En plus de peaufiner son anglais, Quentin Mariéthoz a fait du tourisme. Il est ici à San Francisco, devant le pont du Golden Gate.

Se découvrir à l’étranger

Expérience Les séjours ainsi que les échanges linguistiques et culturels ont du succès auprès des étudiants et apprentis. Des projets veulent les faciliter.

Quentin, Clara et Joakim, trois Romands qui ont entre 18 et 20 ans, viennent de vivre plusieurs mois sur un autre continent, auprès d’une famille d’accueil. Ils se sont investis au quotidien sur les bancs d’une école ou dans un programme de bénévolat. Cette immersion au plus près de la population autochtone a été rendue possible grâce à AFS Suisse, une organisation à but non lucratif qui propose des programmes interculturels.
Ce type de voyages a le vent en poupe auprès des jeunes. «La demande est élevée et le succès constant depuis ces cinq dernières années», confirme Guido Frey, le directeur d’Intermundo, l’Association faîtière pour la promotion des échanges de jeunes, dont les membres fonctionnent tous sans but lucratif.
Les étudiants sont les plus nombreux à s’expatrier durant un ou deux semestres depuis de nombreuses années. Mais les apprentis ont pris le train en marche. «Nous travaillons sur un grand projet afin de faciliter les échanges entre apprentis. À l’heure actuelle, ils sont encore très compliqués à mettre sur pied», indique Guido Frey. Si certains jeunes optent pour les séjours à sens unique, d’autres choisissent les échanges. Ils se rendent chez un autre jeune et sa famille, puis l’accueillent ensuite chez eux.

Un pôle romand pour les échanges

Pierre Bickel fait partie des défenseurs des échanges culturels entre élèves. Enseignant d’histoire et d’allemand, le Genevois a créé l’Association romande pour les échanges linguistiques (ARPEL), qui a démarré ses activités ce début d’année. Elle a vu le jour suite à la fermeture du Centre des échanges et séjours linguistiques (CESEL) en juin à Genève, sur une décision politique liée à des coupes budgétaires dans l’instruction publique genevoise.
Pierre Bickel y était détaché et a mal vécu cette fin de chapitre: «Le français déclinant dans le monde, il faut garder des liens avec les institutions de pays qui acceptent les échanges en français. Le but était d’agir rapidement, afin d’éviter que nos partenaires n’aillent voir ailleurs.»
Son association propose des échanges entre des adolescents helvétiques et allemands, canadiens, australiens ainsi que néo-zélandais, sur une durée de huit à onze semaines. «Une langue peut s’apprendre entre les quatre murs d’une classe, mais fondamentalement rien ne vaut une immersion dans le pays. Les progrès que font les élèves en quelques semaines sont inouïs. En plus, cette expérience leur permet de mûrir et de gagner en autonomie.»
Le Genevois souhaite qu’ARPEL soit la porte d’entrée à un pôle romand qui gère les échanges. Conscient que ce projet prendra du temps au niveau institutionnel, il estime que l’important est de sauver cette idée. Il passera ensuite la main pour prendre sa retraite.

Gagner en confiance

Le Valaisan de 18 ans a trouvé sa voie grâce au voyage.

Le Valaisan de 18 ans a trouvé sa voie grâce au voyage.
Le Valaisan de 18 ans a trouvé sa voie grâce au voyage.
«

Cette année aux États-Unis a fait de moi une autre personne»

Quentin Mariéthoz (18 ans)

«J’ai eu envie de tout changer, je n’aimais pas trop ma vie, je la trouvais plate.» À 17 ans, Quentin Mariéthoz, collégien à Sion, est parti à Indianapolis. Il y a vécu entre 2013 et 2014 une année scolaire, intégré au système d’études américain, y a appris beaucoup sur lui-même et ce dont il est capable. En plus d’y avoir affiné ses connaissances en anglais, il en est revenu plus confiant qu’avant. Le jeune homme a noué «un lien pour toujours» avec son père d’accueil. Il raconte sourire aux lèvres que ce dernier avait l’amusante habitude de noter les avantages et inconvénients de l’héberger, comme: «Un étudiant d’échange suisse déblaie la neige comme trois fraiseuses, mais a besoin chaque semaine de sa tablette de chocolat suisse à 4 dollars…» L’ouverture d’esprit des Américains a beaucoup plu à l’étudiant, tout comme leur culture musicale et théâtrale. Le gaspillage dû à la surconÅsommation l’a moins séduit. Mais globalement, il a vécu des expériences très positives durant son séjour. À tel point qu’il a le sentiment d’y avoir passé de longues vacances. Même s’il a bien mangé, le fromage et la viande séchée lui ont manqué!
Quentin souhaite devenir médecin. Pour mettre toutes les chances de son côté, cet habitant de Haute-Nendaz (VS) a décidé de parfaire son allemand. Il effectuera pour y parvenir ses deux dernières années de collège à Brigue.

