Nouveau «Master of Wine», Jan Schwarzenbach laisse éclater sa joie.

Réussi!

Nouveau maître Examen réussi pour Jan Schwarzenbach, responsable des ventes directes de vin chez Coop et œnologue diplômé. Il est désormais «Master of Wine», un titre que portent seulement 338 personnes dans le monde.

Le titre de Master of Wine semble appeler aux grandes réjouissances et aux soirées bien arrosées. Cependant, l’examen instauré pour la première fois en 1953 n’est pas une mince affaire. Au cours des années passées, seul un candidat sur trois au maximum est parvenu à franchir l’obstacle, le taux d’échec flirtant parfois avec les 90%! Et seules 338 personnes dans le monde ont l’honneur de porter ce titre convoité. Depuis la semaine dernière, Jan Schwarzenbach est l’une d’entre elles.

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Vous souvenez-vous de votre premier verre de vin?
Non, je n’en ai plus la moindre idée. Mais ce n’était sûrement pas le meilleur de ma vie! Je devais être adolescent. L’important n’était pas la qualité mais le prix bas et la teneur en alcool.

Vous ne saviez pas que le vin occuperait une place prépondérante dans votre vie.
Je suis venu au vin par hasard. Quand la question des études s’est posée, je me suis orienté vers les sciences naturelles, option biologie. Pour atterrir en œnologie et viticulture, un choix que je n’ai jamais regretté.

Qu’est-ce qui vous fascine dans le vin?
La diversité! Il existe une infinité d’arômes, de variétés, de processus de fabrication: chaque vin est unique. J’apprécie également l’interaction du vin et de la nourriture, car j’adore cuisiner.

Qu’est-ce qui vous a incité à suivre la formation de «Master of Wine»?
Je pensais qu’il s’agissait d’une formation extrêmement passionnante. Je ne me suis pas trompé. J’espère que ce titre m’aidera à mieux faire connaître le vin.

Pourquoi cette préoccupation?
Personne n’est obligé de s’intéresser au vin, mais je trouve que c’est passer à côté de quelque chose. Je souhaite donc permettre à un grand nombre d’intéressés d’accéder à l’univers du vin.

Pour un œnologue, ce genre d’examen doit n’être qu’une formalité, non?
Ce serait bien. En réalité, je m’y suis préparé pendant plus de sept ans! Les exigences en termes de connaissances et de savoir-faire sont colossales.

C’est-à-dire…
Prenons la dégustation: il est évident que je savais m’y prendre avant. Mais la vitesse et la précision exigées à l’examen font entrer le processus dans une tout autre dimension.

Les candidats doivent-ils expliquer d’où vient le raisin?
Oui, mais nous disposons de certaines informations sur les douze vins en dégustation. Il est par exemple indiqué qu’il s’agit de quatre cépages différents, originaires du même pays mais pas de la même région.

Et il est possible de réussir l’examen?
Oui, avec l’entraînement adéquat.

Avec un tel volume de connaissances, est-il encore possible de savourer un verre de vin en toute simplicité?
Il est vrai que le plaisir du vin se perd un peu durant la phase de préparation! Mais il est revenu aujourd’hui.

Quel était le sujet de votre mémoire?
Le comportement d’achat des consommateurs de vin multicanaux.

Ça semble très technique…
C’est trompeur: j’ai examiné à la loupe le comportement des amateurs de vin qui achètent aussi bien en magasin qu’en ligne. C’était très intéressant. Sans compter que les résultats me sont très utiles dans mon travail.

Quel vin emporteriez-vous sur une île déserte?
Nul doute qu’une bouteille d’eau serait plus indiquée! (Rires) Quoi qu’il en soit, je n’ai pas vraiment de cru préféré, cela change en fonction de la saison, de l’humeur du jour ou de la nourriture servie à table. J’aime varier les plaisirs.

Mais vous avez vos vins de prédilection…
Je suis plutôt classique et je trouve les vins de Bordeaux, de Bourgogne et de la vallée du Rhône très intéressants. Je me suis aussi découvert une passion pour le champagne. Et en octobre dernier, j’étais à Jerez: avec ses sherrys et ses ­portos, c’est une région captivante qui m’a ­ouvert ses portes. Depuis mes études, je suis également fan du shiraz australien.

Portrait

Jan Schwarzenbach

Œnologue et ingénieur agronome de formation, Jan Schwarzenbach est responsable des ventes directes de vin chez Coop, où il a été engagé en décembre 2008.
Pendant plus de sept ans, il a suivi en parallèle sa formation à l’Institute of Masters of Wine de Londres. Jan Schwarzenbach (39 ans) met à profit son temps libre pour faire beaucoup de sport (fitness, yoga et sports d’hiver), voyager et s’adonner à sa passion, la cuisine. Il vit à Berne.

Master of Wine

La formation

«À l’Institute of Masters of Wine, il n’y a ni amphithéâtres ni maîtres de conférences», explique Jan Schwarzenbach. Chaque candidat est placé sous l’égide d’un mentor qui lui apporte son soutien durant cette formation de plusieurs années.
À l’autoformation et aux exercices de dégustation proposés régulièrement s’ajoute, une fois par an, un séminaire de cinq jours à Londres. «La formation est intensive et chère, mais j’ai pu compter sur le formidable soutien de Coop», précise l’intéressé.
L’examen final comporte une partie théorique et une partie pratique. Même dans le cadre de l’examen théorique, aucun cadeau n’est fait aux futurs maîtres en vin. Trois essais doivent être rédigés respectivement en viticulture, en vinification et en commerce du vin, deux en questions contemporaines. La partie pratique se déroule sur trois matinées à raison de deux sessions d’un quart d’heure par jour, au cours desquelles il faut déguster à l’aveugle, décrire et identifier douze vins. Le mémoire de fin d’études prend la forme d’une dissertation sur un sujet au choix.

Regula Bättig

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Photo:
Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 14.03.2016, 13:35 heure

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