Margrith Baumann 
(à g.) coud les housses et les motifs alors qu’Yvonne Müller réalise des duvets 
à la main avec de la laine et du coton.  

Quand la chaleur vient de la montagne

Dans le canton d’Uri, deux femmes créent des couvertures pour enfants. Le Parrainage Coop leur a donné un coup de pouce financier pour les aider à lancer leur projet.

Yvonne Müller vit au fin fond du Schächental uranais. Sa petite ferme est accrochée aux pentes raides qui surplombent la route du Klausen, à 1700 m d’altitude. En hiver, descendre au village est un supplice. Cette paysanne de 44 ans passe donc ses journées à la maison, à confectionner des couvertures avec de la laine produite dans le canton.
Ce travail manuel lui apporte calme et harmonie: «J’en profite pour rêvasser, et parfois, je me demande qui va bien pouvoir dormir un jour sous la couverture que je tiens entre les mains.»

Yvonne confectionne des couvertures pour enfants depuis une année et demie. Un projet qu’elle a lancé avec Margrith Baumann, également paysanne, qui vit dans le Meiental (UR), sur la route du col du Susten.
A 43 ans, cette couturière professionnelle réalise les housses des couvertures en textile non-tissé. Avec une trentaine de femmes, Yvonne et Margrith font partie du Verein Urner Wolle (Association uranaise de la laine), dont le but est de transformer la laine produite dans le canton.

«

Nous tenons 
à fabriquer de beaux produits 
de qualité»

Les deux femmes viennent d’ajouter un septième motif à leur gamme: le car postal. «La vache et l’éléphant ont la cote, souligne Yvonne. Espérons que le car postal trouvera bon accueil.» La quadragénaire sait bien que ses cinq enfants sont trop grands pour faire partie du public cible, mais Margrith a quand même pris l’habitude de leur demander leur avis. «J’apprécie leur franchise», avoue-t-elle en riant.

Yvonne et Margrith auront bientôt la possibilité de personnaliser leurs couvertures. «Avec l’aide du Parrainage Coop pour les régions de montagne, nous avons pu acheter une machine à coudre», nous annonce Margrith, enthousiaste à l’idée de bientôt créer des couvertures au nom des enfants auxquels elles sont destinées.
Une couverture qui «grandit» avec l’enfant en quelque sorte. «Petit, il peut être assis ou couché dessus pour jouer, explique Yvonne. Plus tard, le molleton fixé à la couverture par des pressions pourra être séparé et étendu sur le matelas, tandis que la couverture de laine servira à couvrir l’enfant.» Accrochée au-dessus du lit, la housse servira de décoration murale.

Les deux paysannes unissent savoir-faire et passion dans leur travail: «Nous tenons à créer de beaux produits d’excellente qualité.» Des propos confirmés par le fait qu’elles accordent une attention particulière au choix des matériaux: l’intérieur en laine vierge des couvertures est recouvert d’un tissu de coton bio cousu à la main. Le matériau non-tissé pour la housse et les motifs est acheté en gros.
Le projet tient à cœur aux deux femmes à plus d’un titre. D’une part, il leur procure un revenu d’appoint non négligeable (25 francs l’heure), d’autre part, il est à l’origine d’une belle amitié. Et là-dessus aussi elles sont d’accord: «Ça en valait la peine, rien que pour cette raison.»

Un revenu complémentaire pour les paysannes suisses

Margrith et Yvonne parmi les moutons du Schächental uranais.

Le Parrainage Coop pour les régions de montagne soutient des projets lancés par des paysannes suisses vivant en région de montagne, en collaboration avec les services de l’agriculture du canton de Schwytz. Le but de ces projets est de leur procurer un revenu complémentaire.
Il s’agit d’aider ces agricultrices à se lancer dans des entreprises en leur permettant d’acheter par exemple une machine ou de commercialiser leurs produits. Le projet Couvertures uranaises pour enfants est l’un de ces multiples projets.
Sur le Würzalp, dans l’Entlebuch (LU), Monika Bolzern confectionne des couvertures pour chiens en laine de mouton et des coussins en jute et en laine pour ruchers. Au Toggenbourg (SG), une vingtaine de paysannes produisent des paniers garnis de produits de leur ferme. En Suisse orientale (Grisons, Appenzell et Saint-Gall), des paysannes fabriquent une multitude de produits à la main, comme des sacs à main ou des broderies. Certaines proposent même des cours.

Auteur: Noëmi Kern

Publication:
lundi 24.02.2014, 00:00 heure