Se la mâcher douce

Le chewing-gum aura 150 ans l’année prochaine. Il séduit encore, même de plus en plus, et possède des vertus reconnues par les dentistes.

Participez à notre concours de la plus belle bulle via notre site
Participez à notre concours de la plus belle bulle via Facebook

-

Sur les bancs de touche des demi-finales du Mondial, aujourd’hui et demain, les remplaçants mâcheront sec. Le chewing-gum et le sport font depuis longtemps bon ménage. Le journal espagnol El Mundo Deportivo a rapporté que Lionel Messi avait même trouvé une solution miracle, en mâchant du chewing-gum, pour faire passer les nausées provoquées par ses efforts sur le terrain.

Les images de joueurs de foot et de stars de la NBA mâchouillant sont courantes. Une étude de l’Université dentaire de Tokyo démontrerait qu’une gomme à mâcher permet de réduire le temps de réaction en stimulant «l’activité du lobe frontal qui contrôle la réflexion et la prise de décision». Le chewing-gum aiderait aussi à gérer le stress de la compétition et à améliorer la concentration. Les anciens footballeurs de talus confirmeront que la chiclette faisait partie de la panoplie nécessaire d’avant-match, autant que le Fortalis.

Depuis le début des années 2000, les fabricants surfent sur cette vague en commercialisant des chewing-gums «énergisants», comme le souligne Sarino Pascale (32 ans), acheteur de chewing-gums chez Coop: «On en produit aujourd’hui à la caféine ou à d’autres substances pour donner un coup de pouce énergétique.»

Du fil à la bulle en passant par le mâchonnement: en plus de divertir,la chiclette est utile en
cas de coup de pompe.

99 kilos par seconde

La Coupe du monde s’achèvera dimanche. La consommation de chewing-gums, elle, ne s’arrêtera pas au coup de sifflet final. Selon Euromonitor, le marché mondial a progressé de 20% de 2009 à 2014, pour atteindre 15,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Depuis que vous avez commencé à lire cet article, près de 10  000 kg de chewing-gums ont quitté un emballage pour entrer dans la bouche de quelqu’un – il se mastiquait 99 kg de chewing-gums par seconde dans le monde en 2014!

En Suisse, toujours selon le spécialiste de Coop, «les plus populaires aujourd’hui sont les chewing-gums sans sucre dans les arômes de menthe poivrée, de menthe verte et de cerise sauvage. Les produits avec un effet de blanchiment des dents sont souvent demandés. Et les bubble-gums classiques connaissent toujours une grande popularité.» Ces derniers sont aujourd’hui sans sucre, dans la plupart des cas.

L’Américain Thomas Adams a créé le chewing-gum en 1869. Il s’est popularisé en Europe avec l’arrivée des G.I., lors du Débarquement.

La fraîcheur d’abord

Dans la pub, on vend une certaine idée des effets des chewing-gums: les grandes marques nous parlent beaucoup de fraîcheur et de vivacité. On nous promet l’aventure dans la nature, les vacances au bord de la mer, la confiance en soi… On vend aussi une certaine image de la «coolitude». En mâchouillant, tout le monde semble prêt à mieux affronter l’existence. Dans un petit mix des pubs des années 1980 (à découvrir ci-dessous), on retrouve tous ces thèmes. Cet extrait présente aussi des pubs pour les bubble-gums et, là, pas de surprise: Bazooka et Malabar adoptent un langage ludique. Les enfants deviennent des super-héros de la bulle, avec des autocollants et autres tatouages en prime.

Quand le chewing-gum s’est vraiment imposé en Europe, après la Deuxième Guerre mondiale, il a fallu vaincre quelques réticences – on trouvait encore le chewing-gum un peu vulgaire et possiblement mauvais pour les dents et l’estomac. Dans la pub des années 50, on n’y allait pas avec le dos de la cuiller: «Dans chaque enfant, il y a un rongeur qui sommeille. Ongles, gommes, crayons, livres, règles, etc.… sont les proies faciles et dangereuses de ses petites dents. Protégez-les. Donnez à votre enfant un moyen salutaire de libérer ses nerfs et de se décontracter.»

La publicité est très créative, car le chewing-gum fait partie des achats de plaisir et d’impulsion. C’est aussi la raison pour laquelle les fabricants innovent sans cesse. L’expert de Coop résume l’état de la production: «Sur le marché, on peut constater une tendance à la gomme à mâcher sans arôme, ou au «chiclé», à base de gomme naturelle.» Celui-ci provient du latex blanc du sapotillier, le même qu’utilisaient les Mayas il y a 5000 ans. «Des chewing-gums pour «perdre du poids» sont aussi disponibles sur le marché. Ils prennent la direction des aliments fonctionnels.» Le conditionnement évolue aussi. Pour Sarino Pascale, «en plus de la saveur, l’emballage est un critère important. Ces dernières années, les boîtes refermables ont inondé le marché.»

