Fraîchement entré dans son premier appartement, Michele Barone imagine comment il pourrait remplir les espaces vides.

Rêve de jeune: le premier appartement

Indépendance Quitter le cocon familial est une étape importante de la vie. Les jeunes découvrent une liberté tant désirée et de nouvelles responsabilités. L’exemple de Michele.

J’ai attendu le coup de cœur. Comme il n’y avait pas urgence, j’ai pu me permettre d’être plus sélectif.» À 25 ans, Michele Barone vient d’emménager dans son premier appartement. Les pièces claires et lumineuses, entièrement rénovées, l’ont tout de suite séduit. «Ce logement était en fait mon deuxième choix. Mais aujourd’hui, je ne regrette rien. Il répond pleinement à tous mes critères de recherche: j’ai les transports publics et une station de car sharing à proximité, je reste à Peseux (ndlr: commune limitrophe de Neuchâtel) et je dispose d’une cuisine moderne entièrement agencée. Pour moi qui aime faire la cuisine, c’est un critère important.»

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Colocation et sous-location

Master en droit en poche, le jeune homme n’a pas pour autant quitté le cocon familial la fleur au fusil. Prudent et prévoyant, il a attendu d’avoir un emploi avant de sauter le pas. Depuis une année, il travaille comme juriste à 80%. Un bon client pour une gérance, à l’inverse de jeunes en formation ou qui viennent de la terminer et qui recherchent un job. 

À part quelques coups de main, Michele Barone a emménagé par ses propres moyens.

Avocat répondant de l’Asloca Genève, Me François Zutter connaît une autre réalité dans la cité de Calvin, où la pénurie de logements est nettement plus aiguë que dans la région neuchâteloise. «Dans ces cas-là, les jeunes trouvent des logements en sous-location ou en colocation. Ou alors un appartement pour eux tout seuls, mais avec leurs parents comme garants.»
Privilégier, pour commencer, une colocation, est le conseil que donne Diana Francey, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC). Ce mode d’habitat présente, selon elle, «beaucoup d’avantages, notamment économiques et sociaux». Et probablement aussi moins de risques que la sous-location. «Dans la sous-location, il faut faire attention à ce qu’il y ait un contrat écrit. Souvent, ce n’est pas le cas, constate Me François Zutter. Même non écrit, le contrat est valable, mais peut poser un problème de preuves quant à ce qui a été convenu. Notamment le montant du loyer et la durée du bail.»
Ce problème de preuves peut aussi se poser quant aux sommes versées pour le loyer ou le dépôt de garantie. C’est pourquoi l’homme de loi recommande de s’assurer que tout montant versé le soit contre quittance. «Il est souhaitable de négocier le loyer avant de signer le contrat.» Mais dans la relation bailleur-locataire, le second est rarement en position de force. L’avocat genevois rassure: «Selon la loi, on peut contester le loyer dans un délai de 30 jours après la remise des clés auprès de la commission de conciliation prévue par le canton.»
Michele Barone est loin d’en être là.
Enchanté de son premier chez-soi, il n’envisage pour l’instant que de l’équiper et de le meubler à son goût. «J’ai pu compter sur quelques coups de main de mes parents et de copains pour déménager. Mais en période de vacances, ils n’étaient pas toujours disponibles. J’essaie de faire le maximum durant mon temps libre. Cela prendra quelques semaines, voire plusieurs mois, avant d’être complètement installé.»

«

Emménager seul signifie que l’on est passé à l’âge adulte»

Michele Barone, juriste

«Installé». On a tous – ou presque – le souvenir de ce moment exaltant. Le premier appartement c’est un peu comme le premier baiser: ce n’est pas forcément le plus beau, mais c’est celui que l’on n’oublie jamais. «Emménager seul signifie pour moi que l’on est passé à l’âge adulte. Que l’on est devenu indépendant et responsable. C’est un grand pas», affirme le jeune Subiéreux (c’est ainsi que l’on appelle les habitants de Peseux). Son logement, il l’a trouvé par un site de petites annonces sur Internet. Et les offres dans les journaux? «Je n’y ai même pas pensé», lâche-t-il.

