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Jacques Wullschleger
écrit le 22.05.2018


Ricardo Iglesias, ancien footballeur et patron de Pentogravo

Le plaisir est l'ADN de Ricardo Iglesias. Il ne se voit pas avec les cheveux courts. Il faut dire que cela lui va bien. Ricardo Iglesias, 45 ans, a la barbe bien coupée. Elle est venue après, accentuant encore davantage ses traits originels d'Espagne. "Depuis deux ou trois ans, précise-t-il je suis au bénéfice du passeport suisse ce qui fait de moi, désormais, un binational."

Une nécessité naturelle. "Je suis né en Suisse. J'ai fait mes écoles, effectué mon apprentissage en Suisse, j'ai joué au foot en Suisse. Aujourd'hui, en fait depuis très longtemps, je me sens plus Helvète qu'Espagnol. Je suis heureux de vivre ici et d'y travailler même si, dans le sud de l'Espagne, il y fait plus chaud." Il parle du climat.

Ricardo Iglesias était un bon footballeur, un défenseur intransigeant, un gagneur.
Un compétiteur tout le temps. "C'est l'éducation que j'ai reçue, j'ai des valeurs de respect, j'ai la notion du travail. Le sport m'a amené l'esprit de compétition. Il m'a enrichi de ça. Quand je m'engage pour quelque chose, c'est toujours à 100%. Je prends ça à chaque fois comme un défi."

La philosophie de vie chez Ricardo Iglesias? "Ma vision touche au respect de la personne. Être attentionné, à son écoute te fait avancer. Les échanges sont très intéressants. Ils sont aussi enrichissants."

Depuis 2003, il est le patron de Pentogravo S.à.r.l. au Mont-sur-Lausanne. "Cette société existait déjà", souligne-t-il. Au début des années 2000, une annonce parle d'elle, un ami lui parle de cette opportunité, de reprendre une société, vivante. Il dit oui. Ricardo Iglesias est pourtant un administratif. Pas un manuel. "J'ai deux mains gauches."

Pentogravo est une entreprise active dans les secteurs de gravure industrielle et artisanale, la vente de trophées, médailles et d'étain. Sa spécialité principale? La signalétique des plaquettes pour les boîtes à lettres, entre autres activités. "Vous avez remarqué, les boîtes sont toujours nickel. C'est le label suisse. Ce travail me permet de travailler pour des gérances immobilières. J'estime notre collaboration avec elles à 80%. On travaille aussi avec des chauffagistes et des électriciens; on touche énormément de corps de métier."

Il va sans dire que Ricardo Iglesias, qui n'est pas de parenté avec Julio le chanteur,
a des fournisseurs. Pour les plaquettes, il est à Morat. Dans son métier, il se bat et trouve cette lutte quotidienne passionnante parce que sur un terrain, il était aussi dans cet état d'esprit. Le travail, il l'aime parce qu'il y trouve un plaisir permanent. Cette notion touchant au plaisir régulier ne l'a jamais quitté."
Le plaisir, c'est son ADN. C'est pour ça qu'il sait le communiquer.

Un retour au foot ?

On lui a posé la question, sans espoir. Ô surprise, Ricardo Iglesias a souri. "Ça me titille aujourd'hui. Reprendre une équipe? J'y pense oui ça me titille vraiment." À ce jour il est au bénéfice d'un diplôme C, ce qui lui permet d'entraîner des juniors, une équipe de série inférieure. "Tous les 2 ans, annonce-t-il, je participe à un cours de perfectionnement, histoire de ne pas perdre l'acquis."

S'il décide de retrouver le terrain, ce sera avec une équipe juniors. "Je vais y aller étape par étape." À l'image de Lucien Favre -actuel entraîneur de l'OGC Nice, très probablement futur entraîneur du Borussia Dortmund-, avec lequel il a beaucoup appris. A Yverdon. "Avec lui, les joueurs progressent, ils ont envie de travailler. En Allemagne, Favre a une cote incroyable. Lucien est un entraîneur exceptionnel et  c'est aussi un homme exceptionnel, formidablement humain. Le foot, je l'ai appris avec lui, durant 2 ans à Echallens."

Ricardo Iglesias a aimé le foot, son jeu mais aussi le milieu du foot. "Quand tu y es,
tu sais ce qui peut arriver, tu connais les règles du jeu, tu y vas en connaissance de cause. Chez les pros, il n'y a pas de surprise." À nouveau il parle de plaisir, il en a eu sur un terrain, en Suisse comme à l'étranger à l'heure d'une Coupe d'Europe. Et il ne parle pas de carrière, le concernant. "Je dis toujours que j'ai eu le privilège d'avoir pu vivre quelques années de ma passion."

Plus les jours passent, plus Ricardo Iglesias entrevoit de reprendre une activité dans son sport préféré. D'autant que sa fille qui a 16 ans joue avec le FC Crissier féminin et que son fils, 11 ans, est junior E 1 au FC Crissier. "On l'a fait évoluer tout de suite en défense, mais pour moi, ce n'est pas un défenseur. Il est élégant, mon fils je le vois milieu de terrain ou attaquant, mais pas buteur."

Ricardo, le papa, est déjà coach (ou entraîneur) chez les siens. Bientôt, il étendra son savoir ailleurs. Ou pas très loin. À Crissier?

Palmarès

Ricardo Iglesias est né le 19 décembre 1972.

Ancien footballeur. Défenseur. 180cm/78kg.

École de foot à Montreux. Puis a joué avec le Stade-Lausanne (junior A).

A évolué ensuite au LS (1992-1993, 1er match contre Servette aux Charmilles). Avec Echallens (1993-1995, promotion en LNB, aujourd'hui Challenge League).

Retour au LS, avec le statut de professionnel (1995-2000). Puis à Yverdon et à Carouge (2000-2001), retour au LS (2001-2002). Enfin, retour au Stade-Lausanne, pour y donner un coup de main (son frère, Pablo, en était l'entraîneur. Il est depuis quelques mois, directeur sportif du LS).

Avec le LS, a vécu trois finales de Coupe de Suisse, en a gagné deux, contre St-Gall et contre GC (1998 et 1999).

Avec le LS, il a été deux fois champion de Suisse en salle.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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