L’équipe du Secours alpin de Locarno à la base de la Rega de Locarno-Magadino. Liam (8 ans) est porté par le directeur Andres Maggini.

Sauvetage: Liam retrouve ses secouristes

Une issue heureuse Un enfant
 se perd dans le Val Bavona, 
au Tessin, en jouant à cache-cache. L’alerte est donnée, le Secours
 alpin est sur le pied de guerre. Récit
 de cette aventure, pleine d’espoir 
et de gratitude.

Jeannette, la maman, Benjamin, le papa, et Iva, leur fille (10 ans), ont une histoire à raconter. Une histoire qui n’est pas banale, qui parle de Liam, leur fils, porté disparu dans le Val Bavona, au Tessin. C’est aussi une histoire qui parle d’espoir et de gratitude, d’hommes et de femmes du Secours alpin suisse, de la police lacustre, du groupe de recherche de la police cantonale et de l’unité cynophile qui, tous ensemble, l’ont retrouvé vivant un jour d’avril 2015.
Cet été, sur invitation du Secours alpin de Locarno, Liam, aujourd’hui âgé de 8 ans, a participé à un exercice dans les bois du petit village d’Arcegno. La vingtaine de secouristes présents est ravie, et même un peu émue, de retrouver le jeune garçon: revoir une personne que l’on a secourue par le passé, ça n’arrive pas tous les jours! Dans l’euphorie, tous veulent aider à «l’habiller». Comme les «personnes du métier», Liam se prépare lui aussi comme il se doit. Harnais, casque, lampe frontale, sifflet, radio: rien n’est laissé au hasard. Tous les alpinistes tiennent également à lui prêter un de leurs mousquetons. L’objectif de l’exercice du jour? Retrouver un enfant porté disparu.
Tandis que l’équipe s’enfonce dans les bois, vêtue de rouge et de jaune et accompagnée de Venus, un labrador noir, la maman se rappelle ce sinistre dimanche. La famille, d’origine zurichoise, était alors en vacances dans le Vallemaggia chez la sœur de Jeannette, gérante du restaurant Grotto Franci, à Cevio. C’est dans le Val Bavona que la famille passe la journée. Après le repas de midi, les enfants vont jouer à cache-cache. Le temps passe et Liam reste introuvable. «Je me revois encore hurler son prénom une dernière fois de toutes mes forces... Nous l’avons cherché partout pendant une dizaine de minutes, puis nous avons appelé les secours. À partir de là, une incroyable machine de recherche professionnelle s’est mise en place. Même les habitants du coin ont participé, c’était très touchant.»

L’enfant a été retrouvé sain et sauf dans le Val Bavona en avril 2015.

Une cinquantaine de secouristes

«Alpinistes, Garde aérienne suisse de sauvetage (Rega), police lacustre, groupe de recherche de la police cantonale, unité cynophile et cellule de soutien... Au total, pas moins d’une cinquantaine de personnes étaient impliquées, explique Andres Maggini, directeur du Secours alpin suisse. Par chance, c’était un dimanche. Les secouristes, tous volontaires, ont donc pu arriver plus rapidement sur les lieux. Dans ces moments-là, chaque minute compte. Nous connaissions la topographie abrupte du Val Bavona et son fleuve impétueux, et la nuit approchait à grands pas.» Jeannette avait alors expliqué aux enfants qu’ils n’y étaient pour rien. C’était de la malchance. «Je voudrais dire à toutes les personnes qui s’égarent de s’arrêter immédiatement, de rester là où elles sont dès qu’elles se rendent compte qu’elle se sont perdues», conseille Jeannette.
Mais revenons à l’exercice du jour: entre-temps, les secouristes ont retrouvé en dehors du sentier tracé le petit garçon, porté disparu pour les besoins de lamission. Liam se prête au jeu des secouristes: mise en sécurité, premier examen, communication avec la centrale Rega… Pour rigoler, il se fait même installer dans la civière et transporter jusqu’à la route. «Il fait tellement chaud sous la couverture! Mais j’ai adoré marcher dans les bois, tout équipé, avec les secouristes qui suivaient le tintement de mes mousquetons», raconte Liam.

«

J’ai envie d’inviter 
tout le monde 
à soutenir 
la Rega!»

