Au milieu de ses cultures de petits fruits, Nicolò Paganini se sent vraiment 
dans son élément.

Pro Montagna
: le miracle de Campascio

Nicolò Paganini, dans 
le val Poschiavo, a choisi d’innover plutôt que de partir. Le Grison a misé sur les petits fruits, 
un projet couronné de succès. Rencontre.

Il y a certainement des manières plus faciles de gagner son pain quotidien. Tout comme il existe des lieux plus hospitaliers que ce coin de terre escarpé entre les sommets qui entourent le val Poschiavo. Pour un habitant du Plateau, Campascio a des airs de bout du monde. Ce hameau grison et italophone tout proche de la frontière italienne est le centre de la vie de Nicolò Paganini, 35 ans. C’est là qu’il a son travail, que vivent ses parents, ses connaissances, sa femme et ses trois enfants. C’est là aussi qu’il cultive fraises, framboises, mûres et myrtilles et qu’il a créé, dans une région pourtant pauvre en infrastructures, cinq postes de travail fixes et une quarantaine d’emplois saisonniers.

Mais comment a germé l’idée de cultiver des petits fruits en région de montagne? Le père de Nicolò Paganini cultivait des fruits à pépins. Mais le fils, une fois ses études achevées, s’est très rapidement rendu compte que les pommes et les poires n’avaient pas d’avenir. «Il y avait déjà assez de producteurs. En outre, nous étions trop petits et bien trop éloignés des grands centres», relève-t-il. Il s’est donc lancé dans les petits fruits, a investi, procédé à des essais, appris de ses échecs en remettant l’ouvrage sur le métier. Et il a fini par gagner.

«

Ici, on ne travaillera jamais avec 
des machines. 
On aura toujours besoin de mains»

Reste que son exploitation est retirée et de petite taille: huit hectares. Et pas d’un seul tenant, mais divisés en plus de quarante parcelles dont les plus petites ont la taille d’un jardin privé. «Cet éparpillement est un problème», reconnaît Nicolò Paganini. Le cultivateur y voit tout de même du positif: «Ici, on ne travaillera jamais avec des machines, on aura toujours besoin de mains. C’est une des raisons pour lesquelles j’aime la culture des baies.»
Joignant le geste à la parole, il cueille quelques framboises d’automne pour nous les faire goûter… Quelle saveur! Incomparable. «En haute saison, nous commençons la cueillette à cinq heures du matin et, quand tout se passe bien, les fruits arrivent le jour même dans les magasins.» Ses petits fruits les plus mûrs et les plus aromatiques sont utilisés pour les yogourts de montagne Pro Montagna de Coop, fabriqués en Engadine. Et quand on parle des «meilleurs fruits», ce n’est pas un slogan publicitaire: «Les yogourts Pro Montagna ne contiennent aucun arôme ni colorant ajouté. Tout doit venir des fruits, qui doivent pour cela avoir atteint leur pleine maturité», précise le producteur.
Soudain, Nicolò Paganini prend un air émerveillé et déclare: «Chaque année, c’est un miracle. En avril, il n’y a encore rien. Et puis les bourgeons éclosent, les fleurs s’ouvrent, les baies croissent… un pur cadeau de la nature!»

Quand les fruits sont mûrs, il faut parfois procéder jusqu’à huit récoltes suivant les variétés. Pour l’instant, Nicolò Paganini n’a pas rencontré de gros problèmes. Le vent, qui souffle constamment, chasse l’humidité et les ravageurs. Le lac de Poschiavo, tout proche, est un réservoir pour l’irrigation. Pourtant, alors que nombre de gens de la plaine ignorent le chemin qui mène à Campascio, un ravageur venu de Chine est arrivé jusque-là: la drosophile du cerisier.

Pour le combattre, Nicolò Paganini utilise un simple mélange de vin, de vinaigre et d’eau. Ce liquide attire les moucherons qui viennent s’y noyer. Voici un paysan qui a fait des études, innove et parle de miracle! Un montagnard qui n’est jamais aussi heureux que quand ses enfants l’accompagnent dans les cultures de baies le dimanche. Au «bout du monde» non plus, on n’est pas à l’abri des problèmes et la lutte pour la vie y est plus rude qu’ailleurs. C’est pour ça qu’existe Pro Montagna, la ligne de produits de montagne de Coop.

Yogourts de montagne Pro Montagna: quantité limitée

Les yogourts Pro Montagna viennent des montagnes grisonnes.

La production des yogourts Pro Montagna dure tant que les ingrédients provenant des montagnes suisses sont disponibles.

Les yogourts de Coop Pro Montagna contiennent du lait et des fruits provenant exclusivement des régions de montagne suisses. Ils sont produits par la laiterie Lataria Engiadinaisa SA, située à 1706 mètres d’altitude, ce qui en fait la plus haute d’Europe.
Les saveurs disponibles sont les suivantes: baies des bois, myrtille et fraise, abricot, pomme, poire et pruneau.
Même si la culture des fruits en région de montagne peut, au premier abord, sembler n’offrir aucune difficulté majeure, les quantités récoltées sont pourtant assez modestes. C’est pourquoi les yogourts aux baies peuvent porter la mention «en quantité limitée». Et ceci d’autant plus que les directives Pro Montagna sont plus sévères que l’Ordonnance sur les dénominations «montagne» et «alpage». Celle-ci autorise la transformation d’une partie de la matière première en produit fini consommable en dehors de la région de montagne. Pro Montagna, en revanche, ne permet pas de telles exceptions.

Pro Montagna: pour nos montagnards

Les produits Pro Montagna sont typiques des montagnes suisses. Non seulement les matières premières sont issues des régions de montagne, mais c’est aussi là que les animaux sont élevés et les produits transformés. Des emplois sont ainsi créés et ces régions profitent d’une plus grande valeur ajoutée. Pour chaque produit Pro Montagna vendu, quelques centimes sont reversés au Parrainage Coop pour les régions de montagne. Par exemple 10 centimes pour un pot de yogourt de 500 g. Le montant versé permet de soutenir des projets durables dans les régions de montagne suisses. Les consommateurs peuvent ainsi contribuer au maintien du paysage cultivé et soutenir les populations de ces régions.

www.coop.ch/promontagna

Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Yannick Andrea, Beatrice Thommen Stöckli
Publication:
lundi 09.09.2013, 00:00 heure