Après une exploitation effrénée, la forêt chilienne regagne du terrain.

Renaissance de la forêt chilienne

Prise de conscience Après des décennies de surexploitation, les forêts chiliennes sont gérées de manière durable. La demande suisse en produits FSC n’y est pas étrangère.

Près de 400 millions de tonnes de papier et de carton sont produites chaque année dans le monde, dont plus d’un quart en Chine. Dans les pays émergents, la demande, en constante augmentation, est difficile à couvrir. Y compris en Amérique du Sud. Le cas du Chili montre pourtant qu’il est possible d’exploiter efficacement les forêts sans les détruire.

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Boom des plantations

Après les mines, l’exploitation forestière est actuellement le plus grand secteur d’exportation du pays. Selon Cecilia Alcoreza, responsable du programme forestier du WWF Chili, la production permet de couvrir entre 8% et 10% des besoins mondiaux en papier et en cellulose.
Dans les années 1970, les grandes plantations avaient le vent en poupe. De moins de 500 000 hectares au départ, la surface cultivée s’étend à présent sur plus de 2,3 millions d’hectares. Sous Pinochet, seule la croissance importait. Ni la nature ni les droits des populations locales, les Mapuche, n’étaient pris en compte.
En plus du défrichage, la gestion incontrôlée des plantations faisait encore monter d’un cran la pression sur les forêts naturelles. La propagation d’espèces invasives, le recul de la biodiversité et l’érosion du sol en ont été les conséquences. Or, récemment, un virage à 180 degrés a été pris, sous l’impulsion d’écologistes engagés. «Au milieu des années 1990, on a mis fin à la transformation des forêts naturelles en plantations», rappelle Cecilia Alcoreza.
Depuis 2010, le WWF Chili et les propriétaires d’exploitations forestières travaillent à rendre le secteur plus durable. Avec succès, puisque 1,6 million d’hectares environ ont entre-temps été certifiés FSC. Cela équivaut à environ 70% des plantations chiliennes.
Le WWF a par ailleurs lancé il y a peu la Nueva Generación de Plantaciones (nouvelle génération de plantations): les exploitants s’engagent à préserver les écosystèmes et la biodiversité, à tenir compte des autochtones, tout en permettant une croissance économique durable.

«

Regagner la confiance prendra autant de temps que la renaturation »

Cecilia Alcoreza, responsable du programme forestier du WWF Chili

Une confiance à regagner

Dans le cadre de la certification FSC, 90 000 hectares de surface forestière ont été jugés particulièrement dignes d’être préservés, alors que 450 000 hectares de forêt naturelle ont été placés du-rablement sous protection. Et cela entre autres grâce à Coop et aux consommateurs suisses. La demande en produits FSC a en effet accéléré le processus de mutation de l’exploitation forestière chilienne.
Au Chili, les conflits sociaux couvent toujours néanmoins. «Regagner la confiance prendra autant de temps que la renaturation, souligne Cecilia Alcoreza. Pour les propriétaires de plantations, il s’agira de prendre conscience que c’est bel et bien la population locale qui est au cœur de leur entreprise.»

Source: WWF, CONAF

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Martin Winkel

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Photo:
Heiner H. Schmitt, Georgios Kefalas
Publication:
lundi 07.09.2015, 14:10 heure

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