Quelque mille participants sont inscrits à la Coupe de Noël 2013.

75 bougies en eau froide

En 1934, ils étaient neuf. Dimanche, ils seront 999 à défier l’eau à quelque 5° C. Dans la Rade de Genève, la Coupe de Noël déploiera son extravagance.

En 74 éditions, la Coupe de Noël a vu s’élancer à l’eau des sportifs aguerris, des intrépides et des braves. Mais ausssi des danseurs en tutu, des troupes de boxeurs, des hordes d’ours polaires, des skieurs en maillot de bain. Car la combinaison est ici en disgrâce, tout bonnement interdite.
«Il faut une bonne dose d’humour pour rentrer dans l’eau froide. Ou alors, il faut se prendre pour Superman!» Mère de trois enfants, Anne Françoise Manrique, s’entraîne dans le lac depuis octobre. «Quand les gens normaux commencent à nager, on arrête, et quand ils arrêtent, on commence. La nage en eau froide est quelque chose d’original, de fédérateur, qui ne requiert pas beaucoup de temps. C’est un sport extrême où on va aux limites de son corps, mais il reste tout de même facile à faire, proche de chez soi, et on n’a pas besoin de matériel. L’été, chacun est dans son coin, dans sa baignade. A 5° C, forcément, les gens se parlent!»

Forcément. Mais l’homme est-il prévu pour nager dans l’eau froide? «On ne s’habitue pas», répond Anne Françoise Manrique. «Pour moi, à chaque fois, c’est une lutte pour respirer, pour garder le calme et maintenir mon cap.» Marjorie, 16 ans, étudiante au Collège Claparède de Genève, qui nage dans le lac depuis l’automne en vue de la Coupe de Noël: «Avec ma copine Sandra, on s’est dit: «Allez, on le fait», et on l’a fait. C’est un peu un défi. Ce n’est quand même pas un truc très commun. Au début, on avait assez peur. Mais c’est moins difficile que ce qu’on pourrait imaginer. Il faut rester motivé jusqu’au moment où on entre dans l’eau. On se demande ce qu’on fait là, et on pense à notre famile bien au chaud! Mais après, on a plutôt une bonne sensation.» Sandra pourrait bien devenir une inconditionelle. «Il n’y a presque plus d’appréhension. Quand on est dans l’eau, on n’est plus que dans le moment même, on ne pense plus qu’à ce qu’on ressent, à nager, à se concentrer sur sa respiration et sur les réactions de son corps. Je ne suis pas quelqu’un qui fait du sport extrême, je suis un peu frileuse. Là, c’est un défi avant tout mental. Certains amis me demandent toujours pourquoi. C’est vrai qu’ils sont étonnés!»

Les passants qui longent le lac lors des entraînements aussi. «Ma fille me traite un peu de folle, je la reprends en lui disant que je ne suis pas folle, mais givrée!», lance Anne Annen Tardy, selon le terme consacré. Les givrés? Ce sont un groupe d’une vingtaine de passionnés qui nagent dans le lac
à l’année, se retrouvent pour quatre à cinq entraînements hebdomadaires aux Bains des Pâquis, «pas du tout» inquiets par les températures qui sévissent lors de la Coupe de Noël. Anne Annen Tardy deviendra-t-elle donc une vraie givrée?
«Je suis bien partie pour! C’est ma deuxième participation à la Coupe et je ne pense pas que ce sera la dernière. Ce n’est pas un truc qui me dégoûte. Je vais rarement au lac l’été. J’y retourne quand il y a moins de monde et quand l’eau est plus propre. Quand l’eau est plate, claire, c’est un beau miroir. J’aime cette sensation.»

Au-delà des températures, les nageurs de l’extrême évoquent des impressions, des lumières particulières. En fin de journée, ou très tôt, au lever du soleil. «Nager en eau libre est quelque chose de fantastique», commente Pascal Baudin, qui se revendique comme un «givré». «On voit des brochets, des silures, des carpes. Et à chaque fois, c’est différent - la couleur des algues, les rayons du soleil. A cette période de l’année, avec la bise, on part dans les vagues et c’est impressionnant. Il y a une espèce d’énergie qui est brassée. C’est étonnant comme le corps parvient à supporter ces températures et à tenir. On se sent vivre davantage.»
Au-delà du défi, de la bravoure. Le plus prenant? «Le contact avec les éléments. On s’y retrouve en  symbiose et on ne peut être qu’admiratif, même quand il pleut. On y est tous égaux, sans jugement, ou alors très peu!»

Deux impératifs: entraîné et en bonne santé

Dr. Ewen Cameron, médecin actif à la Fédération suisse de natation: « Il y a une grande différence entre les gens qui nagent en eau froide et les compétitions en eau libre. Celles-ci n’ont lieu que si la température de l’eau atteint au minimum 16° C. Cela dit, il est possible de s’acclimater à l’eau froide, si on s’y entraîne. Il faudrait déjà nager dehors, en bassin ou en rivière, en été et en automne, et ensuite parcourir de petits distances en eau froide, en augmentant doucement. Si la nage en eau froide peut être dangereuse? Absolument. Je ne le recommanderais à personne, si on n’est pas en bonne santé et si on ne s’y entraîne pas régulièrement. Les gens qui ont des problèmes cardiaques ou d’allergie au froid ne devraient jamais essayer.»

Coupe de Noël

Date: 15 décembre, de 9 h à 14 h 15
Lieu: Genève, Jardin Anglais
Température de l’eau: environ 5° C
Matériel: combinaison et moyens de propulsion interdits
Parcours: 120 mètres
Participants: 999
Répartition: 60% en groupes humoristiques, 40% de nageurs contre le chrono
Modus: 60 départs toutes les 5 minutes
Organisateur: Genève Natation 1885
Internet: www.coupedenoel.ch/

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Ariane Pellaton

Rédactrice

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Publication:
lundi 09.12.2013, 15:30 heure

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