Production complexe

Le chewing-gum attire bien des convoitises. Il n’est pas très cher à fabriquer et offre des marges confortables. Côté production, aujourd’hui, on utilise très peu la gomme naturelle du sapotillier, qui ne permettrait pas de couvrir la demande mondiale. Même si, évidemment, dans le trend naturel de notre époque, certains y reviennent.

Le chewing-gum contemporain, c’est une gomme de base – «composée de polymères de classe alimentaire, de plastifiants, d’adoucissants, de texturants et d’émulsifiants, entre autres ingrédients»  – à laquelle on ajoute arômes et édulcorants. La gomme de base est relativement complexe à produire, mais de grandes entreprises se sont spécialisées dans le domaine. C’est le cas de Cafosa, l’un des principaux fournisseurs mondiaux, qui appartient au groupe Mars et qui produit près de 200 sortes de gommes de base qui varient en fonction des caractéristiques et du format du produit final: gomme à bulle ou à mâcher, avec ou sans sucre, avec des arômes acides ou non acides…

Vous n’arrivez pas à vous enlever une chanson de la tête? Prenez un chewing-gum: il serait très efficace selon des chercheurs britanniques.

Quelques vertus

Petit coup de pouce

  • Pour l’haleine. Quand on craint de ne plus être tout à fait frais, un effet très rassurant.
  • Pour les dents. Quand on n’a pas l’occasion de se brosser les dents, hors domicile, une bonne alternative.
  • Pour le sport. Quand on veut se mettre dans le rythme de la compétition et évacuer le stress, un mâchouillage très actif est bienvenu.
  • Pour lutter contre le coup de pompe. Quand on est en train de s’endormir devant son écran d’ordinateur, un petit coup de pouce.
  • Pour le fun. Quand on veut gagner un concours de bulles, on privilégie le bubble-gum.
  • Pour ressembler à Alex Ferguson. Quand on veut ressembler à l’ex grand entraîneur de Manchester United, on mâchouille sans retenue.

-

Petite histoire du chewing-gum

L’humanité mâchouille depuis la Préhistoire – de la sève de conifère. Il y a plus de 5000 ans, les Mayas mastiquaient de la sève de sapotiller, appelée chiclé. C’est cette sève qui a donné l’idée à l’Américain Thomas Adams de créer le chewing-gum en 1869. Et c’est un dentiste américain qui obtient le premier brevet pour le produit, avant qu’un autre Américain le lance sur tout le continent avec de grandes campagnes de publicité. Les soldats américains apportent le chewing-gum en Europe durant la Première guerre mondiale. Mais c’est lors de la deuxième, avec l’arrivée des G.I., lors du Débarquement, qu’il est vraiment devenu populaire sur notre continent.

«Ils participent à l’hygiène bucco-dentaire»

http://www.cooperation.ch/Se+la+maecher+douce Se la mâcher douce

Quel est l’avis des médecins-dentistes sur les chewing-gums?
Pour ceux avec sucre, c’est clairement niet. En les mastiquant, les dents baignent dans le sucre, ce qui peut bien sûr entraîner la formation de caries. Heureusement, on en trouve de moins en moins.

Et ceux qui sont sans sucre?
Ils participent à l’hygiène bucco-dentaire: la mastication favorise la production de salive, qui balaie la cavité buccale aidant à l’élimination de la plaque dentaire et neutralisant l’effet acidifiant de certains aliments, qui sont deux facteurs de caries. En mâchant des chewing-gums contenant des édulcorants (avec la petite dent qui tient un parapluie), on a tendance à manger moins de sucre. C’est un gain, car le sucre subit dans notre bouche un processus de fermentation qui entraîne l’acidification. Enfin, l’un des édulcorants utilisés aurait un effet direct anti-carie.

Remplacent-ils le lavage de dents?
Evidemment, non. Rien ne remplace un brossage régulier.

Les chewing-gums ont-ils un effet sur l’estomac?
Les édulcorants peuvent avoir un effet laxatif, mais, selon des études, seulement après une dizaine de chewing-gums par jour. Une consommation excessive peut aussi entraîner des douleurs abdominales et des ballonnements. Enfin, pour les gens qui souffrent de trouble de l’articulation de la mâchoire et qui grincent des dents la nuit – c’est un problème musculaire – les chewing-gums peuvent augmenter leur douleur. Donc tout est dans la mesure.

Les chewing-gums ont-ils un effet sur l’appétit?
Une étude écossaise montre que leur consommation peut réduire la sensation de faim et l’envie de grignoter. Ils favoriseraient également le sentiment de satiété et seraient bénéfiques contre l’alimentation compulsive.

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.










Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

texte:
Charly Veuthey
Photo:
Heiner H. Schmitt, Getty images; Styling et mise en scène Fabia Müller, DR
Publication:
lundi 09.07.2018, 12:00 heure





Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?