Plus que l’image de soi, c’est surtout ce que l’on dégage qui compte, dans le jeu de la séduction.

Sans aucun grand complexe

S’habiller plus légèrement, parce que la température est en hausse, implique que l’on s’expose davantage aux regards. Difficile? Conseils pour se sentir belle et bien dans sa peau.

Annie Birraux, psychiatre et psychanalyste

Annie Birraux, psychiatre et psychanalyste
Annie Birraux, psychiatre et psychanalyste

A dieu manteaux, écharpes, bottes et pulls un peu larges. La douceur du printemps invite à l’effeuillage. A plus de transparence entre soi et les autres. Résultat: planquer ses disgrâces devient plus compliqué. Et les complexes se réveillent. Au prétexte qu’il nous paraît impossible de porter une jupe/un short avec «des jambes, des cuisses, des fesses pareilles», on tarde à se délester de ses vêtements chauds, ou on se brime à coups de régimes draconiens et d’activités sportives trop intensives. Pourquoi tant de sévérité envers soi-même? La psychiatre et psychanalyste Annie Birraux* donne des clés pour pactiser avec son miroir.

* Annie Birraux a enseigné la psychopathologie de l’enfant à l’Université Paris-Diderot. Elle vient de publier «Le poids du corps à l’adolescence» et «L’adolescent face à son corps» (Ed. Albin Michel).

Etre «beau» est une notion très relative  

Point de départ. On a beau changer l’angle de vue, et se regarder via le bon profil, on persiste à se trouver «moche». Mais est-ce que nous nous sommes bien regardé, en identifiant ce qui nous caractérise? Ne nous  sommes-nous pas contenté de chercher, dans le reflet que nous renvoie le miroir, le duplicata de tel ou tel top modèle ou acteur admiré?

Point de vue d’Annie Birraux. «Il ne faut pas se laisser enfermer dans des critères de beauté. Accordons-nous de penser qu’ils sont fabriqués – par des couturiers, des vendeurs de cosmétiques, etc. – et qu’ils évoluent selon les époques. Par exemple, on trouvait belles les femmes rondes au XIXe siècle, alors qu’aujourd’hui, elles doivent être minces. La beauté est une notion fluctuante, dont on n’est pas obligé d’être dépendant. On ne choisit pas son corps, mais on peut travailler à bien l’habiter. Chacun a quelque chose de particulier dont il faut apprendre à tirer parti. C’est ce qui fait son identité et son pouvoir de séduction.»

S’aimer, bien qu’imparfait

Point de départ. Si seulement j’avais des cheveux plus soyeux,  une bouche plus pulpeuse et des jambes plus longues… je serais plus heureuse, avons-nous tendance à soupirer en rentrant les épaules! Et parce qu’on ne ressemble pas à un idéal de perfection physique, nous ne nous autorisons pas à nous affirmer comme on le mériterait.

Point de vue d’Annie Birraux. «Il me semble que ce dont souffrent beaucoup de gens aujourd’hui, c’est de vivre avec des idéaux grandioses, comme s’ils n’avaient pas intégré l’idée que l’homme banal, ce que nous sommes tous, ne peut ni tout avoir ni tout obtenir. Pour être bien dans sa peau, il faut avoir de l’estime pour soi. Evidemment, ça ne se décrète pas. L’estime de soi est une affaire intime. Elle se construit au cours de l’enfance et de l’adolescence, selon la manière dont on s’est senti aimé et valorisé, mais elle peut être consolidée plus tard, au fil des rencontres personnelles et professionnelles ou lors d’un travail psychothérapeutique. Il vaut mieux restaurer une estime de soi défaillante que se contraindre à ressembler à une image idéalisée.»

Voir plus loin que son nombril

Point de départ. Obsédés par le paraître, nous avons tendance à nous réduire à notre apparence. Que peut-on espérer de la vie et de l’amour, quand on a un nez ou un ventre ou des mollets imparfaits?

Point de vue d’Annie Birraux. «On ne s’aime jamais mieux que lorsqu’on a la preuve de valoir quelque chose. Cela passe par le fait d’apporter quelque chose aux autres, donc par un décentrage de sa petite personne. Les Jeux paralympiques sont un bel exemple de cette notion. L’acceptation des disgrâces physiques des candidats passe par l’acceptation de leur humanité, c’est-à-dire du manque, de l’impossibilité de tout avoir et de satisfaire tous les désirs. Les disgrâces n’en sont plus pour les personnes qui n’accrochent pas leur vie à leur seule apparence physique.»

Capitaliser sur la beauté intérieure

Point de départ. Plus on se scrute dans le miroir et moins on se plaît. Quelle tête! Et si cette tête était peu avenante parce que fermée et sur ses gardes de peur de ne pas «revenir»?

Point de vue d’Annie Birraux.  «C’est un leurre de penser qu’en étant plus proche d’un idéal esthétique, on réussirait mieux et on séduirait davantage. D’abord, personne ne peut séduire tout le monde. Et puis, la séduction ne se limite pas à l’apparence. Elle surgit aussi de ce que la personne montre d’elle, de ce qui fait pétiller ses yeux. La souffrance de ne pas être «la plus belle en ce miroir» est moindre quand on vit en accord avec soi-même, selon ses convictions et ses valeurs. D’une part, parce qu’on est moins impacté par les discours qui commercialisent le corps et d’autre part, parce qu’on séduit!»

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

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Photo:
Corbis, SP
Publication:
lundi 12.05.2014, 00:00 heure

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