L’agriculteur Romane Marseille (39 ans) et sa femme Nadia Josephe (34 ans) devant leur maison reconstruite. Au centre, leur fille Rodna (18 ans) et leur fils Mydeus (7 ans). La fille aînée était absente ce jour-là.

Préservation: l’importance des forêts protectrices

Sylviculture Le bois de chauffage vendu chez Coop provient notamment de 
forêts protectrices. Ces dernières protègent des avalanches et des laves torrentielles. 
La nécessité de leur entretien est cependant une notion assez récente.

La tronçonneuse longe impitoyablement le tronc et sectionne les branches. Dominik Brantschen (25 ans), bûcheron, s’attaque ensuite au tronc lui-même, cinq secondes plus tard, les restes du petit épicéa gisent à terre. Un acte qui peut choquer le non-initié, mais effectué «dans un but de préservation et non de destruction», comme le dit Fredy Zuberbühler (56 ans), garde forestier. Le travail des bûcherons dans la forêt protectrice surplombant Blitzingen, à Goms (vallée de Conches), en Valais, est appelé «soins aux jeunes peuplements».
La tronçonneuse est l’outil de prédilection du garde forestier en raison de la nature même du travail d’entretien des forêts, souligne Fredy Zuberbühler. Ce dernier s’occupe des forêts protectrices de Goms depuis plus de trente ans, mais est originaire d’Appenzell. Aujourd’hui encore, son accent trahit ses racines. Par exemple quand il parle des mélèzes, Lärche en allemand, qu’il prononce Leäche.
Le garde forestier veut des forêts protectrices stables. Une stabilité qui se caractérise par un mélange d’arbres jeunes et vieux. D’où le fait que les bûcherons pratiquent régulièrement des éclaircies dans les forêts. En effet, lorsque les rayons du soleil atteignent le sol, de nouveaux arbres croissent. «La forêt protectrice peut ainsi remplir son rôle à long terme», précise Fredy Zuberbühler.
Historiquement, on sait que les terres boisées remplissaient jadis aussi une fonction protectrice. Cependant, on laissait la nature suivre son cours. La forêt vieillissait, mourait à cause d’une maladie ou de son âge, puisrenaissait lentement. Pendant que les arbres repoussaient, les populations des régions montagneuses étaient à la merci des avalanches et des laves torrentielles. Vu la forte densité démographique d’aujourd’hui, une telle situation ne serait plus envisageable. L’utilité économique de toutes les forêts protectrices suisses est évaluée entre quatre et cinq milliards de francs par année.

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La forêt, c’est la sécurité

«Les arbres les plus vieux de la forêt protectrice de Blitzingen avoisinent les 700 ans», assure Fredy Zuberbühler. Il est certain qu’ils s’élevaient déjà ici quand la région comptait plus de pâturages que de forêts. Ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que l’on reconnut que la forêt apportait plus de sécurité. La plupart des arbres ne sont donc âgés que de 70 ou 80 ans.
Les jeunes spécimens abattus aujourd’hui seront coupés en bois de chauffage et vendus sous le label Pro Montagna chez Coop et Coop brico+loisirs. «Il est vrai que le prix du bois de chauffage est bas en ce moment», commente Willy Werlen (44 ans)directeur de Forst Goms, mais il estime que le partenariat avec Coop en vaut la peine. «Nous abattons nous-mêmes les arbres et recourons à une institution de personnes handicapées locale pour conditionner le bois. Ainsi, toute la valeur ajoutée reste à Goms.» En outre, 50 centimes par caisse sont reversés au Parrainage Coop pour les régions de montagne, qui investit à son tour ces fonds dans des projets de reboisement à Goms.

Utilisation du bois suisse

Des actes pour le bien-être de tous

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Toutes les paroles aux actes
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Florian Kopp
Publication:
lundi 11.09.2017, 13:00 heure

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