Travailler à la maison ce qu’on a appris à l’école en s’exerçant à l’aide de plateformes informatiques, une habitude qui séduit de plus en plus d’élèves et de parents.

Scolarité: le soutien par le web séduit

Interactifs et ludiques, les sites de soutien scolaire via les nouvelles technologies ont le vent en poupe. En Suisse romande, quatre plateformes proposent des exercices pour tous les niveaux. Des outils qui ne dispensent pas du suivi parental.

Fallait-il réviser pendant l’été? Les avis de spécialistes sont partagés mais on aura bien le temps d’y penser pour 2014 car pour l’heure, c’est la rentrée! Bonjour les devoirs, grande occasion de stress dans bien des foyers. Pour certains écoliers, le besoin en cours d’appui va se révéler indispensable. Les professeurs à domicile, qu’ils soient des diplômés, des étudiants ou des proches, vont aider les enfants à apprendre, à comprendre et à progresser.

Depuis quelques années, les nouvelles technologies apportent aussi une aide précieuse dans l’apprentissage scolaire. Plusieurs sites Internet et logiciels à télécharger (voir ci-contre) proposent des exercices adaptés au programme d’études romand (PER). Ces outils interactifs et ludiques plaisent aux écoliers de tous âges, aux parents et même à certains enseignants qui les utilisent en classe.

Pionnier du soutien scolaire online dès 2007 avec Biceps, le Fribourgeois Martino Toscanelli (le Professeur Biceps dont on trouve les blogs sur www.cooperation-online.ch/prof) totalise quelque 4000 utilisateurs dans toute la Suisse romande. «Je ne consacre pas de budget à la publicité, donc c’est le bouche à oreille qui amène les nouveaux abonnés. D’ailleurs ils sont plus nombreux dans les villages, où les gens se parlent davantage, que dans les villes», constate-t-il.

Le dernier né, Ziboo, lancé en avril 2013 avec une solide médiatisation, fait un démarrage fulgurant puis-qu’il atteint déjà «plus de 3500 abonnés, un succès qui nous a surpris», relève le Genevois François Morand, un de ses concepteurs. Ziboo prépare maintenant des fiches d’exercices téléchargeables à imprimer, formule déjà proposée par les autres plateformes. Et les parents peuvent se connecter eux aussi pour suivre les progrès de leur enfant.

«Imprimer les exercices, vérifier les réponses avec l’enfant, faire un classeur qui permettra de voir les progrès, garder une trace, cela me paraît indispensable», relève la conseillère pédagogique Isabel Pérez – qui tient une chronique dans Coopération. Car la technologie n’est pas un substitut de parents. «Il est très important d’aider les enfants non seulement dans leurs devoirs et révisions, mais aussi dans l’organisation de leur travail et la planification de leur temps, pour qu’ils puissent trouver du plaisir dans l’apprentissage», souligne Isabel Pérez.

C’est un grand défi pour les parents, qui sont souvent désécurisés par les programmes scolaires en perpétuel changement et mis sous cette «pression sociétale qui dit que les diplômes sont gages de réussite, alors que les universitaires diplômés ne trouvent pas non plus tous un emploi», relève Isabel Pérez. «Une pression trop forte se répercute sur les épaules des écoliers. Il faut que les parents se déculpabilisent et misent plutôt sur la motivation de l’enfant, à ne pas confondre avec la performance. Le nouvel outil des plateformes informatiques peut y contribuer, à condition qu’il soit correctement utilisé.»

«Les devoirs, quelle prise de tête!» est le titre de la conférence que donnera Isabel Pérez jeudi 19 septembre à 20 h 30 à Prilly (salle Castelmont, rte de Cossonay 42).

