Smilja (à g.) et Luibisa Mićić retrouvent peu à peu une vie normale après les calamités qu’ils ont vécues.

Reconstruire un an après l’inondation

Aide La Croix-Rouge suisse ne s’engage pas seulement là où il y a urgence, comme au Népal. Elle intervient aussi là où les catastrophes risquent de tomber dans l’oubli. Comme en Bosnie-Herzégovine.

C’est une journée de printemps ensoleillée, parfumée par les arbres en fleurs. Une impression idyllique jusqu’à ce que le regard se pose sur ce panneau: «Danger, mines!» La guerre est finie depuis vingt ans, mais elle a laissé des traces dans le pays. Et dans les mémoires.
La maison de Smilja (64 ans) et Luibisa (71 ans) Mićić n’a pas été épargnée. Elle est construite le long de la rivière Save, qui constituait l’ancienne ligne de front: de ce côté-ci, la Bosnie-Herzégovine, de l’autre côté la Croatie.

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En état de choc

Pourtant, la dernière calamité à laquelle le couple Mićić a été confronté n’a pas été l’explosion d’une mine, mais une inondation. En mai 2014, il a plu en trois jours ce qui tombe normalement en trois mois. Un tiers du pays a été sous l’eau des jours durant. La catastrophe a fait au moins
53 morts. «Nous étions en état de choc, raconte Smilja Mićić. Jamais je n’aurais imaginé que l’eau puisse monter autant!» Elle et son mari ont dû se réfugier au dernier étage de leur maison pour y attendre les bateaux de sauvetage.
Depuis, le couple a pu retourner chez lui, mais beaucoup de choses font encore défaut. «Nous vivons d’une petite rente et du produit de la vente des paniers confectionnés par mon mari, explique Smilja. Nous avons aussi des poules et un potager. Avec l’aide de la Croix-Rouge, nous avons pu acheter du bois de chauffage, de la nourriture et des médicaments.»
La Croix-Rouge suisse (CRS) a réagi sans attendre. «Dans une première phase, nous avons apporté une aide d’urgence à quelque 8000 familles en leur fournissant des articles d’hygiène, des produits ménagers et des déshumidificateurs», précise Andrea Schmid, coordinatrice de projet de la CRS au bureau régional d’Orašje. «Dans un deuxième temps, nous avons aidé 1300 familles dans le besoin à acheter des médicaments, des denrées alimentaires, du matériel de construction, du mobilier et des semences.»
Quelques heures après la catastrophe, Coop a promis un demi-million de francs. «Beaucoup de nos employés viennent de la région. Ils y ont parfois de la famille et des connaissances, souligne Béatrice Rohr, coordinatrice de l’aide à l’étranger. Il était donc d’autant plus important pour nous d’apporter une aide aux populations touchées.»

«

Jamais je n’aurais imaginé que l’eau puisse monter autant»

Smilja Mićić, victime de l’inondation en Bosnie-Herzégovine

L’espoir renaît

«Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans l’aide de la Croix-Rouge et du Programme des Nations Unies pour le développement, raconte aussi Marko Ćošković (37 ans), paysan et père de deux enfants. J’ai pu sauver la plus grande partie de mon bétail, mais perdu toute ma récolte. La cuisine au rez-de-chaussée a été détruite.» Grâce à ce soutien, il a pu acheter de quoi réaménager sa cuisine et des semences. «Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, mais nous allons de l’avant», dit-il en nous montrant fièrement les plants de tomates qui prospèrent dans la serre toute neuve. Un signe que l’espoir renaît et que la vie continue.

Aide de la Croix-Rouge en Bosnie

4,2 mio de francs depuis mai 2014

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/189
Toutes les paroles aux actes
Raffaela Brignoni

Rédactrice

Source: Croix-Rouge suisse

Photo:
Heiner H. Schmitt, SP
Publication:
lundi 01.06.2015, 15:10 heure

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