Budget calculé dans les détails

Mais quitter ses parents pour voler de ses propres ailes peut aussi avoir un côté angoissant. «Pas pour moi, assure-t-il en sortant ses chemises soigneusement pliées d’un carton. J’ai 25 ans, c’est un âge suffisamment mûr pour quitter le cocon familial. Beaucoup partent avant.» Une confiance que lui autorisent son salaire et une situation stable. Mais pas seulement. Prudent et organisé, Michele Barone a calculé dans les moindres détails, avant d’emménager, les dépenses auxquelles il devrait faire face une fois seul maître à bord. «J’ai pris une feuille de papier et j’ai fait une liste de toutes les factures usuelles qui m’attendraient (loyer, impôts, assurance maladie, etc.). J’ai ensuite divisé les frais annuels par douze pour avoir une idée globale de ce qui me resterait à la fin du mois pour les loisirs, ou tout simplement pour l’épargne, une fois toutes les factures payées.»

La corvée de déballage des cartons ne semble pas décourager le jeune homme.

Le jeune homme s’était aussi fixé un budget pour l’achat de meubles. «J’ai volontairement surestimé les sommes que j’y consacrerais. Finalement, je me suis aperçu que j’ai dépensé moins que ce que j’avais budgétisé.»
Les jeunes sont-ils toujours aussi prévoyants que Michele Barone avant de s’installer seuls? «Tout dépend de leur rapport à l’argent jusqu’à ce moment, nuance Diana Francey. Les jeunes qui ont été habitués à avoir des petits jobs, à gérer leur argent de poche et à être seuls responsables du paiement de certaines factures, par exemple natel, assurance maladie, etc., seront mieux armés face aux nouvelles dépenses qui se présenteront après avoir quitté le domicile des parents. Le meilleur apprentissage reste toutefois la réalité du terrain et ses propres expériences.» Et la juriste de la FRC de rappeler que le loyer est le poste qui pèse le plus lourd dans le budget. «Il s’agit d’une dépense incontournable. Il est donc important de bien choisir son logement en fonction du loyer bien sûr, mais aussi de son emplacement: distance jusqu’aux transports publics, magasins, écoles, loisirs.»
Si certains jeunes, notamment ceux en formation ou qui n’ont pas encore d’emploi fixe, acceptent d’être aidés par leurs parents – et pas seulement pour porter les cartons – d’autres se font un point d’honneur de ne pas dépendre de cette manne. «Il était hors de question que mes parents paient ce qui aurait été un luxe quand j’étais étudiant à l’Université de Neuchâtel ou que je n’avais pas encore de travail», affirme Michele Barone.

Bien organisé, Michele range ses affaires dans sa nouvelle armoire.

Budgétiser ses dépenses

Durant ses études, le jeune homme a travaillé. Notamment à la Coop de Colombier (NE). «Mais cela ne me permettait pas de payer un appartement. J’ai attendu de gagner suffisamment pour être sûr de pouvoir partir.»
Les spécialistes rappellent que le loyer ne représente qu’une partie des dépenses auxquelles les jeunes devront faire face. Or, selon certaines estimations, 25% des moins de 25 ans vivraient au-dessus de leurs moyens en Suisse (Bon à savoir, N° 2012-03). «Cette tranche d’âge est probablement plus exposée à l’appel de la consommation, confirme Diana Francey. Premiers salaires, indépendance financière, donc nouvel appartement, nouveaux meubles, première voiture, belles fringues, sorties, voyages et technologie dernier cri, puisqu’il faut bien vivre avec son temps. Un jeune adulte peut vite tomber dans une spirale infernale d’endettement, dont il ne sortira qu’en adaptant son train de vie à ses moyens et en budgétisant drastiquement ses dépenses.»

Michele Barone confortablement installé dans sa chambre à coucher flambant neuve achetée chez Toptip.

