres. «Le balayage est la partie la plus physique et influence énormément le jeu, en prolongeant jusqu’à 2,5 m la distance de la pierre. Le joueur fait 60–70% du travail, le reste c’est de la communication et du balayage.»

Balayer les préjugés

Sur les hauteurs de Bienne, l’élite sportive suisse s’exerce au centre national de sport de Macolin. On y travaille la condition physique et les équipiers du Team De Cruz doivent eux aussi transpirer sur les machines. Leur capitaine a, lui, le dos bloqué après un accident ménager et doit jongler entre les séances chez l’ostéopathe et le physiothérapeute depuis le début du mois. Tout est minuté afin qu’il ne manque pas son rêve olympique. Sur le rameur, Valentin Tanner (25 ans) enchaîne les sessions à un rythme soutenu. Il est l’un des «gros bras» du team avec l’alémanique Claudio Pätz (30 ans), tous les deux balaient plus que les autres et doivent être physiquement au top pour l’objectif Pyeongchang. «Tu balaies comme un fou, puis tu dois redescendre pour être calme lorsque tu lances ta pierre», dit Valentin Tanner. Chacun s’entraîne religieusement dans la sueur de la salle de sport alors que la neige tombe abondamment dehors. En curling, il n’y a pas de préparateur physique personnalisé et le manager de l’équipe n’est autre que Peter de Cruz. Il consacre environ quatre heures par semaine à l’administration du team, de l’inscription aux tournois à l’organi­sation des voyages et de la recherche difficile de sponsors. Avant de se consacrer uniquement au curling depuis un an et demi, il travaillait comme manager au curling club de Genève. «Cela fait quatre ans que l’on prépare les Jeux. On a chaque année peu à peu baissé notre taux pour accorder plus de temps au curling», dit Benoît Schwarz (26 ans), la force tranquille de l’équipe, qui a mis ses études entre parenthèses. La Fondation de l’Aide sportive suisse (lire en page 17) assure la moitié du budget de l’équipe et permet aux Suisses d’optimiser leur préparation pour réaliser leur rêve olympique. Tous vivent de manière provisoire et pour une durée déterminée de leur sport, mais il n’est pas possible d’en faire son métier.

«

Désormais, on nous prend au sérieux»

Peter de Cruz (28 ans), capitaine de l’équipe suisse de curling

La reconnaissance olympique

L’année débute à peine que les curleurs genevois répètent déjà leurs gammes pour l’un des derniers entraînements préolympiques sur leur glace. Dans la halle de Bienne résonnent le bruit des pierres qui s’entrechoquent, les cris des curleurs qui communiquent et leurs éclats de rires. «Le collectif, c’est la principale force de cette équipe. Ils se connaissent par cœur et ils deviennent meilleurs ensemble», analyse Thomas Lips, l’entraîneur national. «J’avais 9 ans la première fois que j’ai joué avec Peter. Benoît est arrivé juste après. J’ai plus souvent dormi avec eux qu’avec mon frère, sourit Valentin Tanner. Les JO, c’est le fruit de tout le travail. Alors, imaginez y aller avec vos meilleurs potes!» De retour de blessure, Peter de Cruz confirme: «On forme un noyau dur tous les trois. Claudio Pätz joue avec nous depuis quatre saisons; il s’est très bien intégré. Notre force, c’est notre constance.» Depuis qu’ils sont qualifiés pour les JO, Peter de Cruz sent la ferveur monter. «Les Jeux, ça parle à tout le monde. Ça légitime nos sacrifices et on nous prend désormais au sérieux.» La finale du tournoi olympique de curling est prévue le 24 février. Ce jour-là, la mère de Peter de Cruz, qui se rendra en Corée du Sud, espère être au centre de curling de Gangneung. Et comme en 1998, elle rêve de vibrer au moment de la dernière pierre suisse.

Médaille d’or suisse en 1998 aux JO de Nagano

Fondation de l’Aide Sportive Suisse

L’Aide sportive, dont Coop est partenaire Or, est la plus grande et la plus ancienne fondation nationale dans le domaine de la promotion des athlètes. Elle apporte un soutien financier aux jeunes prometteurs. Depuis sa création en 1970, elle a investi plus de 120 millions de francs en faveur du sport suisse et soutenu 17  500 athlètes. En 2016, 885 athlètes issus de 50 disciplines ont reçu un total de 4,9 millions de francs. Une contribution qui a plus que doublé en cinq ans (2,4 millions en 2012). Les athlètes titulaires d’une Swiss Olympic Card bronze, argent ou or pratiquant une discipline olympique reçoivent une contribution d’encouragement d’entre 12  000 et 36  000 francs par année. Lors des Jeux de Rio en 2016, l’Aide sportive a encouragé 71 des 109 sportives et sportifs durant les deux années précédant les JO, par un montant total de près de 1,5 million.

Plus d’infos

Saint-Gall, novembre 2017

L’équipe genevoise, qui représente la Suisse aux Européens de curling à Saint-Gall, se pare de bronze devant son public.

Genève, novembre 2017

Peter de Cruz profite de l’un des rares moments passés chez lui à Genève, quelques jours après avoir décroché le bronze européen.

Macolin, décembre 2017

Valentin Tanner enchaîne les sessions sur le rameur. Dans le Team De Cruz, il a le rôle le plus physique et peut faire basculer un match en balayant.

Bienne, janvier 2018

Sur la glace de Bienne, le capitaine Peter de Cruz donne ses consignes à ses coéquipiers. La communication est essentielle dans cette discipline.

Infographie: Caroline Koella

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Sylvain Bolt

Rédacteur

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Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno, Keystone
videos:
Sylvain Bolt
Publication:
lundi 22.01.2018, 14:00 heure



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