Sites suisses romands Quoi, où, combien?

www.gomaths.ch
Utilisation gratuite pour le site d’entraînement au calcul mental et autres techniques de calcul (online ou fiches à imprimer). Il a été créé en 2006 par l’enseignant vaudois Sébastien Gogniat.

www.biceps.ch
Cours vidéo – c’est unique en Suisse, exercices en ligne et à télécharger (avec des corrigés détaillés) pour muscler son savoir. Français, maths, allemand, anglais et latin pour un coût annuel de 60 fr. pour plusieurs utilisateurs. Application iPad et module géographie en préparation.

www.wizbee.ch
Le logiciel à l’abeille, développé en 2010 par trois Lausannois diplômés de l’EPFL, existe en français et en allemand. Enfantine, maths, allemand, anglais, géographie et dactylographie. Vocabulaires allemand et anglais sur iPhone et iPad. Coût annuel: 89 fr. pour les sept modules (ou au prorata), nombre d’utlisateurs illimité.

www.ziboo.ch
Le nouvel arrivé et son hibou proposent des exercices de français, mathématiques, allemand et anglais. Coût annuel: 119 fr. par enfant (10% de rabais pour le 2e, 15% pour le 3e. Abonnement découverte gratuit).

Expérience: «Abonnés depuis six ans»

Avec ses six enfants de 9 à 17 ans, Valérie Maye Pittet consacre beaucoup de temps aux devoirs scolaires. La famille de Rossens (FR) est depuis six ans abonnée au site biceps.ch. Les enfants travaillent selon des tranches horaires bien déterminées, sur trois ordinateurs. «Par exemple, Ludovic (13 ans) travaille son vocabulaire (français, allemand, latin, anglais) et les maths, explique la maman. Simon, qui est en 6e primaire, reprend ce qu’il a vu à l’école et fait des exercices, il aime beaucoup. J’accompagne Edouard (9 ans) dans ses exercices. On apprécie que la plateforme permette de travailler en ligne puis d’imprimer les feuilles pour revoir le tout. Le site me permet de voir si les enfants ont fait leur travail et je trouve qu’il leur donne une assez belle autonomie quand ils sont plus grands.»

Enseignants et parents, parlez-vous!

Un «contrat social» devrait être établi en début d’année scolaire.

Comment aider son enfant au mieux dans son parcours scolaire? Christophe Girardin, enseignant à Delémont et chroniqueur à la revue professionnelle Educateur qu’édite l’Association syndicale et pédagogique des enseignantes et des enseignants de la Suisse romande (SER), nous livre quelques pistes.

Parler avec l’enseignant. «Pour définir si l’écolier a besoin de soutien, et de quel genre, il faut absolument que les parents prennent d’abord contact avec l’enseignant. Une rencontre en début d’année scolaire s’impose, pour que l’on puisse établir un «contrat social» (quelles sont les attentes de part et d’autre, qui fait quoi en cas de problème). Cet aspect est largement sous-estimé, car certains parents ne connaissent l’enseignant de leur enfant que de nom, et vice-versa.»

Valoriser l’école. «Très souvent, l’école n’est pas assez valorisée à la maison. Un apprentissage du piano d’une heure par semaine, par exemple, fera l’objet de beaucoup plus d’attention que l’école où l’enfant passe six heures par jour. Au lieu de demander seulement ça s’est bien passé? en espérant une réponse positive, il faut aller plus loin: Explique-nous ce que tu as fait à l’école, as-tu eu des difficultés? Alors demain tu redemanderas, je mets un message dans le journal de correspondance. Si les parents ne considèrent pas ce que fait l’enfant, celui-ci ne peut pas le considérer.»

Déléguer. «Aider soi-même son enfant en difficulté scolaire n’est pas toujours la meilleure idée. J’ai vu des mamans excédées qui n’en pouvaient plus d’expliquer à un enfant qui ne comprenait pas. Quand le ton monte, c’est tout sauf productif. Comme l’affectif entre en jeu, il ne faut pas gâcher la relation pour ça.»

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Photo:
AFP
Publication:
lundi 19.08.2013, 17:29 heure

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