Les précautions des gérances

Ce risque incite-t-il les gérances à la méfiance au moment de conclure un contrat de bail avec un jeune? «Davantage qu’à son âge, les régies s’intéressent surtout au revenu du candidat à un appartement. Elles demandent aussi un extrait du registre des poursuites», explique Me François Zutter, qui précise dans la foulée que «ces précautions valent aussi bien pour les jeunes que pour les moins jeunes».
Ces obstacles passés avec succès, Michele pense marquer le coup: «Je compte bien pendre la crémaillère, mais seulement une fois que je serai complètement installé.» Quand on vous disait qu’il était prudent…

«Conscients de leurs moyens»

Alejandra Rodriguez (38 ans), gérante du magasin de meubles Toptip de Neuchâtel

Alejandra Rodriguez (38 ans), gérante du magasin de meubles Toptip de Neuchâtel
Alejandra Rodriguez (38 ans), gérante du magasin de meubles Toptip de Neuchâtel

En bref Les tendances du moment et les facilités de paiement dont peuvent bénéficier les jeunes.

Quels genres de meubles ont la préférence des jeunes?
Ce sont des meubles plutôt sobres, en matière noble – le bois par exemple – mais sans décorations excessives. Les jeunes recherchent surtout un bon rapport qualité-prix et l’exclusivité. C’est-à-dire la possibilité de personnaliser les meubles qu’ils achètent.

Y a-t-il un hit qui cartonne auprès des jeunes?
Dans toutes les séries de meubles, nous avons la gamme My Price. Ce sont des meubles peu coûteux mais qui garantissent le rapport qualité-prix le plus intéressant.

Quel budget moyen consacrent-ils aux meubles?
Il m’est difficile de vous donner des chiffres précis mais je pense que la partie la plus importante du budget est consacrée au canapé. Probablement parce que les jeunes accordent plus d’importance à la pièce où l’on vit plutôt qu’aux autres chambres. Nous proposons des canapés déjà à partir de 900 francs.
Les jeunes apprécient aussi les facilités de paiement qu’on offre chez Toptip. Par exemple des paiements échelonnés ou des crédits.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui emménage pour la première fois seul?
De choisir les meubles qui lui plaisent. Si le prix est un peu élevé, d’attendre un peu afin de pouvoir s’offrir quelque chose qui lui plaît vraiment et où il se sentira à l’aise, installé confortablement dans son premier chez-soi. J’inciterais aussi les jeunes à ne pas hésiter à demander conseil aux experts, notamment quant aux facilités de paiement. Souvent, ils n’osent pas le faire.

Les jeunes ont-ils tendance à acheter plus cher que leurs moyens ne le leur permettent?
Non. Même s’ils peuvent être séduits par une gamme de meubles au-dessus de leurs moyens, ils sont très conscients de leurs possibilités et agissent en conséquence. Certains achètent leurs meubles petit à petit. Aujourd’hui, grâce à Internet, les jeunes sont très bien informés concernant les promotions.

Loyers en Suisse

Montant moyen par région

Source: Office fédéral de la statistique (OFS), chiffres de 2013 Classification des régions: OFS

Emménager

Les points essentiels à observer

• Lire attentivement le contrat de location. En cas de doute s’informer auprès d’un service compétent, par exemple, l’Association suisse des locataires (Asloca). Elle est représentée par des sections dans tous les cantons.
• S’assurer que l’on est en mesure de payer le loyer (règle empirique: il ne doit en principe pas dépasser un tiers de ses propres revenus).
• S’assurer que l’on peut financer le dépôt de garantie.
• Organiser le raccordement téléphonique et Internet.
• Faire une demande de réexpédition du courrier à la poste.
• Conclure une assurance responsa-bilité civile.
• S’annoncer auprès de Billag.
• Contrôler très soigneusement l’état de l’appartement dans lequel on s’apprête à emménager (état des lieux) et faire parvenir – par recommandé – au plus tard dans les quinze jours suivant l’emménagement la liste des défauts au bailleur.
• Annoncer le changement d’adresse à la commune (contrôle des habitants) et au service cantonal de la circulation routière (au plus tard dans les quinze jours suivant l’emménagement).

Adresses utiles

Fédération romande des consommateurs
Fédération romande des consommateurs: bien gérer mon budget
Asloca

Conseils pratiques

Comparis: check-list de déménagement
ImmoScout24: conseils pour déménager
Homegate:conseils pour déménager
Asloca: comment réussir son déménagement

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Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo
Publication:
lundi 24.08.2015, 16:00 heure

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