Jeannette, maman de Liam

Se réconcilier avec la montagne

Les retrouvailles d’aujourd’hui, orchestrées par le directeur des secours de Locarno Andres Maggini, ont été l’occasion pour la famille de revoir ceux qui ont retrouvé leur garçon, il y a deux ans. «Nous éprouvons une profonde gratitude envers toutes les personnes, qui qu’elles soient, qui ont participé aux recherches. Pouvoir les remercier en personne compte énormément à nos yeux», s’émeut Jeannette. C’était également un moment d’échange et de partage, par exemple sur les différents dessins que Liam a esquissés dans les mois qui ont suivi l’incident. «Comme l’a décrit Jeannette, ils montrent que l’enfant pensait longer le fleuve pour rejoindre le pont du sud, alors qu’en réalité, il s’éloignait de plus en plus en direction du nord. Ces témoignages sont pour nous très importants, car ils nous permettent de comprendre ce qui s’est passé à l’époque dans la tête du petit garçon. Il était jeune, mais il suivait une logique, sa logique», explique Andres Maggini. Si les dessins ont joué un rôle crucial, les discussions en famille ont également été décisives pour retrouver une vie quotidienne normale.
Depuis, Liam, ses parents et sa sœur sont retournés sur les lieux du drame. Une expérience difficile mais nécessaire pour renouer les liens avec une destination de vacances chère à la famille depuis de nombreuses années. Accompagnés de Tommy, ils ont refait le chemin que Liam avait alors parcouru en pensant rentrer à la maison. Tommy? C’est le secouriste qui, après quatre heures de recherche en compagnie de son collègue Michele, avait porté secours au petit Liam, terrorisé et recroquevillé sur un rocher recouvert de mousse, le long du fleuve. «Ce qui m’a fait beaucoup de bien, c’est aussi le fait que le secouriste parle notre langue (ndlr: le suisse allemand) et qu’il nous ait permis de redécouvrir, avec énormément d’empathie et de détermination, la beauté de ce paysage qui, en une fraction de seconde, était devenu si hostile à nos yeux», déclare la maman. Et d’ajouter: «Après tout ce que nous avons vécu, j’ai envie d’inviter tout le monde à soutenir la Rega!» Et puis il y a le détail chocolaté de l’histoire: en attendant ses coéquipiers, le secouriste avait offert un Mars au garçon. Mais il ne l’a mangé qu’après avoir retrouvé les bras réconfortants de sa maman et lui avoir dit: «Maman, je t’ai cherchée tout le temps. Je peux manger le Mars?»

Exercice dans le bois d’Arcegno avec
 Liam en tenue orange de secouriste, deux
 ans après son propre sauvetage dans le
 Val Bavona.

Une renaissance

Pour conclure ces retrouvailles, la famille de Liam et les secouristes se sont tous réunis autour d’un repas. Le garçon murmure à l’oreille de Tommy: «Maintenant, je peux fêter mon anniversaire deux fois: le 31 octobre, jour de ma naissance, et le 19 avril, jour où vous m’avez sauvé.» Un sourire illumine son visage. Il pense peut-être déjà à la tarte au citron que sa maman lui confectionne avec amour chaque année à cette occasion? 

En montagne
: nos conseils

Comment donner l’alarme? 

En appelant le 1414, numéro d’urgence de la Rega. Après avoir localisé la zone de l’incident, la centrale opérationnelle de la Rega mobilise les moyens techniques et humains du Secours alpin suisse nécessaires à la mission de sauvetage. Le Secours alpin suisse est une fondation d’utilité publique financée à parts égales par la Rega et le Club alpin suisse (CAS). Elle vient en aide aux personnes en détresse ou saisies de malaise par le biais d’interventions, terrestres ou aériennes, dans les régions de montagne difficiles d’accès.

Quid de l’équipement? 

Tout randonneur, en fonction de l’itinéraire prévu, devrait se munir d’une veste polaire ou d’un coupe-vent, d’une lampe torche, de quoi boire et manger, de cartes géographiques, d’une boussole et d’une petite trousse à pharmacie. Il est sage de choisir un itinéraire adapté à ses capacités physiques et d’informer son entourage sur son lieu de destination.  

www.secoursalpin.ch

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Natalia Ferroni
Photo:
Sandro Mahler, DR
Publication:
lundi 16.10.2017, 13:26 heure





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