L’étalon Helsinki a pour mission de transmettre ses gènes afin d’assurer la pérennité de la race Franches-Montagnes.

Races: le dernier cheval suisse

Le Franches-Montagnes  est la dernière race chevaline suisse. Pour ne pas perdre ce patrimoine génétique, plusieurs organisations, dont Pro Specie Rara, coordonnent leurs efforts.

«Helsinki» est un imposant étalon de la race Franches-Montagnes. Ce qui implique pour lui une lourde – mais agréable – responsabilité: transmettre ses gènes pour contribuer à maintenir la dernière race chevaline suisse encore existante.
Les critères de sélection des étalons d’élevage sont sévères. «Chaque année, au mois de janvier, tous les étalons de 3 ans sont évalués à Glovelier (JU). Certains sont présélectionnés comme étalons d’élevage potentiels», indique Peter Hurni, qui élève des Franches-Montagnes avec sa femme Barbara.
Après la sélection, ces étalons sont formés pendant quarante jours pour la monte et l’attelage. Ce n’est qu’après avoir réussi l’examen final qu’ils sont déclarés aptes à l’élevage. Qualités qui doivent être confirmées chaque année si l’on veut conserver l’autorisation d’élevage pour l’année suivante.

La jument Cheyenne avec sa «nièce» Cienna, née le printemps dernier.

Pourquoi des directives si sévères? «On veille à maintenir aussi bien le caractère que les propriétés physiques du Franches-Montagnes, répond l’éleveur. Un beau cheval qui ne se prête pas bien au dressage ne convient pas pour l’élevage.»  
Le Franches-Montagnes est de type trait léger, donc plutôt trapu; il a le «pied» sûr et est d’un caractère calme. Autrefois, on l’utilisait comme cheval de travail. Il était également monté dans l’armée. Avec la mécanisation de l’agriculture, les exigences envers cette race ont changé. «On a voulu en faire un cheval de loisirs, avec une silhouette plus fine et davantage de tempérament», poursuit l’éleveur. On l’a donc croisé avec des pur-sang, par exemple arabes. Toutefois, ces croisements ont failli faire disparaître le profil génétique originel du Franches-Montagnes. Les éleveurs ont réagi: en 1950, ils ont redéfini le type de base.  
Les Franches-Montagnes de l’époque ont été déclarés pure race ou Franches-Montagnes d’origine. Aujourd’hui, les Franches-Montagnes avec moins de 2% de sang étranger sont considérés comme des Franches-Montagnes originels.
Pour renforcer cette appellation, la Confédération, Pro Specie Rara, la Communauté d’intérêts pour le maintien du cheval originel des Franches-Montagnes, le Haras national suisse (HNS) et la Fédération suisse du Franches-Montagnes ont mis sur pied un programme de conservation qui promeut spécialement les poulains ayant une faible part de sang étranger. En outre, depuis 1997, plus aucun croisement avec des races étrangères n’est autorisé.
Malgré toutes ces mesures, l’effectif de cette race diminue. En 2001, 234 poulains originels sont nés; en 2011, il n’y en a plus eu que 114. Pour que le patrimoine génétique du Franches-Montagnes originel ne se perde pas complètement, il faut de bons étalons comme Helsinki.

La Fribourgeoise est un exemple de race éteinte

Cette image de la race Fribourgeoise appartient au passé.

Trop de croisements ont fini par épuiser le patrimoine génétique de cette race de vache.

Une tête noire avec une tache blanche sur le front, la pointe des cornes noire: les vaches Fribourgeoises avaient une apparence caractéristique. «Avaient» car la race s’est éteinte en Suisse dans les années 1970. Pro Specie Rara (PSR) a donc essayé de retrouver des représentantes de cette race ailleurs dans le monde.
Philippe Ammann, responsable du secteur Animaux à PSR, est donc parti en 2008 au Chili. En vain. «Les vaches que nous avons vues avaient bien l’aspect de nos Fribourgeoises, mais elles ont été tellement croisées que le patrimoine génétique originel s’est perdu.»
Les Fribourgeoises ont subi le même sort dans notre pays. En raison de croisements avec la Holstein pie noire, qui est une très bonne laitière, elles ont fini par disparaître.

Pro Specie Rara: pour la biodiversité

Depuis sa création en 1982, la fondation Pro Specia Rara s’engage pour la sauvegarde de plantes cultivées et d’animaux de rente traditionnels. Il s’agit de la plus grande fondation de ce type en Europe.
Coop soutient la fondation depuis 1999. Depuis 2003, ce partenariat s’inscrit dans le cadre du Fonds Coop pour le développement durable. Grâce à cette coopération, Coop peut proposer divers produits de Pro Specia Rara dans son assortiment. Par exemple des anciennes variétés de tomates et de pommes de terre. Elles témoignent de la diversité et des trésors de la nature et enrichissent nos cuisines et nos jardins de formes, de couleurs et de saveurs intenses.

www.coop.ch/prospecierara