«Ça m’a rapprochée de ma famille»

Ouverture d’esprit, flexibilité et patience: trois qualités que la Neuchâteloise Clara Jouval (18 ans), passionnée de danse, a acquises en Amérique latine.

Ouverture d’esprit, flexibilité et patience: trois qualités que la Neuchâteloise Clara Jouval (18 ans), passionnée de danse, a acquises en Amérique latine.
Ouverture d’esprit, flexibilité et patience: trois qualités que la Neuchâteloise Clara Jouval (18 ans), passionnée de danse, a acquises en Amérique latine.

«J’ai vécu dans une toute petite maison pas isolée, mais auprès d’une famille super gentille, qui m’a considérée comme l’une des leurs. J’ai réalisé que le confort n’est pas essentiel. On peut tout à fait vivre bien sans richesse matérielle.» En 2013, à 17 ans, Clara Jouval a quitté son village de Saint-Blaise (NE) pour Córdoba, la deuxième plus grande ville d’Argentine, durant un an.

«

Une année qui m’a donné encore plus envie de voyager»

Clara Jouval (18 ans)

Dans sa famille d’accueil, composée de trois générations, elle a partagé sa chambre avec  «ses deux sœurs» de là-bas, de 16 et 18 ans. Quand il pleuvait, c’était l’inondation dans la maison… «Il fallait enlever toute l’eau avant de faire quoi que ce soit. Je participais à toutes les tâches de la vie quotidienne et ai été initiée par ma famille à sa grande passion pour le foot», raconte la jeune femme. L’esprit de famille qui régnait l’a rapprochée de sa propre famille en Suisse: «Je la valorise plus désormais: je sais qu’elle est toujours là pour moi et j’en prends soin. Je ne râle plus en vue d’une fête de famille par exemple!»

Lors d’un match de l’Argentine, toute la famille porte le maillot! Clara (2e depuis la g.) en a reçu un elle aussi.

Seule étrangère de son école, elle a vite appris l’espagnol: «Je n’avais pas le choix!» Elle a voyagé dans la province de Córdoba – un territoire plus grand que la Suisse! – et en Patagonie. Son goût pour les voyages et la découverte d’autres cultures s’étant enrichi, Clara poursuivra bientôt des études universitaires en Suisse. Elle hésite encore entre les relations internationales et les sciences politiques.

«J’ai assisté à cinq mariages!»

Le Vaudois Joakim Bonny (20 ans) a ramené un «parang», une sorte de machette, dans ses bagages.

Le Vaudois Joakim Bonny (20 ans) a ramené un «parang», une sorte de machette, dans ses bagages.
Le Vaudois Joakim Bonny (20 ans) a ramené un «parang», une sorte de machette, dans ses bagages.
«

Je me suis fait beaucoup d’amis en Indonésie »

Joakim Bonny (20 ans)
 

Après avoir travaillé comme employé de commerce chez lui, à la vallée de Joux, Joakim Bonny a eu envie de découvrir une autre culture de manière approfondie. Attiré par l’Asie, il est parti cinq mois en Indonésie entre septembre et fin janvier dernier. Il a logé chez une famille à Bogor, une grande ville située près de la capitale Jakarta. Ses parents d’accueil connaissant beaucoup de monde, le jeune homme de L’Abbaye (VD) a assisté à cinq mariages durant son séjour, du plus modeste au plus fastueux. Avant de s’octroyer un mois pour faire du tourisme, il a œuvré comme bénévole dans une école pour les enfants défavorisés: «J’ai beaucoup appris avec eux, notamment qu’on peut vivre très modestement.» Aimant le foot et les sorties avec les copains, Joakim n’a pas été dépaysé. Il s’est fait plein d’amis et a constaté que «le foot et la musique sont deux langues internationales»! Il a peu à peu appris l’indonésien et s’est régalé de la cuisine du pays, dégustée à la main sur des feuilles de bananier: «J’adorais entre autres un plat de riz au lait avec du poulet, des cacahuètes et des épices.»
Aujourd’hui absorbé par son service militaire, il cherche un emploi à 50%. À la rentrée, il partagera son temps entre travail et études, en droit économique à la Haute École de gestion de Neuchâtel.

Excursion dans des rizières, après deux heures trente de route en «angkot», un minibus-taxi.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Olivier Maire, Charly Rappo/arkive.ch, Darrin Vanselow, SP
Publication:
lundi 23.03.2015, 15:00 heure



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