Ce n’est pas à la balance de nous dicter notre poids idéal. Quand on se sent bien dans sa peau, c’est qu’on l’a atteint.

Cap sur le poids qui vous plaît

Et si parmi les bonnes résolutions de l’année qui commence, 
il y avait «trouver son poids de forme»? Conseils pour 
s’émanciper des diktats de sa balance. 

Après les Fêtes et les liesses gastronomiques qu’elles ont générées, la balance connaît souvent un moment de gloire. Telle une statue de commandeur, la voilà qui surgit au milieu de la salle de bain ou de la chambre à coucher pour sonner l’heure de la pesée. Et rappeler à l’ordre tous ceux qui durant quelques jours ont oublié de surveiller leur ligne. Comme si elle seule était la garante du mode de vie que l’on devait mener pour être en forme. Comme si elle seule détenait le pouvoir de nous maintenir au poids idéal. S’il y a une bonne résolution à prendre en ce début d’année, c’est celle-là: ne plus donner autant d’importance à ce que nous dit la balance. «Le poids idéal, c’est celui que nous dicte notre sentiment d’être bien dans notre corps», ainsi que l’explique le médecin et psychothérapeute Gérard Apfeldorfer*, spécialisé dans les problèmes pondéraux. 

Le poids idéal n’existe pas

Pour les médecins, le poids idéal s’envisage après avoir calculé le fameux indice de masse corporelle (IMC). Celui-ci s’obtient en divisant le poids par la taille au carré, exprimé en kg/m2. Exemple: une personne mesurant 1,63 m et pesant 52 kg a un IMC de 19,5. Il faut diviser 52 par 1,63 × 1,63. Le poids est considéré comme normal entre 18,5 et 24,9. Au-dessous, on parle de maigreur, au-dessus, de surpoids et au-delà de 30, d’obésité. Pour certaines personnes, le poids idéal, c’est celui qu’on obtient après des régimes tyranniques pour se glisser dans des vêtements taille XXS. Pour d’autres encore, c’est celui qu’elles aimeraient afficher pour ressembler aux mannequins ou vedettes du cinéma qui les font fantasmer.
Conseil de Gérard Apfeldorfer: «Plutôt que de courir derrière le poids idéal, mieux vaut rechercher son poids d’équilibre. Celui que l’on appelle aussi poids naturel ou son poids de forme.»

Le poids de forme, c’est le vôtre 

Combien faut-il peser pour se sentir bien dans sa peau? Le poids dans lequel on s’installe durablement et sans effort. Pour certains, cela revient à endosser une taille L toute leur vie. Grave, docteur? L’important est de se sentir bien physiquement: être capable de se mouvoir sans difficultés cardiaques ou respiratoires en toutes circonstances. Et de se sentir bien psychiquement, en ayant une bonne estime de soi. Chaque individu est le fruit d’une histoire génétique, ce qui lui donne une morphologie particulière avec laquelle il doit faire alliance. On peut être à son poids de forme sans avoir obligatoirement l’indice de masse corporelle attendu par sa taille et son âge.
Conseil de Gérard Apfeldorfer: «Pour trouver ce poids naturel, il faut être à l’écoute de ses sensations corporelles – en faisant bouger son corps – et alimentaires – en étant attentif à ses sensations de faim et de satiété. Surtout, il ne faut pas contraindre son corps à essayer de ressembler à un corps fantasmé.»

La balance n’a pas forcément raison 

La balance affiche un chiffre. Mais ce chiffre ne dit rien de ce dont est constituée la masse pesée. Les os pèsent lourd, les muscles aussi. Les personnes qui se lancent dans des activités sportives régulières pour maigrir en font d’ailleurs l’expérience: malgré leurs efforts physiques, leur balance n’indique pas moins de poids. Parfois c’est même le contraire, leurs muscles s’étant densifiés. La balance ne délivre donc pas la vérité. Elle réduit un être à un nombre de kilos, mais ces kilos sont à apprécier différemment selon le mode de vie de cette personne.
Conseil de Gérard Apfeldorfer: «Se peser régulièrement permet de surveiller son poids naturel, et de veiller à ce qu’il reste stable. Mais il ne faut pas se polariser sur un chiffre. D’autant que des fluctuations de deux ou trois kilos, selon les périodes de l’année, sont normales.»

Mincir est souvent la promesse d’autre chose 

De nombreuses études le confirment: la majorité des personnes, notamment des femmes, qui veulent maigrir n’en ont pas besoin. Leur poids est correct. Pourquoi souhaitent-elles maigrir, alors? Dans notre société occidentale de surabondance, la minceur symbolise la maîtrise de son corps, l’accomplissement de soi-même et donc la réussite professionnelle, affective… Derrière le rêve de mincir se trouve souvent celui d’une vie plus en phase avec ses aspirations.
Conseil de Gérard Apfeldorfer: «L’envie de maigrir incite à faire des régimes, ce qui ouvre la porte à toutes sortes de dommages collatéraux: évolution du poids en yoyo, troubles du comportement alimentaire, perte de l’estime de soi. Il faut apprendre à dissocier ses émotions de l’acte de manger.»

Gérard Apfeldorfer est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le poids, tous parus chez Odile Jacob: «Maigrir c’est dans la tête», «Mangez en paix!»… 

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

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Publication:
lundi 20.01.2014, 15:00 heure

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