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Chez Jacques Dutronc à Monticello. © Jacques Dutronc

Balade avec Marthe Keller sur les hauts de Verbier. © Gérard-Ph. Mabillard

Quand le verre inspire les stars

Exposition Plus de soixante personnalités ont créé une image autour d’un verre à vin, symbole de partage et d’émotion. Une exposition dévoile aujourd’hui ces photographies originales. À voir à Sierre.

Que partagent Oliver Stone, Jacques Dutronc, Sandrine Bonnaire, Zinédine Zidane ou Quentin Tarantino? Les cinq font partie des 61 personnalités qui ont répondu présent lorsque Gérard-
Philippe Mabillard, directeur de l’Interprofession de la vigne et du vin en Valais, leur a demandé pour la bonne cause (voir ci-dessous) de créer une image sur le thème du verre à vin, en toute
liberté.

Billy F. Gibbons © Alain Sauquet

Un passeur d’émotion

Pour le Valaisan, «le verre est un vecteur de communication hors pair. Un verre à la main, on trinque en regardant son ami dans les yeux. Le verre reflète l’intensité de la couleur et la densité de la matière. Il tinte à nos oreilles, conduit les arômes du vin jusqu’à nous. À travers lui, on partage un moment de complicité et de plaisir. D’où l’idée de l’utiliser comme passeur d’émotion.»
C’est grâce aux adresses récoltées durant ses années d’engagement dans de grandes enseignes d’horlogerie et de mode que le Valaisan a pu concrétiser son projet.

De Quentin Tarantino…

«Je savais qu’un jour, je mettrais mon carnet à disposition d’une bonne œuvre. L’occasion s’est présentée et cela m’a paru évident. J’ai travaillé sur ce projet personnel dans le plus grand secret, je voulais me sentir libre.»
Pendant une année, Gérard-Philippe Mabillard a approché une soixantaine de stars et d’artistes, leur envoyant deux bouteilles de vin valaisan, un rouge et un blanc, et six verres. Libre à chacun de réaliser sa propre mise en scène autour de l’objet «verre». «Quentin Tarantino est titanesque, autant par son talent que par sa taille. Le photographier fut un privilège rare et unique. Il a choisi d’imiter la mise en scène de l’une de ses idoles, l’acteur Norman Lloyd, qui a aussi participé au projet.» La photo a été faite à Lyon, où le cinéaste avait reçu le prestigieux Prix Lumière.

Quentin Tarantino a voulu imiter Norman Lloyd. © Gérard-Ph. Mabillard

… à Sandrine Bonnaire

Jacques Dutronc, lui, n’a pas quitté sa Corse. «Je l’ai appelé pour lui parler de mon projet. Lorsque je lui ai dit que j’allais lui envoyer du vin et des verres pour sa photo, il m’a proposé de venir directement les apporter chez lui, à Monticello.» Où Gérard-Philippe Mabillard reconnaît avoir passé trois jours inoubliables. «Nous avons refait le monde et beaucoup ri. Le soir, au coin du feu, nous écoutions Tino Rossi. Il a pris du temps et mis beaucoup de cœur pour cette image. Il avait le souci de bien faire.»
Il y a aussi eu l’actrice Sandrine Bonnaire. «Nous étions dans son appartement et elle cherchait une idée pour cette photo. Elle a soudain pensé à un détail qui est immédiatement reconnaissable chez elle: son sourire! Me voici donc avec mon Leica à quelques centimètres de son visage pour cette photo gourmande… Extraordinaire!»
Toutes ces photographies hors normes sont à voir au Musée valaisan de la vigne et du vin à Sierre jusqu’au 12 avril. L’expo partira ensuite sous d’autres cieux, en Suisse et dans le vaste monde.

Un livre pour la bonne cause

C’est en découvrant l’action de la Fondation Moi pour Toit que Gérard-Philippe Mabillard s’est senti profondément touché par l’engagement du fondateur Christian Michellod, depuis plus de 25 ans, auprès des enfants abandonnés et maltraités de Pereira en Colombie. La Fondation Moi pour Toit est une ONG valaisanne-suisse, à but non lucratif. Depuis 1987, elle a accueilli près de 10 000 enfants, gérant son propre programme d’accueil, de protection, d’éducation et de formation. Père de trois enfants, Gérard-Philippe Mabillard décida alors de contribuer à cette aventure humaine. «C’est la première fois qu’un projet altruiste est développé par un canton vinicole et les Vins du Valais savent être généreux.» Des 61 images exposées à Sierre, 55 font l’objet d’un livre somptueux paru aux Éditions Glénat. La vente de cet ouvrage, disponible dans tous les pays francophones, a déjà permis la remise d’un don de plus de 20 000 fr. à la Fondation Moi pour Toit. Et l’aventure continue…

Un cépage rare

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

L’humagne blanche est un cépage aussi rare que remarquable. On en tire un vin subtil, capable de surprendre et de plaire par ses multiples facettes. Dans sa prime jeunesse, il se montrera léger et fruité comme c’est le cas du vin proposé aujourd’hui, avec un nez délicatement floral, une bouche fraîche et raffinée. Sous cet angle, il est idéal en apéritif et, servi avec une raclette, il sublime le fromage. Vieillie quelques années en cave, l’humagne blanche s’étoffe d’une étonnante vinosité et d’une belle complexité. Mentionné en Valais dans des écrits de 1313 déjà, ce plant qui côtoyait alors la rèze et le cornalin était servi les jours de fête, mais également lors des naissances. On élaborait alors avec ce vin un grog infusé d’herbes médicinales et sucré avec du miel destiné à requinquer les mamans.

Valais AOC Humagne Blanche Terrasses du Rhône Bibacchus 2013

Prix: 15 fr. 95/75 cl
Origine:
Suisse
Région:
Valais
Cépage:
humagne blanche
Maturité:
2015-2016
Disponible:
dans les grands points de vente ou sur: www.coopathome.ch

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Anne-Marie Cuttat

Rédactrice

Photo:
Stefan Bohrer, SP
Publication:
lundi 23.02.2015, 14:10 heure

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