Smash dans l’ancien stade de foot 
du FC Bienne, la Gurzelen.

Se mettre 
au vert

Après avoir secoué la vie nocturne biennoise, Matthias Rutishauser 
a trouvé un équilibre en se mettant au tennis. Toujours bouillonnant, il a créé le premier court en gazon ouvert au public de Suisse, et rêve de faire de Bienne, un Wimbledon alternatif.

«C’est un laboratoire ici.» Ténébreux, grand, la peau halée, lunettes de soleil alors qu’il pleut… Le jeune quarantenaire est accueillant – «Tu veux une bière?» –, parle beaucoup, explique, plaisante. Il semble s’être toujours bien amusé, et sa pensée ne jamais s’arrêter. Ses amis avec qui il a monté le projet Tennis Champagne – du nom du quartier de Bienne dans lequel il est situé – sont aussi là pour en causer.
Il y a Hari, qui lui n’aime pas parler. Alors il s’en va construire la rambarde de l’escalier qui grimpe jusqu’aux gradins (installés sur un container de transport) et ranger le vieux tram bleu saint-gallois qui fait office de buvette. C’est avec lui que Matthias Rutishauser a eu l’idée: «On était dans les gradins du stade de la Gurzelen, on buvait une bière. On se demandait ce que l’on pourrait faire sur cette pelouse et on s’est dit: «Si on faisait un court de tennis sur gazon?»
L’ancien stade du FC Bienne, la Gurzelen, aujourd’hui relocalisé dans la Tissot Arena, venait d’être prêté par la Ville pour trois ans à un comité d’artistes et d’acteurs culturels biennois. Mattou, comme l’appellent ses copains, est le trésorier. «C’est la deuxième saison. Ça bouillonne d’idées. Il y a une radio, des locaux de musique, un skatepark, des planteurs de spiruline, un chantier pour les enfants… La semaine dernière, il y a eu un baptême éthiopien. C’est ouvert à tout le monde! Seule chose que l’on ne veut pas: c’est que ça devienne un endroit sale, avec des bagarres.»
Originaire de l’Emmental, il est venu à 16 ans faire un apprentissage de banquier à Bienne. Il apprend le français, devient bilingue, et se met à organiser ses premiers concerts, à la Coupole et dans des festivals.
Dandy punk qui s’allume une gitane avant de frapper quelques balles, il connaît autant la scène alternative que le monde des affaires, travaillant dans le marketing pour de grandes entreprises. En parallèle, il organise depuis dix ans ses soirées Tam-Tam (électro, garage, rock…) pas toujours légales. «Il faut faire ça les soirs où il y a déjà une fête quelque part en ville. Comme ça la police est occupée ailleurs, et ils sont aussi plus tolérants.» Il y a quelques week-ends, ce fan de vinyle et de vin est allé mixer en Autriche. «Avant, j’allais souvent à Berlin. Mais c’est un peu fini ça, je me suis calmé. J’ai vu trop de mes amis brûler la chandelle par les deux bouts. J’ai trouvé un équilibre», annonce le célibataire.

La bande à Mattou

Symbole de cette reconversion, il s’est mis au tennis il y a trois ans, et joue régulièrement avec son ami Hari qui, sous son air rebelle, manie la raquette avec brio. Depuis son enfance, il joue avec Rémy, un autre membre de l’organisation. Ce dernier, proche de Swiss Tennis (ndlr: dont le siège est à Bienne), accompagne les jeunes espoirs. «C’est lui qui nous a dit qu’il n’existait pas de court en gazon ouvert au public en Suisse. Beaucoup de joueurs n’ont jamais pratiqué ce type de terrain, même parmi les semi-pros. En France non plus ce n’est pas fréquent.» La raison? La complexité de l’entretien, la fragilité du terrain, et donc le coût. «Il faut une tradition, un savoir-faire particulier, pour que ça vaille la peine. C’est pour ça que le tennis est un sport aussi select. Notre terrain est accessible à tout le monde. Ici, c’est Bienne, pas une place élitiste!»
Avec son réseau et du financement participatif, la bande à Mattou trouve les 30  000 fr. nécessaires pour démarrer le projet. Ils se renseignent auprès de spécialistes de l’entretien de places de sport. «C’est un travail de dingue. Il faut le couper à ras tous les un ou deux jours, avec une tondeuse spéciale. Sans parler de l’arrosage.» La construction a aussi été un défi: il a fallu enlever 30 tonnes de terre et la remplacer par du sable volcanique pour que le sol soit dur et que la balle rebondisse bien.
Jusqu’à la fin de l’été, tout le monde peut aller taper des balles sur les deux courts en gazon, amateurs comme pros. Chacun paye ce qu’il veut, et il n’y a pas de réservations: «On fait ça à l’ancienne. Tu viens, tu regardes s’il y a de la place. Tu attends ton tour en buvant un verre, tu joues avec ceux qui sont là. C’est ça l’esprit biennois, faire les choses un peu différemment, sans se prendre la tête, mais avec ambition.» Un mélange de contrastes, d’alternatif et d’exclusif.

www.tennis-champagne.ch

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Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
Nicolas de neve
Publication:
lundi 09.07.2018, 12:50 heure



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