Christoph Mischler 
a du plaisir 
à travailler là où 
on a besoin de lui. 
Par exemple, à 
la fabrication de 
rouleaux à pâte.  

Quand le travail apporte le sourire

L’intégration 
professionnelle, 
sociale et culturelle 
de personnes en 
situation de handicap sont les objectifs de la Fondation Brändi. L’exemple heureux 
de Christoph.

Il y a des sourires qui irradient le bonheur. Comme celui de Christoph Mischler, un pensionnaire de la Fondation Brändi, à Willisau (LU).
Assis à sa table de travail, le jeune homme fabrique des rouleaux à pâte. Il est rayonnant et ne pense pas aux drôles de «cadeaux» des fées qui se sont penchées sur son berceau, il y a vingt-cinq ans. «J’avais des problèmes d’ouïe, que j’ai toujours, et le ventre ouvert», nous raconte-t-il. Comme si ça ne suffisait pas, d’autres complications sont venues s’ajouter avec les années. En fin de compte, ce garçon du fond de l’Entlebuch (LU) n’a jamais vraiment pu mener une vie normale. Mais au fond, qu’est-ce que la normalité?

Et pourtant, Christoph a le sourire. Surtout quand il parle de ses rêves, même s’il sait qu’il ne pourra jamais les réaliser: être conducteur de locomotive ou pilote d’avion. Il se voit aussi en hockeyeur, déjouant la vigilance du gardien de l’EV Zoug, ou mieux, du SC Berne, d’un tir imparable.
Mais un rêve au moins va se concrétiser l’année prochaine: «A la Fête-Dieu, nous irons au bord de la mer… Enfin!», annonce Christoph, des étincelles dans les yeux. Pour le hockey, qui sait, peut-être qu’un dirigeant de club lira cette histoire? Mais pour ce qui est d’aller à la mer, c’est l’affaire des responsables de la Fondation Brändi. «Chaque année, on organise un camp, précise Markus Vogel, chef des ateliers Brändi à Willisau. Christoph Mischler s’est inscrit pour l’excursion au bord de la mer.»

«

Christoph est 
heureux lorsqu’il parle de ses rêves»

Les vacances de la Fête-Dieu sont encore loin. En attendant, Christoph continue de monter des rouleaux à pâte, aide à l’expédition, assemble des éplucheurs à légumes, bref, il travaille là où on a besoin de lui. Et où ses capacités le lui permettent. Une journée après l’autre, huit heures durant.

Mais dans une journée, il y a plus de huit heures. Ce qui laisse du temps pour une vie à côté du travail. «J’habite dans un appartement protégé avec cinq collègues de Brändi», confie Christoph. Cela implique de faire les commissions et le ménage, de s’entendre avec d’autres personnes et de faire la cuisine. «Ma recette préférée, ce sont les wienerli en croûte.» Et que se passe-t-il si les autres n’ont pas envie de wienerlis? «Ben, il y a aussi de la soupe!» 
Comme on ne peut pas vivre seulement de saucisses et de pâte feuilletée, les animateurs de la Fondation veillent à ce qu’il y ait aussi des légumes et de la salade au menu. Le sourire de Christoph s’estompe un instant: «Il faut bien.» Mais sa gaieté revient bien vite quand il se met à parler de ses copains du club de gymnastique de Willisau, du Chilbi à Lucerne (grande foire d’automne) ou du match de hockey Zoug-Berne, où l’a emmené son chef à son anniversaire.

Retourner dans l’Entlebuch? Christoph n’y pense même pas. «De temps en temps, je vais chez ma grand-maman. Mais je sais que je resterai toujours ici, chez Brändi. Ici on a besoin de moi», dit-il. Triste? «Non!», la réponse est claire et nette. 
Pour que d’autres personnes comme Christoph Mischler aient un foyer, un emploi, qu’elles puissent participer à des manifestations populaires, il faut confier du travail à la Fondation Brändi. «Le travail donne un sens à la vie. A celle de nos collaborateurs aussi», insiste Markus Vogel. 
Pour obtenir des mandats, les ateliers Brändi doivent jouer le jeu du marché. «Coop est un de nos meilleurs partenaires depuis des années, souligne le responsable. Nous en sommes très heureux, il faut que cela soit dit.»

De très belles cartes de Noël 

Les cartes de Noël réalisées dans les ateliers Brändi.

Les cartes de Noël réalisées dans les ateliers Brändi.
Les cartes de Noël réalisées dans les ateliers Brändi.

Ces prochaines semaines, les collaborateurs de Coop enverront près de 36 000 cartes de Noël*. Chacune est unique et a été fabriquée avec soin dans les ateliers de la Fondation Brändi. «Nous sommes enchantés», déclare Nicole Stocker, qui s’occupe des achats chez Coop. Chaque année, lorsque les cartes arrivent chez le détaillant, c’est tout juste si on ne les lui arrache pas des mains. C’est bien compréhensible: «Nous avons – et envoyons – les plus belles cartes de Noël du monde.»

* Ces cartes ne sont pas disponibles dans le commerce.

Mandats de Coop
: pour plus de 3 millions

Ouvre-boîtes, couteaux éplucheurs, pinceaux en silicone ou casse-noix, vis, clous ou écrous: beaucoup d’articles pour les marques de Coop sont produits, montés ou emballés dans des ateliers pour personnes handicapées. Il y a aussi des maisons pour les oiseaux ou des caisses à vin. L’année dernière, Coop a donné en tout pour plus de 3 millions de francs de mandats à des institutions de ce genre.